‹ La vie et l'œuvre d'un constituant: Thouret, 1746-1794Chapitre 223 sur 239 · Pii«e â · texte numérisé non relu

Pii«e â

Iraction de Tétrangeté des vues historiques, ce testament de mort de l'un des pères de notre grande Révolution, ce témoignage d'adliésion inébranlable donné par lui à la Révolution française, au pied de Téchafaud, et sur le point d'y monter parce qu'elle est devenue pour un temps injuste et cruelle*. »

Les hommes qui avaient jeté Thoureten prison n'avaient encore rien trouvé qui pût motiver sa comparution devant le tribunal révolutionnaire. On ne l'oubliait pas cependant. Une note du Comité de sûreté générale, datée du 14 ventôse (4 mars 1794), avait bien signalé à l'accusateur public la pièce découverte dans l'Armoire de fer, relatant la conversation tenue le 10 juillet 1791 entre Chapelier, Demeunîer et Thouret*. Cette preuve étant bien fragile, on préféra envelopper Thouret dans un complot.

Le 15 germinal (4 avril), pendant que se jugeait le procès de Danton, Saint-Just, au nom des deux comités, venait dénoncer à la Convention « un mouvement pour assassiner les patriotes et le tribunal révolutionnaire. En ce moment, disait-il en terminant, on conspire dans les prisons. » Après Saint-Just, Billaud-Varennes lisait une lettre d'un administrateur de police, prévenu lui-même par une lettre du concierge de la maison du Luxembourg. Un détenu, nommé La Flot te'*, avait révélé à ce dernier des confidences que lui avait faîtes la veille au soir (14 germinal), l'ex-général Dillon* : « Dillon ajouta qu'il avait un projet concerté avec Simond', député de la Convention. Ledit

1. Aug. Thierry, Considérations sur l'histoire de France, ch m, 6» édit. (1836), page 122.

Page 1