‹ La vie en chansonsChapitre 57 sur 97 · RESTAURANT DES JOURS DE DÈCHE · texte numérisé non relu

RESTAURANT DES JOURS DE DÈCHE

Gais purotains. connaissez-vous Le Restaurant de la Huchette ?

Là. pour douze ou quatorze sous, On donne un bon coup de fourchette.

Pour moi. j'en ai souvent usé, Lorsque j'ai vu. la gorge sèche, Mon argent près d'être épuisé, C'est pourquoi je l'ai baptisé :

Le Restaurant des jours dedèche.

Qui paie un déjeuner de choix

Est certain de trouver son homme :

Souvent chez un riche bourgeois

Je déjeune en vrai gastronome;

Et, le soir, joyeux et dispos,

La joue en pelure de pêche,

Je vais, sans le dire aux échos,

Manger trois sous de haricots

Au Restaurant des jours de dèche.

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Des gens qui sont à vos côtés Parfois la blouse est un peu sale; Or, certains messieurs dégoûtés Font bande à part dans une salle.

Les yeux en billes de loto, Sur pied, de fureur je dessèche.

Lorsque je vois un paletot Vouloir le faire à l'aristo Au Restaurant des jours de dèche.

Souvent il me faut repêcher Quelques cheveux dans ma salade; J'ai soin de ne pas m'en fâcher, Quoiqu'ils empestent la pommade, Car la dame assise au comptoir, Une châtaine un peu pimbêche, Mais qui m'adore sans espoir, Se les arrache chaque soir Au Restaurant des jours de dèche.

Fort peu de riches possesseurs

De tilburys, breaks ou berlines.

Pourraient en profonds connaisseurs.

Causer de choses chevalines,

Moi, simple rimeur malheureux,

Sans écurie et sans calèche,

Je connais les chevaux mieux qu'eux,

Car j'en ai bien dévoré deux

Au Restaurant des jours de dèche.

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