IX. DIVERS
ÉCUSSON DUCAL, AU B,VRGELLO (fLOKEMCEJ
}° Le très beau buste en marbre du grand-duc François 1", au-dessus de la porte principale du palais Corsi'.
4° Le petit satyre du palais Vecchictti. Le palais lui-même, situé au centre du vieux Florence, fut restauré sous la direction et d'après le plan de Jean Bologne, sur la demande de son bienfaiteur, Bernardo Vecchietti.
PETIT SATYRE DU PALAIS VECCHIETTI (flORENCE)
Collection roucques. Musée de Douai. (Hauteur : o"',7S.)
5° Qiielques consoles et la terrasse du palais Crifoni (aujourd'hui Riccardi), construit sur les dessins de Bernardo Buontalenti. C'est un des premiers travaux de notre artiste.
Nota. — Nous ne citons ici ni les statuettes, ni les œuvres en or ou en argent, ni les dessins de Jean Bologne qui sont conservés dans la galerie des Uffiii. Ils trouveront leur place dans un chapitre spécial.
I. Via de' LegnahloH, a' 41S3, aujourd'hui pala^^o délia commemla dl CaiUgllonc. Fantozzi ajoute « E forse Gio Bologita fit ancora Varchilclto clie ridasse la fabrica nel modo che si vede. »
JEAN BOLOl'NI'-
FLORENCE
II» SECTION. — Monuments religieux g I. LA MADONE AU TABERNACLE
Voici une œuvre trop peu connue de la jeunesse de Jean Bologne.
Le cure sont un groupe de maisons situé sur la rive droite du torrent Mugiwne, près de l'ancienne route de Ficsole. Qu.md on a passé la barrière dite délie cure, on trouve devant soi la rue Sacchetti, qui conduit à un carrefour. C'est là que l'artiste a érigé un de ces édicules ou tabernacles que l'on rencontre si fréquemment à l'angle des rues de Florence, et où une madone est présentée à la dévotion des passants. L'architecture de ce petit monument, tout en pierre, est simple et de bon goût. Entre deux colonnes de l'ordre ionique, dans une niche couronnée d'un plein cintre et surmontée d'un joli fronton triangulaire, est placée la madone, à demi voilée et drapée avec élégance, tenant sur son bras gauche l'enfant divin; une tête de chérubin est à ses pieds, et donne un heureux relief au socle de la statue.
Cet édicule, à peu près oublié dans un quartier perdu, est intéressant à plus d'un titre.
$ II. LE SAINT LUC D ' OR- SAN - Jl ICH E LE
1602. (En bron:;e.)
En i6oo, l'Art des juges et des notaires ayant décidé de remplir la niche restée vide à la façade de l'est d'Or-San-Michele, donna à ses consuls la mission de traiter avec Jean Bologne pour l'exécution d'un saint Luc en bronze. D'après le contrat, il était stipulé que la statue devait être « belle autant qu'on pouvait en faire une ». Cette clause fut fidèlement remplie, et, lorsque, le 16 novembre 1602, la statue fut placée sur sa base, on put se convaincre qu'elle soutenait avantageusement la comparaison avec les statues de Ghiberti, des Verrocchio, des Mino da Fiesole, des Donatello, qui ornent cet étrange et curieux monument.
Cette œuvre d'un vieilLard de soixante-dix-nciif ans est digne d'admiration ; la figure du saint évangéliste et toute son attitude sont nobles et distinguées; le vêtement, à larges plis, est remarquable par sa souplesse. L'ensemble a un grand caractère. A Or-San-Michele, Jean Bologne a conquis sa place parmi les maîtres renommés de l'art florentin.
g III. LA CHAPELLE SALVIATI OU DE S A IN T - AN TO N I N, A SAN MARCO
Le couvent des Dominicains de San Marco avait dû son établissement et sa prospérité aux largesses des Médicis. L'église avait éié consacrcc p.ar le pape Eugène IV, à l'époque du concile de Florence.
Pendant les troubles qui précédèrent la mort de Savonarole, cette église avait été dévastée. Elle fut restaurée, ou plutôt reconstruite, sur les dessins de Jean Bologne. La nef unique, d'où l'on fit disparaître les vieilles peintures à fresque de Pietro Cavallini, fut ornée, de chaque côté, de six autels d'ordre composite. Deux colonnes de pieira serena soutiennent les frontons alternativement triangulaires et cintrés de ces autels. Qiiant au chœur, il ne fut reconstruit qu'en 1678, par Pierfrancesco Silvani, qui eut le bon goût d'adopter sans innovation la décoration de notre artiste.
C'est surtout la chapelle dite des Salnati ou de Saint- Anlonin, située à la gauche du chœur, qui mérite d'attirer l'attention'.
Les frères prCxhcurs avaient manifesté l'intention de transférer le corps de saint Antonin, religieux du couvent et archevêque de Florence, de l'endroit trop modeste où il était enseveh, dans une chapelle décorée avec magnificence. Mais les ressources dont ils disposaient étaient insuffisantes. L'opulente famille des Salviaii, qui se glorifiait de compter saint Antonin parmi ses membres, leur vint en aide. Filîppo Salviati avait mis en réserve à cet effet une somme considérable. Après sa mort, ses deux fils, Averardo et Antonio, exécutèrent la volonté de leur père. A la date du 8 janvier 1578, les religieux leur cédèrent l'emplacement nécessaire. Les deux frères s'adressèrent alors atix artistes les
I. Voy. Gori, Dcscri{ioite délia capella ,iî sanl' Aiiloiiiiio di Fireii^e, in-i^l., 1728. — Baldinucci, t. VIII, p. 136. — Bcirghini, 58S-589. — Fonîani, Toscaiia pillorcsca, t. I'', p. 207.
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Poppi. et Domemco Passignano, furent désignés pour la partie de îa peinture.
La chapelle proprement dite est précédée d'un atrium ou vestibule en petra serena. Une imposante arcade, d'environ 9 mètres de haut sur 6 de large, dont les côtés s'appuient sur deux pilastres et sur deux colonnes détachées d'ordre composite, en forme l'entrcc. Au sommet de l'arcade, sur une console sculptée en guise de clef de voûte, se détache la statue en marbre
FLORENCE
de saint Antooin, revêtu de ses h.tbits pontinciux et bénissant le peuple, œuvre du maître (hauteur. 2"', ^8).
Des deux côtés de l'arcade, au-dessuj des colonnes, sont les armoiries des Salviati, sculptées en marbre.
SAINT JEAK-BAPTISTE (CHAFiiLLH Uli S A INT - A NT O N IN )
Dans l'intérieur du vestibule sont pratiquées quatre portes, deux de chaque côté, aux chambranles en marbre blanc. Au-dessus des portes, le Passignano a peint à fresque, à droite, l'exposition du corps de saint Antonin dans l'éghse Saint-Marc, le 8 mai 1)89; à gauche, la procession solennelle qui eut lieu à cette occasion.
Par deux degrés on monte dans le sanctuaire ou chapelle proprement dite, séparée du vestibule par tme balustrade de marbre blanc. L'arcade inté-
rieiire qui donne accès dans le sanctuaire est, ainsi que le sanctuaire lui-même, revêtue de marbre blanc; elle est haute d'environ 12 rnètres, large de 6; elle repose sur des pilastres cannelés.
Nous renonçons à décrire en détail la décoration de cette chapelle, où les ornements de toute sorte sont prodigués avec profusion.
Le pavé, comme la coupole, est de forme octogone.
L'autel, isolé, est d'une grande richesse.
Sous l'autel se trouvait l'urne en marbre noir oriental qui renfermait la dépouille mortelle de saint Antonin. Sur le couvercle est étendue la statue du saint en bronze, fondue par Fra Domenico Portigiani, d'après le modèle du maître
Derrière l'autel est un tableau estimé du Bronzino, représentant le Christ sortant des limbes et apparaissant à sa mcre. Il est, en quelque sorte, encadré entre deux colonnes d'ordre ionique, surmonté d'un fronton cintré. Au sommet du fronton, un ange de bronze, debout, un pied posé en avant sur ]a corniche, semble descendre du ciel. Cette figure noble et légère est probablement de la main du maître. Sur la courbe du fronton sont couchés, à droite et à gauche, deux petits anges de bronze, exécutés par Portigiani.
Des deux côtés de l'autel sont deux candélabres de bronze d'un beau travail.
Six statues de marbre de la hauteur uniforme de deux mètres, ornent les deux niches du fond et les quatre niches des parois latérales de la chapelle.
A la gauche de l'autel, saint Jean-Baptiste, patron de Florence, œuvre remarquable et digne du maître, auquel on l'attribue.
A la droite, saint Philippe, patron du père des Salviati, exécuté avec talent par Franqueville. Dans les niches sur les faces latérales, saint Antoine et saint Edouard, patrons des deux frères ; saint Dominique et saint Thomas d'Aquin, patrons de l'ordre religieux de Saint-Marc. L'exécution en avait été confiée également à Franqueville.
Au-dessus des six statues sont placés six bas-rcliefs en bronze représentant divers actes de la vie du saint exécutés par Portigiani.
Les trois parois de la chapelle jusqu'au sommet de la coupole sont couvertes par les peintures de Poppi, de Naldini et d'AlIori. Ce sont, à vrai dire, les accessoires.
I. Cette urne (ou reliquaire) a été transportée en 1710 dans le vestibule de la sacristie, et remplacée, sou! l'autel, par une autre en verre. Lors de l'exposition annuelle des reliques du saint, il a paru trop difficile de soulever ainsi périodiquement la masse de bronze dont l'urne était recouverte.
FLORENCE
Ce sanctuaire est surtout Tccuvre de Jean Bologne, architecte et sculpteur ; et c'est à bon droit qu'il en a pris possession, en gravant derrière Tautel, sur une plinthe de marbre noir, cette courte inscription' :