‹ La vie des saintsChapitre 80 sur 151 · MÉDITATION SUR LA MEDISANCE · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LA MEDISANCE

DIEU a tant de haine pour la médisance, qu'il menace de l'enfer celui qui dira du mal de son frère. Défiez-vous donc de ce vice, si commun parmi les hommes et si aisé de commettre : il ne faut qu'une parole, qu'un geste, pour détruire la réputation de votre prochain, c'est-à-dire pour lui ravir ce qu'il a de plus précieux après la grâce de Dieu. Qu'il est facile de compromettre la réputation des autres, mais qu'il est difficile de la réparer ! Apprenez à régler votre vie au lieu de critiquer celle des autres. S. JÉRÔME.

II. On se rend coupable envers le prochain, soit par calomnie en disant d'un autre le mal qu'il n'a pas fait, soit par médisance en divulguant le mal qu'il a fait. Dans l'un et l'autre cas on pèche contre la justice et la charité. C'est une faute encore de diminuer la louange due aux vertus des autres, d'exagérer les fautes dont ils sont coupables, ou de condamner leur intention si leurs actions sont bonnes. Combien de fois par jour commettez-vous ces fautes contre votre prochain ? Seriez-vous bien aise qu'on vous traitât de la sorte ?

III. Imposez-vous une pénitence toutes les fois que vous avez parlé mal de votre prochain, et réparez au plus tôt le tort que vous lui avez fait. Si l'on médit de vous, cherchez votre consolation dans le témoignage de Dieu et de votre conscience. Disciple d'un Dieu calomnié, quel droit avez-vous de vous plaindre ? Si l'on médit des autres en votre présence, n'écoutez pas le médisant, détournez le discours avec adresse, interrompez-le si vous avez assez d'autorité pour le faire. Où il n'y a personne pour écouter la médisance, il n'y a pas de médisant. S. Jérôme.

MOIS D'OCTOBRE. l8ç

Pratique : La charité. — Prière : Pour la conversion des détracteurs.

SEIGNEUR, qui nous accordez la grâce de célébrer la naissance au ciel de vos martyrs saint Placide et ses compagnons, faites-nous jouir avec eux de l'éternelle félicité. Par N.-S. J.-C.

6 Octobre. — SAINT BRUNO, Confesseur.

Ces hommes, dont le monde n'était pas digne, ont passé leur vie errants dans les déserts, les mofitagnes, les antres et les cavernes de la terre. — S. Paul aux Hébreux, ch. vj

SAINT Bruno, né à Cologne, de parents nobles et vertueux, fut envoyé à Paris où il étudia la théologie et reçut le bonnet de docteur. Il fut ensuite nommé chanoine de Reims ; mais pénétré des jugements de Dieu, il se retira avec six de ses compagnons dans un désert, nommé la Chartreuse, où il jeta les fondements de l'Ordre florissant des Chartreux, qui s'est conservé jusqu'à nos jours dans sa première ferveur. Il mourut dans la solitude de Calabre, en 1108.

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