‹ La vie et le mystèreChapitre 52 sur 70 · LES EMULES, LES DISCIPLES · texte numérisé non relu

LES EMULES, LES DISCIPLES

Plus tard, ce fut le temps de la pléïade unique Où le Maître acueillait Contades, Challemel, Millet, buvant des vins plus doux que l'hydromel, Près de Germain-Lacour, finement ironique.

A l'air vif de La Lande écartant sa tunique, Loriot condamnait le dandysme et Briimmel Avec de tels éclats et d'un ton si formel Qu'autour de lui vraiment il semait la panique.

Harel, au crépuscule endormi dans un coin, Se réveillait, disant : Le dîner sonne au loin ! Il arrivait quand même, ayant fait l'impossible.

Le docte Tournotier, seul après maints détours. Distinguant des vapeurs au fond du soir paisible. Se hâtait vers la brume, où fuyait des Rotours.

l'épouse

Vous, la Veuve au grand nom que nul orgueil n'effleure,

Qui passez devant nous pleine d'humilité,

Dans le rayonnement de l'immortalité.

Ne fermez pas l'oreille aux battements de l'heure :

Son rythme nous conduit à la vieille demeure. Les bouleaux ont frémi, les hêtres ont chanté. Puis, devant le tombeau, d'une auguste beauté. Priant, mêlant les deuils, chacun s'attriste et pleure,

121 AU CEXTENAIRE DE LE VAVASSEVR

Mais la chère dépouille est vivante aux genoux. Là-bas, comme en tout lieu, les morts sont avec nous, Du soir jusqu'au matin, dans l'ombre et le mystère.

J'ai vu se réveiller le poète endormi

Et s'unir, sur le front du Maître et de l'ami,

La couronne du Ciel aux lauriers de la terre.

lé

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