LE SUPPORT MUTUEL
c avoir l'air de s'en apercevoir, elle semblait pres- 0 que s'attacher à les excuser.
« Matante, Marie-Anne de Girard, fut une femme (( du plus rare mérite '. Pendant quarante ans, elle (( entretint la paix et une union admirable dans sa or maison. Parvenue à sa dernière heure, elle nous (< assembla tous auprès de son lit, et, après nous « avoir fait ses adieux, elle nous dit : « Je n'ai qu'un € conseil à vous donner. Le voici : Soyez inclul- « gents les uns pour les autres, tout est là. » Et t elle mourut en nous répétant: a: Soyez indulgents a les uns pour les autres. »
1. Nous publions plus loin, après les conseils d'Antoine de Courtois à ses enfants, l'histoire de la vie et de la mort de Marie-Anne de Girard, par M. de Girard, son frère.
Devoirs des pères et r.ibra
c( Les devoirs des pères et mères envei's leurs € enfants sont bien grands et bien pénibles; mais € ils tiennent à un sentiment si fort, si puissant, « que tout par lui est rendu facile.
« Une mère doit nourrir elle-même ses enfants, a et je le recommande expressément à mes filles.
<( Il ne faut rien négliger de tout ce qui peut con- « server et améliorer leur santé; mais il faut aussi « leur parler toujours raison, comme à des hom- « mes, il faut les accoutumer de bonne heure à la c( réflexion, à faire des comparaisons et à exercer «leur jugement; il faut également de très-bonne « heure les accoutumer à l'étude et au travail.
irO DEVOIRS DES PARENTS
« Il faut surtout éviter de leur donner de mauvais « exemples, non-seulement pour les choses con- « traires à l'honnêteté, mais encore pour les défauts « de caractère. Vos enfants diront et feront tout ce (( qu'ils vous verront dire et faire, et même pire.
« Il faut les préparer de bonne heure à l'état au- « quel vous les destinez, et leur en donner un à « chacun. Si vous manquez à ce devoir, vous en (( répondrez devant Dieu, et vos enfants accuseront (( un jour votre m.émoire, en vous rendant respon- « sables de leurs vices et de leur misère.
« Il faut les marier le plus convenablement pos- « sible, dès que le temps en sera arrivé.
« Enfin, il faut faire pour eux ce que j'ai fait pour « vous : leur laisser un Livre de raison, dans le- « quel vous leur rendrez compte de votre adminis- « tration, et marquerez par écrit les conseils que « vous n'aurez cessé de leur donner de votre vi- <( vant.
« Ces avis salutaires qui s'élèvent du tombeau « d'un -père font une très-forte impression, ef, « quoique toutes les vérités morales soleyit con-
DEVOIRS DES PAUENTS 1 87
« nues, celles qui sortent de la bouche des pa-
« rents sont encore les plus utiles.
« Le lait d'une mère ne fait-il pas plus de bien au a jeune nourrisson que le lait d'une femme étran- « gère?
« Je dis donc que, si vous aimez vos enfants a comme je vous aime, vous aurez comme moi une a sollicitude toujours tremblante. Vous ne vous « lasserez pas de leur répéter sans cesse ce cri de « la raison et du cœur : « Soyez sages pour être « heureux! » Tel est le beau privilège de la ten- « dresse paternelle. Elle peut être quelquefois « aveugle dans ses affections ; mais elle est tou- « jours infai.'Uble dans ses conseils.
a Je voudrais pouvoir appeler ce Livre de raison a la Sagesse de la famille. Il faut qu'il se continue a d'âge en âge, qu'il soit le dépositaire de nos succès a et môme aussi de nos erreurs, en sorte que, faic( sant tourner au profit de ceux qui viendront le « bien et le mal de ceux qui existent, il lie toutes nos « générations les unes aux autres et n'en forme a qu'une famille toujours vivante.
Notre généalogie.
« Mes bons amis, je crois convenable de mettre € ici l'état de ceux de nos ancêtres qui ont habité a cette ville de Sault. Je le fais au nom du sentiment « qui doit vous attachera la mémoire de vos pères, a et pour vous engager à conserver avec honneur a un nom qu'ils vous ont transmis sans tache.
fl Voici les noms des chefs de la famille :
« i^'JeandeCoui^tois, docteur en droit, originaire « de Saint-Savournin, fut pourvu par madame de a Lesdiguières ' de l'office de lieutenant au Siège
1. Après l'extinction des d'AgouIt arrivée au commencement du xvie siècle, le Comté de Sault avait passé d'abord aui Montauban, puis aux Créqui-Lesdiguières. Les Villeroi succédèrent à ces derniers.
190 GÉNÉÂI.OGTE DE LA. FAMILLE
« des appellations du Comté de Sault en 1619. Ses « provisions portent le n° 1 dans la liasse qui les « renferme.
« Il épousa Anne dEspierres, d'une ancienne fa- « mille de ce pays alliée aux Bernis, fille de noble « Eymard d'Espierres et de demoiselle Marguerite « de Flotte, lesquels possédaient des biens dans le ^ quartier des Nouveaux à Saint-Jean.
<x II. JecLn-Pierre de Courtois, son fils, reçu avott cat, lui succéda. En 1646, il fut pourvu de la (( charge de lieutenant, et en 1649 de celle de juge « du Comté de Sault. Ses provisions sont dans la « liasse sous les n""' 2 et 3.
« Il épousa Angélique deDonadei, fille d'un lieu- (L tenant principal du Comté de Sault.
« m. Paul de Courtois, son fils, reçu avocat, « succéda en 1699 à son père dans son office de ce juge. Ses provisions sont sous le n° 4.
ce II épousa Catherine Gardien, de la commune
« d'Aurel,