J AIME PAS LES SERGOTS
Un des leurs, que Y diabl" l'emporte.
Inspectant Y trottoir.
Fait les cent pas d'vant ma porte
Du matin au soir :
Autrefois sur le bitume
J' trouvais des mégots.
Maint'nant c'est lui qui les fume;
J'aim' pas les sergots!
Air : Quel cochon d'enfant!
A mon ami L. ~Slarsolleau.
NOS REVANCHARDS
Se peut-il rien de pins plaisant qu'un homme ait droit de me tuer parce qu'il demeure au-delà de l'eau et que son prince a querelle avec le mien, quoique je n'en aie aucune avec lui.
Pascal.
Revanchards pleins de fanatisme Qui détestez les Allemands.
Vrais pitres du patriotisme.
Qui rêvez des égorgements ; Chauvins de toutes les écoles Vous aurez beau crier bien fort.
Vos actes avec vos paroles Seront toujours en désaccord.
Depuis notre sombre déroute, Bannissant des mets parfumés, Vous ne voulez plus de choucroute, De lard ni de jambons fumés.
Quand les gueulards de l'Allemagne, Par nos friandises séduits, Se soûlent avec du Champagne Et baffrent nos meilleurs produits.
Vous rêvez revanche et victoire, Vous parlez d'affronter la mort, Cependant vous avez la foire Quand vos fils vont tirer au sort. Ceux-ci, du navet dans les veines, Loin de se conduire en héros, Feraient volontiers des neuvaines Pour tirer les bons numéros.
Prononcez-vous le mot : « Revanche »
Vous prenez un air menaçant, Tout en cherchant, sur votre hanche, La garde d'un bancal absent.
Va. feignants comme des couleuvres, Alors qu'on se bat au Tonkin, Vous suivez toutes les manœuvres Couchés sous votre baldaquin.
NOS REVANCHARDS 10 I
Vous rengainez sur vos guitares Les horreurs des invasions.
N'avons-nous pas été barbares Avec les autres nations?
Mais si l'on nous gardait rancune Où nous avons porté nos pas, Il ne s'en trouverait aucune Qui ne nous détesterait pas.
Peuple, soldat de l'industrie.
Qui trimes du matin au soir, Meurt-de-faim à qui la Patrie Dispute un morceau de pain noir; Si vers la Lorraine et l'Alsace Quelque jour il fallait marcher, Éternel porteur de besace.
C'est toi que l'on viendrait chercher.