‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 164 sur 343 · Voir les paragraphes 41-43 de son I1I« livre · texte numérisé non relu

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Platon, t. 1. 2d

385 L'ŒUVRE 1)K FL.XTÛN

l'authenticitë de tous et de chacun de garanties absolument

exceptionnelles.

Ces divers points méritent de notre part un exainon do< jdus

aUeHlil's.

En premier lieu, qu'aucun des ouvrages authentiques de Platon ne soit perdu pour nous, c'est ce qui est aujourd'hui universellement admis ', tanl les objections contraires paraissent de peu de valeur. Si l'auteur du Sophiste nous annonce deux dialogues, l'un sur le politique, l'autre sur le philosophe, dialogues dont un seul nous est parvenu, la suite de ce mémoire montrera pour.juoi nous demeurons indilb'rents ou à la jiertedu second ouvrage ou à l'oubli dans lequel on l'a laissé. Les mêmes considérations no sont pas applicables à l/y^/v/^ocm/e qui devait compléter le Critias ; mais rinachèvement du second explique très bien pourquoi Platon n'a jamais composé' le premier.

Aristote parle d'assertions et même de divisions (SiaipsTci;) platoniciennes que nous ne possédons plus, et on serait d"al)ord tenté de croire qu'elles étaient tirées d'ouvrages qui ne nous sont pas parvenus ; mais n'est-ce pas la chose du monde la plus naturelle qu'un disciple citant d(^ son maître des traits, des exemples, ou même des développements entiers pour les avoir entendus de sa bouche, et non pour les avoir lus dans ses écrits -? Ainsi dans les Topique.^ Aristote s'oppose à l'emploi de mots non approuvés \)iiv l'usage, et il cite à ce propo- des exenq^les empruntés à Platon ^ : autant de réminiscences probables de

1. Je ne connais de critiques dissidents que Stallbaum en Allomagne, et MiUer en France: encore ce dernier, qui pour s'être beaucoup occupé des lexicographes leur reconnaissait une antorité au moins exagérée, croyait-il plut<n à des lacunes dans la transmission de certains dialogues.

-2. En parlant d' Aristote, Diogène LaiM-ce (V, 34) a trouvé un mot heureux pour désigner tout ce qui se perpétue ainsi par la seule tradition, àYpâço-^

3. Topiques, VI, 2. 14Ûa 3 : OIov llXâroiv ôçp-JÔax'.ov xov ô:pOaA{xbv r. to ça^âyyiov ar'l'.oxYÀ;, r, t'>v jx-jsXov ôaT£OY£vé:. — C'est également un souvenir de l'Académie que renferme ce passage des Problhncs (XW, 0) : (( A celte question de Néoclès : — Pourquoi l'homme mérite-t-il d'être obéi plus qu'aucun autre animal? — l'iatnu répondait : Parce que seul il sait compter. »

PURLICITE DONNEE AUX ÉCHITS DE PLATON JS?

ses leçons orales, autant de termes échappés aux hardiesses de l'inqjrovisalion. La leçon Ilçct oïlr^^wx; citée dans le traité De lAme ^ est une rédaction d'Aristote qui avait jugé utile de consigner par écrit, soit d'ai)rès la tradition soit d'après ses propres souvenirs, les enseignements les plus généraux de son maître sur la philosoi)hie. Si maintenons nous passons à une époque plus récente, quelle importance attacher à une phrase inconnue, citée comme appartenant au 7/mrt' par Sextus Em^ piricus--/ Lorsque dans les dernières lignes du De Miaido, l'auteur, (|uel (jnil s^jil, après avoir rappelé divers mythes, notamment ceux des Par.jucs et d'Adrastée. ajoute (pjo Piaton faisait de ces noms autant d'appellations de la divinité \ cette assertion n'est-elle pas surfisamment justifiée par ce que nous lisons à II tin du X'' livre de la UépuhJiquc'l Le rhéteur Ménandre ' dit avoir découvert dans le Critias que IMaton appelait sou Timér u l'hymne de l'univers : » c'est une réminiscence probable d'une phrase de ce dernier dialogue '. Marc-Aurèle '^ cite une belle pensée de Platon sur la nécessité pour le sa^e d'envisager comme d'un lieu ('levé les choses de la terre : c'est bien là en tout cas IVsprit du grand philosophe : mais selon toute apparence il faut substituer Philon ' à Platon dans le texte du lloo; ;;x'/ot:v. Apulée ^ attribue fi Platon deux mots (jui ne figurent pas dans notre Platon actuel : mais comme son ouvrage n'est qu'une vaste compilation, il est très [)0ssible que cet érudit assez superficiel ait confondu dans un commentaire les paroles d'un disciple et celles du maître : la même observa-

1. I, 2, 7. — Cf. Brandis, T)e perdit ts Arislofelis lihris d'' Idels et de bono Bonn. 1823.

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