MÉDITATION SUR LA SAINTETÉ RÉSUMÉE EN TROIS PAROLES
LA sainteté peut se résumer en trois mots: s'abstenir, souffrir, entreprendre. Abstenez-vous des choses illicites et dangereuses, et souvent même des choses permises. Privez-vous des plaisirs de cette vie, et vous jouirez de ceux du ciel. Il n'y a point de plus douce jouissance, même en cette vie, que de se priver d'un plaisir pour l'amour de Dieu. Seigneur, puis-je me livrer au plaisir quand je vous vois attaché sur une croix ? Il y a un enfer pour les voluptueux, et je m'abandonne aux délices !
MOIS D'OCTOBRE. l8l
II. Il faut souffrir les attaques de la concupiscence, du monde et 'du démon. Il faut souffrir les insultes de vos ennemis, les perfidies de ceux que vous mettez au rang de vos amis. Enfin, qui que vous soyez, je vous défie de citer un seul jour de votre vie, où vous n'ayez eu quelque occasion de souffrir. Réfléchissez-y bien. Le monde est incapable de satisfaire nos désirs, et l'incessante inquiétude de notre âme, au sein même de l'abondance, est une preuve que Dieu seul peut la remplir. Prenez tel état de vie qu'il vous plaira, il n'y a de repos ni dans le plus obscur ni dans le plus brillant. S. Eucher.
III. C'est un grand ouvrage que notre sanctification ; il faut, pour y réussir, travailler sérieusement à acquérir les vertus chrétiennes. Pouvez-vous dire que vous en ayez une seule ? Ne vous rebutez pas néanmoins : pour être saint, il suffit de le vouloir. Examinez ce qui vous empêche de l'être, et vous verrez que ce ne sont que des bagatelles, comme celles dont parle saint Augustin : J'étais retenu par les frivolités et les vanités les plus misérables.
Pratique: Le désir de la sainteté. — Prière: Pour le roi.
FAITES, ô Dieu tout-puissant, que la pieuse solennité de saint Rémi, votre confesseur et pontife, augmente en nous l'esprit de dévotion et le désir de notre salut Par N.-S. J.-C.
l82 LA VIE DES SAINTS.
2 Octobre. — SAINTS ANGES GARDIENS.
Le Seigneur a ordonné à ses anges de vous garder en toutes vos voies ; ils vous porteront dans leurs mains, de peur que vous ne heurtiez du pied contre la pierre. — Psaume xc.
LES enfants des rois ne sortent qu'escortés de personnes chargées de veiller sur eux et de les défendre en cas de besoin. Or tous les chrétiens sont devenus, par leur baptême, enfants du Roi des cieux. C'est pourquoi Dieu leur donne à chacun un compagnon fidèle chargé de les garder, de les conduire et de les gouverner. Ce compagnon c'est notre ange gardien. Nous devons en ce jour remercier la bonté divine de ce bienfait signalé ; et en même temps rendre grâce à ces esprits bienheureux de la sollicitude avec laquelle ils veillent sur nous et nous accompagnent depuis le berceau jusqu'à la tombe. C'est le but que l'Église s'est proposé en établissant la fête de ce jour.