‹ La vie et le mystèreChapitre 67 sur 70 · LE VIN DE LA CÈNE · texte numérisé non relu

LE VIN DE LA CÈNE

La mort approche avec la trahison infâme. Jésus autour de lui voit les douze attablés. Il dit, rompant le pain, fleur divine des blés : « Mangez-le, c'est mon corps » que le gibet réclame

Puis désignant la coupe où luit un vin de flamme : « Buvez-le, c'est mon sang ». O disciples troublés, Puissiez-vous obtenir, à l'heure où vous tremblez, La soif eucharistique accordée à toute âme.

Ce vin miraculeux, ce liquide vermeil,

Plus riant que le jour, plus chaud que le soleil,

C'est le Christ immolé dans le premier calice.

Priez donc, mais pleurez aussi, car on peut voir

En ce vase effrayant, qui reflète un supplice.

Le Corps de l'Homme-Dieu, tari, sanglant et noir.

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