L"OPTIMISTE
Y en a qui voient la vie en noir.
Moi je m' tords du matin au soir.
L"autr* jour mon vieux propriétaire M'dit:« Jeune homm'vous m'd'vezl' respect,» — C'est vrai, lui dis-j', comme locataire, » Mêm' que j" vous dois trois term's avec. »
Y en a qui voient la vie en noir, Moi je m' tords du matin au soir.
Pour voir la charmante Camille.
J'attends depuis huit heur's bientôt.
Bah ! d'un croqu'-mort étant la fille, EU' peut bien m' fair' croquer 1' marmot.
Y en qui voient la vie en noir, Moi je m'tords du matin au soir.
J' suis sans feu, nous somm's en décembre, Mais j" n'irai travailler que d'main :
Car si ]' n'ai pas de poêle dans ma chambre, J'en possède un dans V creux d' la main.
Y en qui voient la vie en noir, Moi je m'" tords du matin au soir.
\Jn soir la fin" de ma pip'lette Avec un pompier s'éclipsa.
On dit qu'elle a perdu la tète.
Je crois qu'ell' n'a pas perdu qu' ça.
Y en a qui voient la vie en noir, Moi je m' tords du matin au soir.
Un mari m' pince avec sa femme Et m' botte Y dos à ce sujet.
Merci mon Dieu ! dis-je avec âme, Justement l'endroit m' démangeait.
Y en a qui voient la vie en noir, Moi je m'tords du matin au soir.