MÉDITATION SUR LA SOBRIÉTÉ
LA sobriété est la mort de tous les vices et la vie de toutes les vertus ; elle détache l'esprit de la matière, fortifie le corps, rend l'homme plus propre à l'oraison. Le jeûne, selon Tertullien, est l'aliment de la prière. Comment pratiquez-vous cette vertu ? Ne pouvez-vous pas retrancher de vos repas certaines délicatesses, afin d'honorer l'amertume du fiel dont Jésus fut abreuvé pour vous sur la croix ?
IL La gourmandise produit des effets opposés. Elle amollit le corps, énerve l'esprit et nous rend incapables de nous élèvera Dieu par la prière. C'est pourquoi les saints se sont appliqués, dès le commencement de leur conversion, à attaquer vigoureusement ce vice par des jeûnes continuels. Ils savaient que, si le jeiîne n'est point la perfection de la vertu, il est la base et la sanctification des autres vertus. S. Jérôme.
III. Afin de vous .dégager de la gourmandise et d'acquérir la sobriété, apprenez qu'il faut peu de chose pour soutenir les forces corporelles et qu'il n'est rien de plus contraire à la santé que les excès de table. Souvenez- vous du jeûne de Jésus-Christ; pensez aux jeûnes rigoureux que tant de saints ont observés. Quoi ! faut-il que vous nourrissiez avec tant de délicatesse ce corps qui doit bientôt être la nourriture des vers, pendant que vous méprisez votre âme qui est immortelle ? Nous nourrissons, nous engraissons natre corps, et nous négligeons notre âme. S. Chrysostome.
Pratique : La sobriété. — Prière : Pour la paix.
Oraison.
FAITES, ô Dieu tout-puissant, que l'auguste solennité du bienheureux Magloire, votre confesseur et pontife, augmente en nous l'esprit de dévotion et le désir du salut. Par N.-S. J.-C.
25 Octobre. — SAINTS CHRYSANTE et DARIA, Martyrs.
Ne vous inquiétez pas du lende?nain, car le jour de demain s'inquiétera pour lui-même ; à chaque jour sa peine. — J.-C., en S. Matthieu, ch. vj.
SAINT Chrysante et sainte Daria ne purent être amenés ni par les menaces ni par les promesses à adorer les idoles. Le tyran, les voyant fermes et déterminés à mourir plutôt que d'offenser Dieu, fit enfermer Chrysante dans la peau d'un bœuf et l'exposa ainsi aux ardeurs d'un soleil brûlant; il fit conduire Daria dans un lieu de débauche, mais un lion la défendit contre les tentatives infâmes de ses ennemis. Le tyran les fit alors jeter tous deux dans un grand brasier, mais ils sortirent des flammes sans avoir éprouvé aucun mal. Enfin, on les conduisit dans une sablonnière et on les y enterra tout vifs sous un monceau de pierres, en 284.