‹ La vie des saintsChapitre 90 sur 151 · MÉDITATION SUR SAINT LUC · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR SAINT LUC

SAINT Luc a été évangéliste, il a écrit^ et prêché l'Évangile. Vous devez lire l'Évangile, l'enseigner aux autres et le pratiquer vous-même ; c'est le plus beau des livres : une seule de ses paroles, attentivement méditée, suffit à faire de vous un saint. Il ne suffit pas de croire et de méditer les maximes de l'Évangile, il faut les reproduire dans sa conduite. Il faut édifier le prochain par votre humilité, votre mépris du monde et votre amour pour Dieu. Comment pratiquez-vous les enseignements de Jésus-Christ? Méditez chaque jour cette parole : Que sert à V homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme ?

IL Saint Luc fut le compagnon de saint Paul et son aide dans la prédication de l'Évangile. Quelle est votre compagnie habituelle ? Vous porte-t-elle à la vertu ? Que vous seriez heureux si vous aviez rencontré un ami semblable à saint Paul ! Comme saint Luc, vous deviendriez bientôt un grand saint. Prenez garde surtout aux mauvaises compagnies ; quittez-les au plus tôt et ne craignez point d'offenser les méchants, en rompant toute relation avec eux. Il vaut mieux être haï des inéchants que de les fréquenter. S. Isidore.

III. Saint Luc a eu le bonheur de faire le premier portrait de Marie. Voulez-vous reproduire une copie fidèle de ce divin original ? A l'exemple de saint Luc, imitez la pureté de Marie, son humilité, son amour envers Jésus. Voilà le portrait qu'elle aime, voilà les couleurs dont elle veut que vous vous serviez pour peindre en votre âme son image et celle de Jésus-Christ. Dieu désire qu'on imite ses actions et 7io?i qu'on les 7'eprésente par la peinture. S. Augustin.

Pratique : L'imitation de la sainte Vierge. — Prière: Pour la bonne éducation de la jeunesse.

Oraison.

FAITES, nous vous en supplions, Seigneur, que votre évangéliste saint Luc, qui a constamment porté sur son corps la mortification de la croix, pour la gloire de votre Nom, intervienne en notre faveur auprès de vous. Par N.-S. J.-C.

19 Octobre. — S. PIERRE D'ALCANTARA, Confesseur.

Portons toujours et partout dans notre corps la jnorti/ication de JÉSUS, afin que la vie de JÉSUS se manifeste aussi dans nos corps. — S. Paul, II aux Corinthiens, ch. iv.

SAINT Pierre d'Alcantara, encore à la fleur de son âge, quitta toutes les espérances que lui donnaient sa naissance illustre et ses rares qualités, pour entrer dans l'ordre des Récollets. Animé de l'esprit de saint François, il travailla avec beaucoup de fruit au salut des âmes, par ses prédications et par les nombreux miracles que Dieu opéra à sa prière. Sainte Thérèse avait tant d'admiration pour lui, qu'elle voulut elle-même écrire sa vie. Il mourut en 1562.

MÉDITATION SUR LA VIE DE SAINT PlERRE D'AL- CANTARA.

CE grand saint avait tant d'amour pour les souffrances, qu'aux austérités ordonnées par la règle de son ordre, il en ajoutait de plus rigoureuses encore. Commencez par pratiquer les mortinca-

tions que vous impose votre état de vie. Faites ensuite quelques pénitences surérogatoires. C'est le moyen d'éviter le péché. A celui qui renonce aux choses per??iises, combien il est facile d'éviter les défendues ? Tertullien.

II. Son esprit était toujours occupé de la pensée de Dieu. Qui vous empêche d'élever de temps en temps votre cœur à Dieu ? Vous le pouvez au milieu même de vos plus importantes occupations. Offrez au Seigneur, à chaque heure du jour, ce que vous faites et ce que vous souffrez. Un acte d'amour ou de contrition est bientôt fait.

III. Ce saint avait tant de charité pour le prochain, qu'il travaillait sans relâche à sa conversion. Il commença par réformer son ordre dans toute l'Espagne, et travailla ensuite par ses prédications à la conversion des pécheurs. Commencez de même par travailler à la conversion de ceux avec lesquels vous vivez ; pour cela, votre bon exemple sera plus puissant que vos paroles. Il faut qu'on puisse dire du chrétien, ce que Tertullien disait du philosophe, que son extérieur est un langage et sa conduite un enseignement.

Pratique : L'amour de la croix. — Prière : Pour les RR. PP. Récollets.

Oraison.

ODIEU, qui avez daigné rendre illustre le bienheureux saint Pierre, votre confesseur, par les dons d'une admirable pénitence et d'une contemplation sublime, accordez à nos prières, que mortifiant notre chair à son exemple et aidés de ses mérites, nous comprenions plus facilement les choses célestes. Par N.-S. J.-C.

20 Octobre.— SAINT JEAN de KENTI, Conf.

Mes bien-aimés, je vous conjure de vous abstenir ; comme étta?igers et voyageurs, des désirs charnels qui cornbattent contre l'âme. — S. Pierre, Épître I, ch. ij.

CE saint poussait la charité jusqu'à se dépouiller de ses habits pour en revêtir les indigents. Il fit quatre fois le voyage de Rome pour visiter les tombeaux des saints Apôtres et témoigner de son attachement au saint siège. Dans un de ces pèlerinages il fut rencontré par des voleurs qui, après lui avoir pris son argent, lui demandèrent s'il n'avait plus rien. Il répondit que non ; mais se souvenant ensuite qu'il avait quelques pièces d'or cousues dans son manteau, il rappela les voleurs et leur remit son or. Les voleurs touchés de sa candeur et de sa générosité lui rendirent ce qu'ils lui avaient pris. Il portait habituellement le cilice, dormait et mangeait le moins possible. Il mourut âgé de 70 ans, en 1470. Sa mémoire est en grande vénération dans la Pologne et la Lithuanie.

Méditation. — Notre vie est un pèlerinage.

LE ciel est notre patrie, la terre est le lieu de notre pèlerinage ou plutôt de notre exil. Nous ne faisons que passer en ce monde, comme un voyageur passe dans une hôtellerie ; après notre mort on ne pense plus à nous. Pourquoi donc aimons-nous tant cet exil ? Pourquoi avons-nous si peu d'amour pour notre patrie? Pensez souvent au ciel où Dieu, qui est votre Père, vous attend. Préparez-vous tous les jours à la mort où conduit le chemin de cette vie.

2i6 La vie des saints.

II. Un voyageur ne s'embarrasse pas de choses inutiles, il ne bâtit pas de maisons dans les lieux où il passe, il ne se met pas en peine d'y paraître avec magnificence. Ces richesses, ces honneurs vous embarrassent et retardent votre marche. Pourquoi faire tant d'état des biens de la terre ? C'est dans le ciel que vous devez vous bâtir une demeure et vous amasser des trésors, puisque c'est là que vous devez habiter éternellement. JOhomme est d,auta?tt plus heureux dans cette vie, qu'il sait mieux se soulager par la pauvreté et ne soupire pas après le fardeau des richesses. Minutius.

III. Les lieux les plus agréables ne retiennent pas le voyageur ; sa patrie l'attire avec tant de charmes que tout le reste l'ennuie. Pourquoi vous arrêtez-vous aux plaisirs de cette vie? Pensez à ceux du ciel. Si Dieu vous envoie des afflictions, c'est de peur que le monde ne vous séduise par ses charmes. Servez-vous du monde, mais ne vous laissez pas enchaîner par lui. La vie est une hôtellerie; vous n'y êtes entré que pour en sortir. S. Augustin.

Pratique : Le détachement des richesses. — Prière : Pour les pèlerins.

Oraison

FAITES, nous vous en supplions, Seigneur, qu'avançant, à l'exemple de saint Jean, dans la science des saints, et témoignant comme lui une grande miséricorde envers le prochain, nous obtenions, par ses mérites, de trouver grâce auprès de vous. Par N.-S. J.-C.

21 Octobre. — SAINTE URSULE, et ses compagnes, Martyres.

Je voies ai fiancée à Viatique Epoux qui est JÉSUS- Christ, pour vous présenter à lui comme une vierge pure. — S. Paul, II aux Corinthiens, ch. ij.

SAINTE Ursule, fille d'un roi d'Angleterre, et onze mille vierges, ses compagnes, furent embarquées à Londres par ordre du • tyran Maxime, pour être transportées en Bretagne, où elles devaient être mariées aux soldats qui avaient fait la conquête de ce pays. Surprises par la tempête, elles furent jetées sur les côtes de la Germanie. Là elles rencontrèrent des pirates qui voulurent assouvir sur elles leur passion brutale; mais, encouragées par Ursule, elles aimèrent mieux mourir que de se laisser ravir leur virginité.

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