‹ La vie des saintsChapitre 33 sur 151 · MÉDITATION SUR LE BON USAGE DES RICHESSES · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LE BON USAGE DES RICHESSES

SI Dieu vous a donné des richesses, il faut en faire un bon usage. Il vous permet d'en employer une partie à votre entretien, selon votre condition et conformément aux règles que l'Evangile vous prescrit. Ne les consumez donc pas en folles dépenses ; ne les employez pas à satisfaire votre vanité, à nourrir votre luxe, à vous procurer des plaisirs criminels. Ce serait aller à rencontre du but que Dieu s'est proposé en vous les donnant.

IL Dieu veut que vous employiez une partie de vos richesses à la décoration de ses temples et au soulagement des pauvres. Quel meilleur usage pouvez-vous en faire, surtout si vous n'avez point d'enfants ? Et si vous avez des enfants, n'est-il pas juste que vous employiez une partie de ces biens, amassés avec tant de peine, au soulagement de votre âme, en rachetant vos péchés par vos aumônes? Etrange aveuglement ! On se fatigue pour laisser de grands biens sur la terre et l'on ne songe point à faire fructifier ses richesses pour l'éternité.

III. L'attachement que l'on a aux biens de la terre, est la cause du mauvais usage que l'on en fait. Il faudra les quitter au premier jour; pourquoi vous damner et vous rendre malheureux en ce monde, pour des héritiers ingrats qui attendent impa-

tiemment votre mort ? Ils se réjouiront pendant que vous brûlerez pour les avoir enrichis ; et si vous êtes dans le purgatoire, ils préféreront vous y laisser, que de sacrifier, pour le soulagement de votre âme, la moindre partie des richesses que vous leur aurez si follement abandonnées.

Pratique : La dévotion à la sainte Vierge Marie. — Priez : Pour les congrégations de la sainte

Vierge.

DAIGNEZ, Seigneur, nous donner la santé de l'âme et du corps ; et accordez-nous, par l'intercession de la bienheureuse Marie, toujours Vierge, d'être délivrés des maux de la vie présente et de jouir dans le ciel de l'éternelle félicité. Par N.-S. J.-C.

6 Août. — TRANSFIGURATION DE N.-S.

JÉSUS prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, sonfrhe, il les co?iduisit sur une montagne élevée, et là il fut tra?isjiguré devant eux. S. Matthieu, ch. xvij.

JÉSUS étant allé sur le mont Thabor avec trois de ses disciples, se transfigura en leur présence. Son visage devint resplendissant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la neige. Alors Moïse et Élie parurent à ses côtés et s'entretinrent avec lui. Saint Pierre, ravi de l'éclat inaccoutumé de son Maître, lui dit : Seigneur, nous sommes bien ici ; si vous le voulez, faisons-y trois tentes : une pour vous, une pour Moïse et une autre pour Élie. Il parlait encore lorsqu'une nuée lumineuse les couvrit, et une voix fit entendre ces mots : Celui-ci

MOIS D'AOUT. yi

est mon Fils bien-aimé, dans lequel j'ai mis toutes mes complaisances ; écoutez-le.

méditation sur la transfiguration de Jésus-Christ.

JÉSUS, pour se transfigurer, se retire sur une montagne écartée. Voulez-vous vous revêtir de l'homme nouveau, qui est Jésus-Christ ?

Fuyez les embarras et le tumulte du monde. De plus, souvenez-vous que l'œuvre de la conversion est une œuvre difficile; qu'il faut monter du fond de l'abîme jusqu'aux sommets les plus élevés. Si vous voulez vous guérir devos infirmités,et acquérir la véritable sagesse ', il faut changer totalement de vie et devenir un homme nouveau. S. Salvien.

IL Quand les apôtres furent sur le Thabor, leurs yeux furent éclairés, et ils virent Jésus rayonnant de gloire. Quand vous aurez commencé sérieusement l'affaire de votre conversion, vous vous étonnerez de l'aveuglement où vous étiez auparavant. Vous serez plein de joie au milieu de vos douleurs, parce que vous aurez toujours devant les yeux Jésus cruciné, et qu'en imitant sa patience sur la terre, vous aurez l'espoir de sa gloire dans le ciel.

III. Jésus manifeste sa gloire à ses disciples ; et immédiatement après, il leur parle de ses souffrances, afin de les encourager à supporter l'opprobre de sa Passion. Apprenons de ce mystère, à souffrir pour Jésus, dans l'espoir d'avoir part à ses récompenses ; s'il nous refuse les consolations terrestres, c'est pour nous en procurer de plus abondantes dans le ciel. Ne nous étonnons pas des afflictions qui tombent sur nous: ce n'est pas dans ce monde, mais dans l'autre que Jésus-Christ nous a promis le bonheur. Que vous a promis le Christ? S'il vous a

promis la félicité d 'ici-bas, vous avez droit de murmurer de ce qiSil ne vous la dofinepas. S. Augustin.

Pratique : La mortification. — Prière : Pour les affligés.

Oraison.

DIEU qui, dans la glorieuse Transfiguration de votre Fils unique, avez confirmé les mystères de la foi par le témoignage de vos prophètes, et qui par une voix céleste, sortie d'une nuée lumineuse, avez annoncé d'une manière admirable la parfaite adoption de vos enfants, faites-nous la grâce d'être les cohéritiers du Roi de gloire, et d'avoir part un jour à son royaume. Par le même N.-S. J.-C.

7 Août. — SAINT GAÉTAN DE THIENNE, Confesseur.

Ne vous inquiétez point, disant: Que mangerons-nous? Que boirons-nous ? comme fo?it les païens, car votre Père céleste sait que vous avez besoin de ces choses. — J.-C, en S. Matthieu, ch. vj.

SAINT Gaétan de Thienne se fit remarquer dès son enfance par une telle innocence de mœurs, qu'on le surnommait le Saint. Ayant appris que le pape Jules II voulait l'élever aux dignités ecclésiastiques, il quitta la cour de Rome et fonda un Ordre de clercs réguliers, appelés Théatins, auxquels il fit une règle de ne rien posséder, de ne rien demander et de vivre uniquement des aumônes librement offertes par les fidèles. Il se consacra à Dieu par des voeux solennels, avec Pierre Carafa, évêque de Théate, qui dans la suite fut élu pape sous le nom de Paul IV. Saint Gaétan mourut supérieur de son Ordre, le 7 août 1547.

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