Réimpression du Moniteur XX
4. Ibid., p. 163. (Compte rendu de la séance du 15 germinal aux Jacobins.)
30ft THOUBET
«le» prÎBonSy coûta la vie à Siniond et à Dillon. Eil suf posant mi" me qu'il fût vérital)le,.on observera que, d'apni» la ilénoneiation mt^me de La Flotte, Thouret est simplement <lé»i^né comme Tun de ceux que Billon se proposait d*entramer. Un homme de son caractère ne ^e serait pas Jeté à la légère dans une aventure qui comportaii tant <Le risques. Le royaliste Beaulieu, qui fut aussi détenu au Luxembourg, prétend que DîUon était incapable de diriger un mouvement,, vu son état d'éliriété liabituelle. Quant k Thouret, c'était, selon lui, « un peureux quii meflaii tout son e&poir en Robespierre ; il soutenait que bientôt ce tyran nous mettrait en liberté* ». Un aut^e détemi. Bailleul, reconnaît, il est vrai, que Thouret, malgré sa pru«dsnce biim connue, commit d«» indis^trétiona : « 11 ite plaisait à indiquer daim la enovanaliaa le» inatitutions qu'il croyait les^ plus propre» à fonder la BépnbtfiqpNe. Sea^ idées* étaient ausfH sages que profonde» ; elle» sont, en quelque si)rte,. réalisées aiijourd'hui,. Il semblait avoir une grande prédilection pour ce gouvernement ; on voyait que le mot république flattait ses oreilles. » Mhis- il ne s'en tenait pas ^la. « Il indiquait, mais avec plus de réserve, par quels moyens on pourrait renverser la tyrannie, il croyait Danton moin» atroce que Robespierre *. H fit part à un de ses- camarad^e» do prison, du parti qu'aurait dû prendre, selon lui, Danton, lorsqui'il fut attaqué par Robespierre '... «Ce prisonnier s est assuré qu'il n'était pas le seul à qui Thouret avait fait cette confidence. On peut
4. Hssais historiques (an XI, 1S03» p. 287>269). Cf. dn même aiiiteiir r«^ Uclo Thouret dans la Biographie Michaud <4S29] : « On le fit enfermer Ans la prison du Luxemboui*g, où^ l'auleur de cet article Fa vu iaisant Féte^» de Robesfiem eft disant aux aulnes primuiera que lft&ximilien< les iBrait
metlro on litierté. n
i. Bst-il besoin de faire ressortir la contt*adiction qui existe eirtrp ei» témoignage et celui de fi«auiieu ?
3. Le moyon imaginé par Thouret : des coups de pistbiet Uré» ta vmH sons It^s fenélm de Danton, dénote ahac co. sbi-disant conspirateur nae certaine naïveté.
ju^r, qu'en pareil caj»> il n'<^n fiiul pask davantage. Beaucoup de citoyen» ont été conduite à TéchaAiud qui n'en ont pas tant dit ^ »
Donc, la culpabilité de Thouret »e réduit à quelques pro-pos sans conséquence. On se garda bien, d'ailleurs, de le. confronter avec Dillon, lorsque ee dernier fut juf^é. La Flotte répéta ses- dénonciation». Le président posa cette <juestion : « Dîlfon, n'avez-vous point confié à Thouret vo» plans- dieeontre-révolution et surtout vos intellig'en<*es avec la veuve Capet ?
« Réponse : h* n'ai parlé à Thouret <l'aucun genre (le- -conspiration^. »
Idillon montsasurréehafaud le 24- germinal (f'3<avril'ï79().
Le tour de Thouret éUiit venu. Le 2 floréai, amené du Luxembourg au Pklais, il »uhit un court interrogatoire devant Miaire,run4les- juges-, en présencede raccueattîurpublîo.
« Demande : îi^'îl n'a pas conspiré ct)ntre la souveraineté du peuple en enti'etenant des correspondiances avec, les ennemis de l'intérieur ou de l'extérieur de la République, et particulifei'ement contre la souveraineté et l'indépen^ <lance de la République.
cf Répon«»e : Qu'il n'a jamais conspiré conti^e la République, et que son premier di^sir est que la Kévoltation démocratique s'achève.
« Denwintle : S'il a un défenseur.
<c Réponse : Que non. En conséquence, nous lui avons nommé d'^office le citoyen Chauveau. Lecture faite a persisté et a signé avec nous, l'accusateur public et le grefller.
« Signé : Maire, Thouret, A.Q. Fouquier, Dumanc.et'. »
1. Baillcal, Almanach des bizarreries humaines, ou recueil d'anecdoles sur la Révolniiûn, «n V (ITM), édition Aiilard 36-37.