‹ La vie en chansonsChapitre 88 sur 97 · TU S'RAS COCU · texte numérisé non relu

TU S'RAS COCU

(COCU PAR PLNITION)

Depuis trop longtemps on raconte

Que tu fais tout mari cornard.

En prenant femme pour ton compte,

Tu ne fus pas assez renard

Pour éviter le traquenard.

Tu t'es offert, mon cher Etienne,

Nos femm's sans qu' ça t' coûte un écu,

Nous allons nous payer la tienne ;

Tu s'ras cocu !

Si chaque liaison coupable A pu te servir de leçon, Sachant de quoi femme est capable, Aux approches d'un beau garçon, En toi va germer un soupçon.

Même si madame est fidèle, Ton calme d'âme aura vécu.

Or. te méfiant toujours d'elle,

Tu s'ras cocu !

Pour briller près de ton épouse, Tu t'esquintes 1' tempérament ; Tes caress' ne s'arrêt' qu'à douze.

Mais d'main tu rest'ras sans mouv'ment Sur le deuxième embrassement.

Alors ta moitié, l'âme en peine, Par un galant plus convaincu, Se f'ra compléter la douzaine :

Tu s'ras cocu !

Ton épouse deviendra mère

Après chaque infidélité.

Comm' vous aurez dit : « Oui ! » d'vant le mai

T'endoss'ras la paternité

Des trois quarts de l'humanité.

Pendant qu' t'enseign'ras à ses mioches

A lire: L. M. N. O. P. Q.

Ta femme s'enfuira loin d' tes r'proches ;

Tu s'ras cocu !

tu s'ras COCU ! 2 I 5

Elle ira jusqu'en Amérique Chercher des poseurs de lapins ; Lorsqu'elle aura plein 1' dos d' l'Afrique, Les naturels de 111' des Pins Remplac'ront leurs nombreux copains ; Elle se montrer'a féconde Aux Chinois « Ka-ke-ki-ko-ku » :

Bref! par les cinq parties du monde,

Tu s'ras cocu !

Quoi ! tu fais un nez long d'une aune, Tu protest' d'un ton aigre-doux !

Craindrais-tu de porter du jaune, Toi qui raillais tant les époux ?

.Mais c'est pompier d'être jaloux.

En dépit de ta moquerie, Le mariage t'a vaincu Et c'est le bon sens qui te crie :

Tu s'ras cocu.

Air : Mariez-vous donc.

BOURGEOISERIES

Au chansonnier E. Chebroux.

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