‹ La vie et le mystèreChapitre 23 sur 70 · EN FORÊT · texte numérisé non relu

EN FORÊT

Les sapins et les pins, les hêtres et les chêne?

Et les bouleaux d'argent et les mélèzes d'or

Sont abattus. Plus rien dans l'immense décor,

Que des bœufs auvergnats traînant de lourdes chaînes.

O vent, c'est la tempête ici que tu déchaînes. Les fourrés, d'où montait pour nous le chant du cor, Sont détruits. Et les cerfs, afin de vivre encor. Mordillent les pommiers des campagnes prochaines.

La Forêt, douce aux fruits, aux grains, aux animaux, Envoyait sa fraîcheur à de lointains hameaux, Ou perdait le brouillard hostile en ses feuillages.

Maîtresse des torrents plus forts que les taillis, Elle était la gardienne et la sœur des villages. La mort d'une forêt, c'est la mort d'un pays.

Saint-Évroul (1920).

Page 1