LE BOUQUET DE FLEURS D'ORANGER
Le malfaiteur se retirait.
Avec mon modeste pécune Lorsqu'il aperçut mon portrait Eclairé d'un rayon de lune.
— Ah ! quel adorable minois !
A ses beaux yeux je rends hommage S'écria-t-il. et le sournois Prit un baiser sur mon image.
Je fis un mouvement léger.
Le voleur détourna la tète
Et vit, posé sur ma toilette
Mon bouquet de fleurs d'oranger.
Oh ! dit mon aimable voleur.
Si la ravissante brunette
A vraiment droit à cette fleur
Pour une fois soyons honnête.
Quoi ? dévaliser la vertu !
Il me faudrait un cœur de glace.
Respect à son turlututu,
Je vais tout remettre à sa place.
Non. je ne veux pas affliger La plus vertueuse des brunes.
Prouvons qu'on n'a pas pour des prunes Son bouquet de fleurs d'oranger.
Aussitôt ce qu'il m'avait pris Fut remis sur la cheminée.
Augmenté d'un bijou de prix Volé par lui dans la journée.
Puis il partit en fredonnant.
Je ne lui ferai qu'un reproche.
Celui d'avoir, l'impertinent !
Glissé mon portrait dans sa poche.
Je courus certe ! un grand danger.
Mais je remis pur et sans tache Le soir, à mon petit Eustache, Mon bouquet de fleurs d'oranger.