A UNE MUSICIENNE
Une épinette grêle et des airs d'autrefois. Des lumières dansaient dans les tapisseries. Les notes du vieux temps évoquaient des féeries Et des bals enchantés revivaient sous vos doigts
Non loin, une futaie orchestrale. Et les bois Où de hautains î^ïeux, orgueil des galeries, Venaient, par les déclins, mêler leurs sonneries, Cependant que les cerfs y tenaient les abois.
Ces hommes n'auraient pas d'une oreille vulgaire Écouté la musique. Et tous, pendant la guerre, Après la chasse ardente et les soirs orageux,
Unissant la gavotte à des rêves de gloire,
Ils auraient comme nous, chère, suivi les jeux
De vos magiques mains sur le clavier d'ivoire.