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II ciii nome i: Douai, qui costiii nacque.
« Au-dessus de l'endroit où la Scarpe confond son onde avec celle du grand Eicaut, qui, réuni à cette rivière, court à la mer après avoir baigné Anvers, est assiis une grande et commerçante ville ; Douai est son nom ; c'est là que notre sculpteur est né. » (Poème de Cosimo Gaci, p. 30.)
4. Les archives de Douai ne contiennent aucun document sur la date de la naissance de Jean Bologne. Quant registres des paroisses, le plus ancien, celui de la paroisse Saint-Pierre, ne commence qu'en 1537.
Giovanni- Boîogna nacque circa iy2^ ; jnori il gionio de' 14 agosio 160S, l'attaniesimo quarto anno di sua clà, dit Baldinucci. (Loc. cit.)
Le ai juillet 159S, le chevalier Vinta écrit à Bonciani, envoyé du grand-duc en France, pour excuser son maître auprès de Henri IV, qui lui avait demandé Jean Bologne : il fait valoir le grand âge du célèbre sculpteur, alors âgé de soixante-treize ans. 11 serait donc n é en 1525. [ArcJi. di Slalo ; cartcg. di Francia ; I' nuineraiione, minute, Fil^a 24.)
Le 15 juillet 1605, Lorenzo Usimbardi, dans un rapport au grand-duc Ferdinand, mentionne l'âge de l'artiste, qui avait alors, dit-il, quatre-vingts ans ; ce qui le fait naître en 1525. {Arc. Mcd. suppliche ftscali, Fil^a 160.)
Toutefois, une médaille frappée en son honneur, à propos du Neptune de Bologne, le fait naître en 1524. La date de sa mort en 160S est certaine, et tous les documents s'accordent à déclarer que Jean Bologne avait alors quatre-vingt-quatre ans.
C'est donc la date de 1524 que nous croyons devoir adopter.
5. M. Duthilleul (Eloge de Jean Bologne. Douai, 1S20, in-4'') n'hésite pas à établir la filiation de membres de la famille, d'après des actes publics qu'il ne cite pas : bisaïeul, Jehan Boulongne, cabaretier; aicuI, Jehan, propriétaire, rue du Pont-à-Val ; père, Jehan, entailleur. On ne peut ajouter une foi enliC-re à ces renseignements. Ce qui est certain, c'est que le père s'appelait Jean comme son fils. Le fait est attesté par deux documents officiels puisés, l'un dans les archives de la Cour des comptes de Florence l'autre dans les archives notariales de Lucques.
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leur de son ét.at? Si le fait était dcmontréj on pourrait admettre que c'est dans Tatclicr paternel que l'enfant a puisé le goût et reçu les premières leçons de l'art et de la sculpture.
Mais, si l'on en croit Baldinucci et Gaci, tous deux contemporains et amis de l'artiste, celui-ci aurait eu à vaincre^ pour suivre sa vocation, la résistance de sa famille, qui avait farabition de faire de lui un notaire, un homme de plume. « Son père, dit Gaci dans son petit poème, estimant qu'il pouvait avec une vile plume, ou en vendant des paroles, faire son chemin plus sûrement qu'avec le ciseau, voulait qu'il fût procureur ou dresseur de contrats ; mais lui, qui avait le cœur dégagé des sentiments vulgaires, enflammé du désir de la gloire, résolut de suivre l'instinct de sa noble nature'. » Le jeune homme parvint à surmonter l'opposition qui lui était faite, et vers 1^40, à l'âge de seize ans, il se rendit avec le consentement de son père, à Anvers, où il était assuré de rencontrer des maîtres habiles.
Anvers, quand Jean Bologne y arriva, était dans toute sa splendeur. Son commerce avait pris les plus grandes proportions : étrangers, banquiers, marchands, artistes et artisans y affluaient de toutes parts. C'était le séjour des plaisirs et des arts, aussi bien que celui des affîiires. « C'est d'ici, dit Guichardin, qu'on voit se disperser des maîtres et ouvriers parfliits pour l'Angleterre et autres pays septentrionaux (p. loi). Qiiant aux peintres et aux graveurs, et autres diverses professions de peinture et de sculpture, il y en avait environ trois cents maîtres {id.^ p. 11 ; et au-dessus des loges et boutiques de la Bourse, se trouvait un très grand espace couvert, que l'on appelle le Pand ou halle de peinture, pour ce que c'est là qu'on en vend de toutes sortes de façons, diversement inventées et subtilement élabourées [id.^ p. 74 et 109). »
Des trois cents maîtres que la fortune d'Anvers avait attirés dans ses murs, le plus distingué peut-être était Jacques Dubrœucq". « Natif d'auprès de Saint-
1. // gcin'tore, Siimanda ch'ei totevn con henna viU\ Vendemlo le parole a^evolii!i-n!i-, PI t ! i
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ILn-rc, Ji^\,,dlo d.Ha i-ol^;.,,- r.-nt,-, E didcsiodi:cr.-,ghriaacccso.
oeguiii; propuic n uaiuraïf tmiinio.
(Cosirao Gaci,)
Fn da naUtra tanto inclinato a cose di discgno, chc, contra del padre, si lolse agit siudi dalle Icliere, a quall nvcvaïo egU appiicaio, con animo di farïo iiolnio, c a qiiclîo si dedica dclla statiian'a apprcsso Jacopo hrencq. fBaldinucci.)
2. Le nom du maître de Jean Bologne est écrit de k façon la plus diverse : Dubrœucq, Dubrucq, Brucq, Beuch. Nous n'héiilons pas à écrire : Dubrœucq, et voici pourquoi : sur la plinthe du prie-Dieu qui lait
VIE DE JEAN BOLOGNE
Orner, gentilhomme de race, graveur et tailleur expert, et sachant bien l'architecture. Jean Bologne devint son apprenti (zW., p. loij. »
Dubrœucq avait visité l'Itahe. 11 inspira à son élève le plus vif désir d'achever son éducation artistique dans ce merveilleux pays. Michel-Ange vivait encore et remplissait le monde du bruit de sa renommée. A Rome, on le voyait à l'œuvre, on profitait de son exemple, on pouvait surprendre le secret de son génie, recevoir même directement ses conseils. Jean Bologne ne résista pas à la tentation de voir Rome et Michel-Ange. 11 réunit ses modestes ressources, quitta Anvers, et se rendit en Italie.
Antoine Perrenot de Granvellc, qui depuis peu était évêque d'Arras, lui fut-il de quelque secours ; a-t-il facilité son voyage ? M. Foucques l'a pensé. Il se fonde sur ce que Févêque d'Arras était le protecteur des artistes, et que c'est à son crédit qu'Antoine iMoro a dû le titre de peintre de Charles-Qiiint ; ce n'est là qu'une induction dénuée de preuves. Si l'évêque eût pris tant d'intérêt à Jean Bologne, pourquoi ne Ta-t-il pas emmené à sa suite, en 1 545, quand il se rendit au concile ,de Trente et de là à Rome ? Sa protection se borna peut-être à lui donner quelques lettres de recommandation, et encore nous ne trouvons nulle trace de son intervention.
Le jeune sculpteur n'était dans la compagnie d'aucun personnage. Confiant dans son courage, et aussi dans sa bonne étoile, il s'associa à deux de ses amis d'Anvers, à deux frères, Franz et Cornille Floris, qui devinrent des artistes estimés '. Tous trois partirent légers d'argent, riches d'espoir.
Cet espoir n'était-il pas justifié? Le pape Adrien VI, notis l'avons dit, n'avait-
parlie du tombeau d'Eustache de Croy, évêque d'Arras, tombeau qui se trouve dans la cathédrale de Saint- Omer, on lit, gravée en lettres majuscules dorées, cette inscription : Jacobus Dubrœucq facichai.
Dubrœucq était un artiste de grand mérite; en 1571, il acheva le Jubé de Sainte-VauJru de Mons. Vasari le range au nombre des plus célèbres flamands, — i pin celebrali Finuiiug/ii ; — il rappelle qu'il a été le maître de Jean Bologne, et il mentionne les nombreux travaux que lui confia la régente des Pays-Bas, Marie de Hongrie, (Vasari, t. X, p. 294,) Ce fut lui qui donna les plans du château de Biiiche et du château de Mariemont pour la gouvernante. On lui attribue aussi la construction du château de Boussu près Sainl-Ghislin. {Arch. histor. dit Nord, t, VI, p. 103. Nouv. série.)
Jean Bologne n'oublia pas son maître ; en 1^72, lorsque les Espagnols reprirent Mons aux huguenots, Jacques Dubrœucq, qui, en sa qualité d'ingénieur, avait été chargé de mettre la place en état de défense, fut au nombre des prisonniers ; sur sa demande, son ancien élève intercéda auprès du grand-duc pour obtenir sa délivrance. On ne sait quel fut le succès de la démarche personnelle du grand-duc François I" auprès de ses amis les Espagnols.
I. Franz Floris acquit une grande réputation dans l'art de traiter les muscles, « et merveilleusement représenter les peaux et cuir de l'homme au naturel ». Cornille « était savant en l'architecture et en la sculpture ; homme diligent et de service, auquel on attribua l'honneur d'avoir transporté d'Italie par-deçà l'art de contrefaire au naturel les Antres et Grotesques 7/ (Guich., p. 99 et loi). C'est Cornille Floris qui construisit, à Anvers, la Maison de Ville et l'Osterhuys ou Maison des Osterlins, appelée aussi : Domus Hansce TeuiomciB sacri iinperii romani.
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il pas confié à Jean Schoorel la direction des travaux du Belvédère? Jean de Straet, de Bruges et Jean de Witte n'avaient-ils pas été adjoints à Vasari dans l'œuvre qu'il avait entreprise, tant au Vatican à Rome qu'au palais Pitti à Florence? Un peu plus tard, Barthélémy Spranger ne dut-il pas au cardinal Farncse la faveur de travailler à la Caprarola, aux églises de Rome, et d'obtenir du pape Paul IV un logement au Vatican ? Les frères Paul et Mathieu Brit ne recevaient-ils pas les encouragements du cardinal Matteo ; sur sa recommandation, Mathieu Bril ne devenait-il pas le peintre du souverain pontife? Enfin le cardinal Madruce ne devait-il pas prendre Otto Venius sous son puissant patronage ? Les Flamands qui venaient apprendre leur art dans les grandes écoles de l'Italie trouvaient souvent sur cette terre hospitalière des occasions de fonder leur réputation et d'assurer leur fortune.
QlicI était l'âge de Jean Bologne lorsqu'il vint dans ce noble pays qu'il ne devait pkis quitter, et où il fournit une si longue et si brillante carrière? Nous ne pouvons indiquer une date précise, mais nous inchnons à croire, contre l'opinion de M. Foucques, qu'il avait de vingt-six à vingt-sept ans, et que son voyage doit être placé au plus tôt en 1551'.
Préparé par de longues et fortes études, il employa bien les deux années de son séjour à Rome oix il paraît s'être rendu directement'. Il reproduisit avec la
I. M. Foucques adopte la date de 1544, sur la foi de M. DuthiUeul, sans invoquer d'autre autorité. Or, en 1544, Jean Bologne n'avait que vingt ans. Nous verrons qu'il passa deux ans à Rome, et que Bernardo Vecchietti, pour le retenir à Florence, lui offrit pour deux ou trois ans, dans son propre palais, une généreuse hospitalité ; après quoi il le présenta à François de Médicis qui, en 1559, l'attacha à sa personne. Si on le fait arriver à Rome en 1544, les deux années qu'il passa dans cette ville, et les trois ans au plus pendant lesquels il fut l'hôte de Vecchietti, ne nous conduisent que jusqu'en 1549. Pendant les dix années qui suivent nous perdons sa trace. Il y aurait dans sa vie d'artiste une lacune qu'on ne saurait combler. Ajoutons que, dans le système de M. Foucques, il serait arrivé à Florence à l'âge de vingtdeux ans ; et pourtant nous ne voyons pas qu'il ait suivi les leçons ou fréquenté l'atelier d'aucun sculpteur Florentin. S'il eût été alors aussi jeune qu'on le suppose, se serait-il affranchi de toute direction? A vingt-sept ans, au contraire, il est aisé d'admettre qu'il n'avait plus besoin de maîtres.
Voici ce qui vient à l'appui de notre opinion. Dans le recueil qui a pour titre : Alcnne cainposi^ioni di divcrsi aiilori, épître dédicatoire, on lit ce qui suit : a GïoboJogna ha pcr h spa^io di circa trekta anni, cha è stato a Firci/^e, poiiito sludîarc e apprenderc ianio, etc. a Or ce recueil a été publié en 1^83. Jean Bologne serait donc arrivé à Florence aux environs de 1553.
Enfin, dans son poème, qui est de la même date, Cosimo Gaci s'exprime ainsi :
Sei lustri or son, che pia lodrice c cara Gli è stata Flora.
s. Esscndo seco [cou Dubrœncq) dimorato al qtianio tempo, desidcroso di vcdcr Je cose d'Italia, si Irasfert a Roma, dove slclle due anki ; c qnïvi fece grandissimo studio, -itraendo di icrra e di cera tulle le figure lodatc che vî sono (Borghlni, // Riposo,^. 585. Fiorenza, Marescotti, in-4°, 1584).
Pariitosi diuiqiie da Douai, seiic venue à Roma, dove in due anm, che vt diriioro, modeJlâ quanta di bello gli pote venir sotto l'occhio. (Baldinucci. Nolis;ia de' professori del disegno. Milano, 1811, t. 8. Notifia di Giobologiia .)
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cire ou la terre cuite la plupart des monuments que nous a légués l'antiquité, La Rome moderne, en pleine possession des chefs-d'œuvre de la Renaissance en lui offrant d'incomparables modèles, ne contribuait pas moins à compléter son éducation d'artiste. On relevait sur les places les obélisques transportés jadis de rÉgypte à Rome par les Césars. La ville se remplissait d'églises et de palais, construits selon les règles de l'architecture grecque ou romaine. La vaste basilique de Saint-Pierre, ouverte au culte depuis peu d'années, sortait à peine des mains des architectes et des sculpteurs. Raphaël n'était plus, mais son génie vivait dans ses fresques du Vatican et de la Farnésine. Dans son Jugement dernier et plus encore dans les fresques de la voûte de la Sixtine, Michel-Ange s'était révélé aussi grand peintre qu'il s'était montré grand sculpteur dans sa stattie du Moïse. Qiie de sujets de méditation pour le jeune artiste flamand !
Quand sa main était lasse de modeler et son œil fatigué de contempler, il retrouvait ses compatriotes du Nord, réunis en société sous le nom de Sdiilderbcnt. Là, on échangeait ses idées, on se communiquait réciproquement ses impressions et ses jugements. Ces déLassements eux-mêmes étaient féconds en enseignements
Il eût paru bien dur à Jean Bologne d'habiter la même ville que Michel- Ange, sans le voir et sans le connaître. Le grand homme n'était pas d'un abord facile. L'occasion ne se présentant pas, il tallait la faire naître. Voici ce que notre sculpteur, dans sa vieillesse, se plaisait à raconter à ses familiers. Déjà depuis plus d'une année il s'était appliqué à reproduire les œuvres admirables qu'il avait sous les yeux. U s'enhardit jusqu'à exécuter un modèle de son invention, en y apportant tous ses soins. Dès qu'il l'eût terminé, il courut le présenter tout tremblant à Michel-Ange ; celui-ci le prit dans ses mains, le repétrit en entier ; puis le recomposant de nouveau, avec une promptitude merveilleuse et dans une tout autre attitude, il le rendit au jeune homme interdit, en lui disant : « Eh I va-t'en d'abord ébaucher, tu poliras ensuite". »
Il est probable que les rapports entre les deux artistes ne se bornèrent pas à cette entrevue. Des conseils donnés avec une rudesse apparente et une
1. On ne sait au juste à quelle époque commença à Rome !e Schidcrbeiit. Mais, vers 1600, cette association était en pleine vigueur. Il en est resté quelque chose encore aujourd'hui dans la lete célébrée tous les ans par les artistes Allemands à deux lieues de Rome (Arcli. liist. du Nord^ nouvelle série, t. VI, p. 12S). Cette fêle se nomme // Ccroaro ; elle a lieu d'ordinaire le mai. La grotte ou Cava po^^olana, o£i elle se célèbre, s'appelle Bocca di Lcoiia, et se trouve hors de la Porta Maggiore. (Renseignements pris sur les lieux par M. l'oucques.)
2. « Or va prima ad ùiiparurc, <• poï a finire. » (Baldinucci. Loc. cit.)
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bienveillance un peu brusque par le sublime auteur de tant de chefs-d'œuvre, avaient un tout autre prix que des éloges complaisants. On ne peut pas dire sans doute que Jean Bologne ait eu pour maître Michel-Ange, qu'il ait travaillé dans son atelier; mais il le vit, il l'écouta, il subit son influence, sans devenir son imitateur. « Il forma son goût et son style d'après les œuvres modernes de Buonarotti', » sans que son génie perdît l'ien de son originalité et de son indépendance.
Après deux années passées à Rome, ses faibles ressources étaient épuisées ; il se sépara des frères Floris et se disposa à reprendre le chemin de son pays ; mais, avant de repasser les Alpes, il voulut visiter Florence. « Le ciel, dit Baldinucci, qui l'avait destiné à embellir de ses œuvres notre chère Italie, lui inspira sans doute ce désir. « Peu de temps après son arrivée dans cette ville, sa bonne fortune lui fit faire la rencontre d'un riche et noble Florentin ; il s'appelait Bernardo Vecchictti ^
Comment ne pas nous arrêter pour donner au moins un souvenir à l'homme généreux qui fut le bienfaiteur et devint l'ami de notre artiste, et qui eut sur sa destinée une influence décisive?
Bernardo Vecchietti, né en 151 sénateur en 1578, devait prolonger sa noble existence jusqu'en 1590. Sa famille remontait au xii' siècle'. Dante la mentionne dans son poème. Bernardo fit honneur au nom que lui avait légué une longue série d'aïeux. Possesseur d'une grande fortune, il en fit le plus digne usage. On le voit restaurer ii ses frais la paroisse de San-Donato, qui, de temps immcmo-
1, Forma il sno o-nsto c il sno slilc salle opcye moderne dul Buonarotti. (Cicognara, Siorsa âella ScuUura, t. V, p. 250.)
2. Voici comment Cosimo Gaci raconte Tarrivée de Jean Bologne à Florence ; il quitte Rome ;
E came se tesoro Riportasse alîapalria, allegro e pago A leifacea ritorno : e,per vedcre Délia nobil Fiorcnia i m.irmi ilhistri.
Passa per qiiella : Ncl fermasi il lei Per trame quel ch'aveva prcso,
Fti da Gentil Pcistor ( Vecr/iicHi), molto intendente E amator di discipline ed arli.
Cortesaïuentc accoltii, e pcrsuaso, Per scguire il siio shuiio, ivi fermarst Un' aiiiio al moi.
« Et, comme s"il eût rapporté un trésor à sa patrie, joyeux et content, il reloufiiait vers elle. Mais pour voir les marbres illustres de la noble Florence, il passa par cette ville. Comme il s'y était arrêté, pour tirer des études un profit semblable à celui qu'il avait retiré de son séjour à Rome, il fut accueilli avec courtoisie par le généreux Vecchietti, grand amateur et connaisseur en fait de beaux-ans. Ce fut lui qui persuada à l'artiste, pour compléter son instruction, de séjourner au moins un an à Florence.
5. L'arbre généalogique des Vecchietti existe en son entier, avec les preuves à l'appui, depuis Vecchio, 1190, jusqu'au comte actuel, Marsilio Vecchietti, 1851. (Notes de M. Foucques.)
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rial, étuit placée sous le patronage de sa famille ; réparer et embellir le palais de ses pères ; se faire le protecteur éclairé des savants, des hommes de lettres et des artistes; construire enfin, presque aux portes de Florence, cette belle villa del Riposo, où il réunit, comme dans un musée, les plus rares productions de l'art florentin'.
En i )<,]■, Bernardo avait trente-huit ans, et Jean Bologne en avait vingthuit. Voici comment se formèrent les liens étroits qui les unirent, et que la mort seule devait dénouer.
« En passant par Florence, dit Baldinucci, Jean Bologne fit la rencontre du noble et vertueux Bernardo Vecchietti, qui, ayant remarqué avec son coup d'œil de connaissetir et d'homme de goût les études et les copies qu'il rapportait de Rome, l'engagea fortement à retarder son retour dans sa patrie, et à demeurer quelque temps dans une cité où il était entouré des chefs-d'œuvre de Michel- Ange et de tant d'autres grands sculpteurs ; et comme l'état de pauvreté du jeune Flamand réclamait un secours plutôt qu'un conseil, — perche alla povertà del fighitolo abbhognavano aiuti più che consigU^ — il hù offrit de l'entretenir à ses frais dans son propre palais, pendant deux ou trois ans, lui procurant toute facihté pour étudier : et, ce qu'il avait promis, il l'exécuta'. »
C'est donc à Bernardo Vecchietti que nous devons rapporter l'honneur d'avoir découvert le rare mérite de Jean Bologne, d'avoir deviné son génie et créé son succès.
Au milieu des riches collections réunies à Florence par les Médicls, et des œuvres incomparables qui embellissent les monuments publics de cette cité privilégiée, le jeune hôte de Vecchietti se livra avec une nouvelle ardeur à l'étude de l'art antique et des productions modernes des Ghiberti, des Donatello, des Michel-Ange.
Désireux de payer de sa personne, et de ne pas abuser trop longtemps de la libéralité de son protecteur, il ne dédaigna pas de travailler à l'ornementation des édifices qu'on construisait alors ; c'est ainsi qu'il se chargea d'exécuter en pietra serena les autels et l'encadrement des fenêtres de la confrérie del Ceppo, et les balustres d'une terrasse en belvédère que l'architecte Bernardo Buontalenti élevait comme couronnement de la toiture du palais Griifoni ; il sculpta avec
r. En matière d'antiquités, d'objets d'art, de bijoux précieux, Bernardo était un fin connaisseur. Il résulte d'un certain nombre de documents recueillis dans les archives des Médicis, que les grands-ducs Cosme I" et François I" lui confièrent souvent le soin d'acquérir en leur nom des objets de prix dont ils enrichissaient leurs collections.
2. Baldinucci, !oc. cil. Voy. les récits conformes de Borghini et de Cosimo Gaci.
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une rare élégance les consoles destinées à soutenir la corniche du vestibule d'entrée du même palais. C'est probablement dans ce même temps que, sur la demande de quelques particuliers, il faisait diverses statues, dont plusieurs étaient expédiées à l'étranger'.
En ijjS, après cinq ans de séjour à Florence, son nom était honorablement connu, et il avait pris rang parmi les artistes que l'on distinguait". L'envie ne tarda pas à s'attaquer à lui ; on avouait qu'il possédait un beau modelé dans les ouvrages en terre et en cire, qu'il réussissait à faire des ébauches; mais on ajoutait, avec un sourire d'incrédulité, que s'il en venait à attaquer le marbre, il serait fort inférieur à ce qu'on croyait
Et pourquoi n'attaquait-il pas le marbre? C'est parce qu'il était pauvre ; c'est qu'il ne suffit pas au sculpteur d'avoir du talent, de s'être préparé par un long et consciencieux apprentissage. Si le bloc de marbre, d'où il doit tirer la statue qu'il animera, lui fait défaut, il est désarmé, il est frappé d'impuissance ; et ce rnarbre, c'est à grands frais qu'il faut l'acquérir ! Cependant comment ne pas tout tenter pour fermer la bouche aux envieux et pour les confondre ! Qiie fera notre artiste ? Il ira trouver son bienfoiteur et son ami ; il lui dira sa peine et son espoir. Ce n'est pas en vain qu'il fait appel ;i sa générosité. Le marbre tant désiré lui est livré, et de ce marbre il tire une Vénus telle qu'il l'avait conçue, pleine de noblesse et de grâce*.
Jean Bologne avait livré sa première bataille, et il l'avait gagnée.
Bernardo, tout heureux d'une victoire qu'il avait prévue, jugea que le moment était venu de présenter son protégé aux princes de la maison de Médicis.