‹ La vie en chansonsChapitre 51 sur 97 · LE POMPIER · texte numérisé non relu

LE POMPIER

Un silence profond succède à la cohue

Plongeant Paris dans la torpeur.

Mais, sinistre, soudain, on entend dans la rue, Rouler une pompe à vapeur.

Bientôt l'horizon se colore Et Ton aperçoit, frémissant, Au loin s'élever une aurore De feu, rouge ainsi que du sang.

Au milieu du faubourg, une rue est en flammes -Menaçant tous les ateliers.

Les hommes, les enfants, les vieillards et les femmes, S'écrasent dans les escaliers, Les poutres se changent en braise...

Pleins d'un courage surhumain, Plusieurs pompiers dans la fournaise Sont entrés la hache à la main.

Un enfant est resté dans l'usine enflammée Sous l'écroulement des plâtras.

Un pompier marche et voit à travers la fumée, Le bambin qui lui tend les bras.

De feu son lit tout blanc se frange, Tout crépite, craque et se tord.

Saisissant le doux petit ange, Le soldat l'arrache à la mort.

Le visage brûlé par plus d'une étincelle,

Celui qui sauva le bébé, Marche au faîte d'un mur. Tout à coup il chancelle,

Un cri s'élève. Il est tombé.

Lorsque sur les ruines sombres,

Planera le jour irisé,

On trouvera sous les décombres,

Son cadavre carbonisé.

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