XVI. — ARMEMENT DE LA CARAVANE
(20 PORTEURS Oua-Nyamouézis pour les munitions de réserve).
100 fusils, dont la moitié se chargeant par la culasse, et l'autre moitié à> percussion.
aOO livres de pondre allemande.
6 charges de balles, de chevrotines et de plomb de réserve.
i caisse de capanies de réserve.
8 caisses de cartonches, pour les fusils rayés. 20 cartouches sont remises au départ à chaque Askari, porteur de ces armes. (500 cartouches beges forment une charge ordinaire.)
Poires à pondre et gibernes, à proportion des fusils.
L'armement des soldats de la caravane doit s organiser et se modifier suivant le but et l'importance de Texpédition. S'agit-il d'aller fonder une station dans des régions éloignées et hostiles, comme c'était le cas pour celles de Karéma et de Mpala, il importe d'avoir une certaine quantité de fusils de réserve, et de la poudre en quantité, à moins de pouvoir compter sur de fréquents ravitaillements.
Les Askaris du capitaine Cambier étaient munis de mousquetons lisses, ceux du capitaine Popelin, de Springôelds (se chiirgeant par la culasse.) Quant à ceux de la 3 "* expédition, on leur avait réparti un armement mixte, composé de 150 mousquetons lisses et de 50 Remingtons.
L'armement à deux types de fusils, offre des avantages. Il serait, en effet, inutile de confier indistinctement à tous les soldats nègres, des armes de précision, coûtant assez cher et entraînant de grands et chanceux transports de cartouches. Aux bons tireurs et aux Askaris soigneux, les fusils se chargeant par la culasse. Au vtdgum pecus, faisant nombre et effrayant les pillards indigènes par ses inoffensives détonations, le mousqueton à capsules et l'ancienne poire k poudre, attachée au dos du ceinturon.
Une bonne arme, et d'un prix assez modique, c'est le Chassepot, modifié par les syndicats liégeois, et tirant la cartouche belge.
Il faut, pour un séjour d'une année, calculer le nombre des cartouches, servant aux fusils rayés, à raison de 100 par homme, tout en ne confiant que vingt cartouches à la fois, fût-ce aux meilleurs tireurs. En effet, le nègre résiste difficilement à la tentation d'imiter les Arabes dans leurs fantasias. Vingt cartouches suffisent amplement èi parer à toutes les éventualités. Encore, faut-il contrôler sévèrement le nombre des coups de feu et infliger une retenue de solde pour chaque cartouche brûlée sans justification.
Quant à la poudre, il faut compter à peu près 2 kilos par fusil lisse, et 5 capsules par coup de feu. Les Askaris gâchent beaucoup de ces dernières, dont ils se servent pour déboucher la cheminée obstruée de leur arme. La poudre leur est délivrée par quart de livre. Ils la portent dans des cornes de bœuf creusées, qu'on se procure dans les stores de Zanzibar et de Bagamoyo. 50 balles par homme suffisent, attendu que dans l'intérieur, on peut s'en procurer en fer forgé. D'ailleurs, il est rare que ce chiffre soit même employé. La majeure partie de la poudre s'en va en mousquetades, à l'entrée des centres, habités par des gens de la Côte, ou en appels de détresse, pour faire venir les indigènes, chargés de vivres.