VI. — Slatue
Le Sénat conservateur, établi au Luxembourg, avait « érigé des statues aux hommes célèbres qui ont péri dans la Révolution, après l’avoir honorée par des talents militaires ou par des vertus civiles ». (Notice sur Thouret, par son fils.)
La répartition du travail avait été décidée le 30 ventôse an XII. La statue de Thouret en plâtre, à creux perdu, commandée à Deseine pour 3.000 francs, fut exposée au Salon de l’an XII sous le numéro 628 (cf. Le Châtelier, Gillet, ouvrages cités.) Sur un cahier était écrit : Constitution de 1791 (Mouard, p. 23-24.) Cette statue fut placée en haut de l'escalier d'honneur,
… sur le mur latéral de droite, entre les croisées qui donnent aujourd'hui sur le jardin du Président. A côté de Thouret étaient Marceau, Mirabeau, Caffarelli; en face : Chapelier, Dugommier, Condorcet et Desaix.
- La destinée de ces statues fut lamentable. La Restauration ne pouvait tolérer ces scandaleux témoins d’une époque abhorrée, dans un palais affecté à la Chambre des Pairs. Un état de lieux, dressé par l'architecte Fontaine le 23 août 1814, sur l’ordre de M. de Blacas, ministre de la maison du Roi (Bibliothèque du Sénat), indique que « des figures en plâtre sont portées par des piédestaux » dans le grand escalier. Elles étaient condamnées par prétérition, car, à la fin, dans la liste des
LIT s BIBLIOGRAPHIE
sculptures, aucune n’est reprise. (Renseignements fournis par M. Hustin.) ; ne
Que devinrent les statues proscrites ? il est facile de le deviner. En juillet 1815, lorsque les Alliés entrèrent pour la seconde fois à Paris, les Prussiens installèrent dans les jardins du Luxembourg de véritables bivouacs. Tout porte à croire que les statues, celle de Thouret comprise, périrent alors, victimes de leurs déprédations.