Hermodore (9), dont Dercyllidas(lO) avait co
(1) De Rt R., I, i.
(2) Ad Attic., II, 6.
(3) Tusc., I, 31.
(4) De Off., II, 2.
(5) Ad Attic., II, 2.
(6) De Fin., IV, 28 : « Semper habuit in orePlatonem, Aristotelem, Xenocratem, Theophrastum, Dicaearcbum. »
(7) Diog. L., III, 5.
(8) Clem. Alex., p. 213, ed. Sylb.
(y) Diog. L., III, 6,
(10) Porph., nd Simplie,; ad Arist. Phys., 1.54 ; Br., 344, a.
pié, eu la dénaturant , la monographie de Platon, est probablement l’Hermodore dont parle Cicéron (1). Ami et disciple de Platon, suivant Porphyre, il publia ses ouvrages , soit de son vivant, soit après sa mort, mais , d’après les termes de Cicéron, certainement sans son autorisation. Zénobius ajoute que c’était surtout en Sicile qu’il écoulait ses produits (2). C’est un véritable libraire-commissionnaire pour l’exportation.
13. Aristoxène (3) de Tarante, fils de Spinther, qui * avait vécu dans l’intimité de Socrate et d’Epaminondas, était disciple d’Aristote, et le contemporain d’Alexandre et de ses successeurs (4) ; ce polygraphe célèbre avait écrit de nombreux et savants ouvrages sur la musique et la danse, des mélanges, des traités de philosophie, parmi lesquels on cite un recueil de thèses pythagoriciennes, àrtoîpâffEi; ;
enfin des biographies (5) , entre autres celle? de Pythagore, d’Archytas, de Xénophile, de Socrate et de Platon. Il perce dans ses vies de Socrate et de Platon un accent de dénigrement visible qui rend parfois son témoignage suspect. On lui a même repro-
(1) Ad Attic.^ XIII. ep. 21.
(2) Prov. Cent., V, 6 : Ko|;lîI^(ov el; ZixïXIav inuXei.
(3) Diog. L., III, 8.
(4) C’est donc une erreur d'Eusèbe, déjà relevée par Vossius, 1. 1, c. 9, de le placer dans les environs de TOI. XXIX. Il l’aura confondu avec un poète de Sélinonte du même nom.
(5) S. Jérôm., Præf. Hist. eccl. ; « Hoc fecerunt... et omnium longe doctissimus Aristoxeuus musicus. » Plut., Mor., p. 1093 : Rtov; &v8püv {ypa't'iv. Luc., de Paras., c. 35, l’appelle icoXXoü Xé^ow âtto;, et cite de lui une anecdote sur Platon.
53fl LES BIOGHAPHES, COMMENTATEURS,
ché d’avoir outragé son maître, dont il avait espéré être dans le Lycée le successeur (1). Aristoclès, il est vrai, auteur lui-même d’une histoire des philosophes et de la philosophie, a soutenu que c’était une erreur d’interprétation. Si Aristoxène, dans sa vie de Platon, dit-il, raconte que pendant le voyage de ce dernier en Sicile, des étrangers, Çîvouç, avaient soulevé contre lui son école éf élevé chaire contre chaire, on s’imagine que c’est d’Aristote qu’il veut parler; on a tort, car il s’est toujours exprimé en termes respectueux envers son maître (2). Mais d’autres témoignages viennent confirmer l’opinion, que donne la lecture de ses fragments, sur la sévérité de ses jugements et son penchant à la calomnie. Au dire d’Élien (3), c’était un homme morose et chagrin, ennemi acharné de la gaieté et du rire ; il était du moins partisan exclusif d’une musique grave et sévère, correspondant à son humeur (4) , et le philosophe Adraste d’Aphrodise dit que son caractère n’était pas du tout musical , c’est-à-dir^ doux et harmonieux, et qu’il sacrifiait tout au plaisir de dire quelque chose de nouveau (5).
Le fait de ses relations avec les Pythagoriciens ne résulte que des informations spéciales que nous lui devons sur cette école, dont il a vu les derniers re-
(1) Suid., V.
(2) AristocL, ap. Euseb. Prxp. et., XV, 2.
(3) H. Yar., VIll, 13.
(4) Thémist., Or., XXXIII, p. 364.
(5) Procl., in Tint., éd. Cous., t. III, p. 192 : Où itdivu tô »tSo; àv9|p ixetvo; (iou(tix6;.
présentants et mourir la gloire (1). Ce n’est pas une raison pour en faire , avec Stobéc (2), Jean Damascène (3) et Suidas, un Pythagoricien (4).
14. Salyrus de Rhodes (.*i) , péripatéticien . mentionné comme un biographe instruit par S. Jérôme (6), avait écrit les vies des rois et des généraux, des poètes, des orateurs et des philosophes illustres. Son ouvrage eut assez d’importance et d’autorité pour qu’Héraclide Lembus pût croire utile d’en faire un abrégé. Ptolémée fils d’Héphæstion (7) en fait un disciple d’Arislarque, ou du moins un adhérent de son école, et raconte que son érudition curieuse lui avait fait donner de nom de ZîÎTa , Sii il
ÇrjTTJTlXOV «ÛTOÏÏ.
15. Praxiphane (8), dont Diogène cite une Conversation, S»aTpi'6r]v, qui est censée avoir eu lieu dans une maison de campagne où Platon avait reçu son ami Isocrate. 11 était également auteur d’une histoire que cite Marcellin dans sa vie de Thucydide.
16. Onétor (9) n’est connu que par les citations de Diogène , qui nous apprend qu’il était l’auteur
(1) Diog. L., VIII, 4C. J
(2) Serm., lOl, 4.
(3) Parall., p. 46.
(4) Suid., V.
(C) Pr.vf. Hist. eccks. Il est cité frcquemment par Athénée, XII, S34, b.
(7) In Mylhog., Westertnann, p. 194.
(8) Diog. L., III, 8.
(9) Diog. L., III, 9.
d’un livre intitulé : Si le sage peut travailler à s’enrichir.
17. Alcimiis (1) avait écrit une histoire de la Sicile, dont un livré était intitulé l’Italie (2) , et un ouvrage en quatre sections , adressé à Amyntas, où il accuse Platon d’avoir emprunté au Syracusain Épicharme la plupart de ses doctrines et parculièrement la théorie des Idées. Antérieur à Théopompe et né en Sicile , il est difficile de l’identifier avec le disciple de Stilpon deMégare, que Diogène nomme le plus illustre des rhéteurs de la Grèce (3).
18. Favorinus (4) d’Arles, né sous Trajan, est un écrivain très- fécond. On cite de lui des ouvrages de philosophie et d’histoire (S), parmi lesquels un livre sur la philosophie d’Homère , un sur Socrate et son Art d’aimer, un sur Platon ; des mémoires, àuofxvTi.uovïufiatoe (6), des traités de rhétorique, et surtout une histoire universelle sous les titres : IlavTo- SaTrJ) tffTopia (7), IIavTo5aT:al taxopiai (8), IlavTooaTrTi uXt) îuToptx^ (9). A en juger par les citations fréquentes des auteurs postérieurs, et particulièrement de Stobée (10), il à dû mériter l’éloge que lui donne Suidas,
(1) Diog. L., III, 9.
(2) Athcn., X, 441.
(3) Diog. L., II, 104.
(4) Diog. L., III, 8.
(5) Suid.,v.
(6) Diog. L., I, 79.
(7) Id., III, 3 et 19.
(8) Id., VllI, 15.
(9) Elym. magn.
(10) Conf. Philostr., Vit. Soph., I,"c. 8; Lucien, fun., c. 7 ;
TRADUCTEURS ET ÉDITEURS DE PLATON. ü.'}!)
d’avoir été, malgré son goût particulier pour la rhétorique , versé dans toutes les sciences et plein de philosophie. Photius (1) prétend que Sopater avait tiré son troisième livre d’extraits , ixXoyoii, de l’Histoire universelle de Favorin , qui , d’après les termes de Photius, aurait été disposée par ordre alphabétique.
19. Pamphilé (2), sur laquelle je n’ai rien à ajouter à ce que j’en ai dit dans ma Vie de Socrate (3).
20. Héraclide du Pont (4), disciple de Platon, de Speusijipe et d’Aristote, et dont Diogène a écrit la biographie, avait laissé plus de soixante ouvrages sur toutes sortes de sujets : histoire politique, morale, musique, rhétorique, grammaire, et deux livres de biographies, parmi lesquels on ne cite pas celle de Platon, quoiqu’il ait dû, d’après les citations de Diogène, avoir sur son maître, des renseignements détaillés et précieux. Cicéron, qui le croit un vrai platonicien, l’appelle un très-savant homme, vir doctus in primis (5). Par scs doctrines, l’élégance de son style, la grâce et la chaleur de son ' génie, il rappelait Platon, tandis qu’il se rattachait
à l’école péripatéticienne par son érudition étendue, .
Dcm.,c. i9.ei 13; Dion Cassius, LXIX, 3; Aul. Gell., y. AH.,
II, 22 ; Plut., Mor., p. 334 et 896, éd. Didot; Phryn., v. kXôxiov.
I (1) Cod., 161.
(2) Diog. L., III, 23.
(4) Diog. L., 111^26.
(5) rwJc«I.,V,3; de Div., I, 23. Coiif. d( yut D.. I, I3.
solide, variée, et par la fécondité de sa plume. Diogène de Laerte lui attribue un livre sur les pythagoriciens, dont Porphyre (1) et Clément d’Alexandrie (2) citent quelques fragments.
21. Aristippe de Gyrcne (3) est le célè!)rc disciple de Socrate dont Diogène a raconté la vie (4). Son ouvrage, en quatre livres au moins, intitulé TTEpl TtaXaiaî Tputpy,ç, fréquemment produit par Diogène, paraît n’avoir été qu’un recueil de calomnies et d’outrages contre les plus grands hommes de son temps, Aristote (5), Polémon (6), Xonocratc (7). Le ton amer et violent de ce livre est si contraire à ce qu’on nous rapporte de l’humeur enjouée et aimable de son auteur prétendu, que Lusacius (8) en a contesté l’authenticité, se fondant en outre sur la difficulté qu’il y a à supposer qu’un disciple de Socrate ait pu vivre assez longtemps pour voir à la tête de l’école Aristote et Xénocrate. Il est assez étonnant en outre que Diogène, qui cite fréquemment cette diatribe, ne la compte pas dans le catalogue des œuvres d’ Aristippe, qui môme, suivant •quelques historiens, parmi lesquels Sosicrale de llhodes, n’avait rien écrit du tout (9). Il n’est
(1) De Abslin,, I, p. 40. .
(2) Slrora., II, p. 179, 28 Sylb.
(3) Diog. L., 29.
(4) Diog. L., H, 83.
(3) Diog. L., V, 3 cl 39.
(G) Id., IV, 19.
(7) Id., L l.
(8> Lect. AUic., p. 108. Gessner' l'attribue à un autre Aristippe. (9) Diog. L., 84 : Ol 5'ovô’ ôXio; l’pâ^'ai.
TUADUCTELRS ET ÉOITELRS DE PLATON. 541
guère possible de croire qu’elle faisait partie des six livres de StarptSai que Sotion et Panétius reconnaissaient pour authentiques ; car le uepl xputp^ç en comprenait au moins quatre, et les six livres de Dissertations devaient avoir un tout autre sujet, puisque Théopompe de Chio , au dire d’Athéuée(l), accusait Platon d’en 'avoir dérobé presque toutes les idées pour se les approprier.
22. idoménée (2) de Lampsaque est l’ami et le disciple d’Épicure, qui en mourant lui écrivit pour lui recommander les fils de Métrodore : il a donc fleuri de 310 à 270 av. J.-C. Premier magistrat de sa ville, il montra dans l’exercice de ses fonctions une si extrême sévérité qu’Épicure fut obligé de le rappeler à la clémence et à la modération. 11 avait écrit un ouvrage sur les Socratiques (3) , auquel sont empruntés sans doute les renseignements qu’il nous donne sur Platon. Il est cité par Strabon (4), Athénée (5), Sénèque (6), Plutarque (7). Pour terminer celte énumération incomplète peutêtre, et certainement trop longue, des auteurs qui donnent quelque poids aux récits biographiques de Diogène de Laërte, je nommerai encore deux écri-
(1) Athén., XI, 508 : ... ’AXXoTpiov; |.6à tow; nXttouc ôvxa; 4x
TÛv AptvTtimou SiaTpiScüv. {
(2) Diog. L., III, 36.
(3) Diog. L., II, 19.
(4) XIII, p. 589.
(5) VII, p. 279, f.
(6) Ep., I, 21 et 22.
(7) 1 Plut., adv. Çolot., p. 1127. Ck)nf. PhoL, v. et Suid.,
vains sur lesquels s’appuie Athénée dans ses amères critiques contre la vie et les ouvrages de Platon. Ce sont Hégésandre de D.elphes, auteur de mémoires, &ito(xvr'(iaTa , qu’il est le seul des anciens à nous faire connaître (1), et qui paraît avoir vécu après Antigone Gonatas, dont le règne va de 229 à 231 ; et Théopompe de Ghio, l’historien, disciple d’Isocrate. Outre l’histoire de Philippe, qui comprenait cinquante-huit livres (2), et un résumé d'Hérodote, qui en contenait deux (3), il avait écrit un traité spécial sur Platop, -f) nXaxwvoî SiaTpiSii (4).
A l’aide de ces documents et de ces témoignages, auxquels il faut ajouter tous les documents épars dans les auteurs, et particulièrement dans Cicéron, Apulée, Plutarque, Élien, dont quelquesuns, Apulée, par exemple (5), avaient à leur dispo-
(1) Athén., XI, 507, a. Son livre, à en juger par le litre : du Penchant habituel de Platon à dénigrer tout le monde, parait avoir eu un caractère critique et hostile très-prononcé.
(2) Et non 72, comme le dit Suidas. Conf. Voss., de Uistor. græc., 1. I, p. 19.
(3) Vossius attribue ce résumé d’Hérodote à un autre Théopompe, soit celui de Cnide, ami de J. César, soit celui de Sinope, mentionné par Phlégon de Tralles, soit celui de Colophon, poète épique, cité p^ Athénée.
(4) 508, c. Les anciens louent la profondeur des recherches et l’art de la composition chez cet habile écrivain ; mais on l’accuse aussi de violence et d’âpreté dans ses jugements, et d’avoir l’esprit porté à voir les hommes en laid, xatniYop^^ pôXXov -îj tffTopeiv (Luc., de Scribend. Histor.) ; Cornélius Népos, dans la Vie d’Alcibiade, le joint à Timon le Sillograpbe, et les nomme tous deux les plus médisants des hominies. Conf. Voss., de HUt. gr., 1. I, p. 30.
(5) Les mémoires de Speusippe sur son oncle.
TKADUCTELUS ET EDITEEKS DE PLATON. o43
sition des renseignements précieux, on peut écrire, non sans difficulté, car il est souvent difficile de les concilier, et parfois même d’y ajouter foi, mais enfin on peut écrire une biographie vraiment historique de Platon. Aussi ce travail a-t-il été déjà bien souvent exécuté, et dans ces derniers temps en Allemagne, avec autant de savoir que de talent.
Marsile Ficin, de Florence, a placé en tête de sa traduction latine des œuvres de Platon (1), qui est restée sans égale pour la pénétration profonde du sens philosophique de son auteur, une vie de Platon, qu’il a fait suivre de celles de Plotin, de Proclus, de Psellus.
Guarini (2) , disciple de Chrysoloras, de Vérone ou de Ferrare, professeur à Venise, et ensuite à Ferrare, a écrit les Biographies de Platon, d’Aristote, d’Évagoras et d’Homère, qui ont été imprimées à Lyon avec les Vies de Plutarque.
Daniel Omeisius, d’Altorf, exposant la morale de Platon et l’éthique pythagoricienne, a publié en tête de ces deux ouvrages une Vie de Platon, 1696, et uné Vie de Pythagore, 1693, à laquelle se trouvent joints un commentaire sur les Vers d’Or, et une explication de dix des symboles pythagoriciens. Cette école l’occupa beaucoup; car on a encore de lui, en 1702, une dissertation spé-
(1) Publiée à Lytfn, avec des remarques critiques dTs. Casau* bon, en 1550 ; plus tard à Francfort, en 1602.
(2) Né en 1370, mort vers 1460.
ciale sur les symboles, et, en 1706, une autre sur ridylle d’Ausone intitulée: üuOaYoptxri àxpo'aatç.
Musurus, que Léon X, sur la recommandation de Lascharis I®', son maître, avait fait venir de Crète, sa patrie, à Rome, a laissé, parmi d’autres ouvrages, un Éloge de Platon, Encomium Platonis, en vers élégiaques, signalé par Lilius Gyraldus (1).
Notre ancienne Académie des inscriptions et • belles-lettres a produit, aux dix-septième et dix-huitième siècles, de nombreux travaux sur les dialogues de Platon (2), et particulièrement des mé-^ moires de l’abbé Arnauld, qui en a traduit et commenté plusieurs. Mais ni lui, ni Maucroix, ni Grou, n’ont écrit, que je sache, une biographie de notre philosophe. Cette lacune regrettable, que Dacier ne suffit pas à combler (3), a été remplie parles Allemands qui, sous la préoccupation de systèmes philosophiques récents, ont été portés à étudier avec un soin curieux et une exactitude scrupuleuse la vie et le caractère de Platon, croyant y trouver l’explication de sa pensée et de ses doctrines. Je ne peux que signaler ici leurs travaux, dont j’aime à reconnaître et à dire que j’ai tant profité.
Tennemann a fait précéder d’une biographie de Platon son ouvrage intitulé : Système de la philo-
(2) Mém. de Fragufer, Massieu, Couture, Sallier, Arnaud,
Garnier. *
(3) Dix dialogues ont été traduits par And. Dacier, 1699, qui les a fait précéder d’un discours et d'une Vie de Platon.
TRADUCTEI RS ET- ÉDITEURS DE PLATON. :!4.ï
Sophie platonicienne. Publié à Leipsig en 1792, cet ouvrage ouvre la série des doctes et proTondes recherches dont la vie et la doctrine du philosophe ont été l’objet dans ce pays, qu’on peut appeler le grand atelier de l’érudition moderne. Schleiermacher en a fait autant, en tête de sa traduction allemande des Dialogues; Ast, en 1816, a publié un volume dont le titre est : Vie et ouvrages de Platon. Socher, en 1820, a repris ce môme sujet dans une Étude spéciale, qui n’a pas empêché de nouveaux travaux de se produire, dont la liste serait ici trop longue. Je ne veux pourtant pas oublier M. K. Fr. Hermann, qui, dans son Histoire et système de la philosophie platonicienne^ dont il n’a paru malheureusement qu’une partie, avait consacré à la biographie et à l’histoire des ouvrages de Platon tout un volume.
Les commentaires grecs destinés à éclaircir les ouvrages de Platon, et à en faciliter l’intelligence, étaient fort nombreux. La plupart ont péri ; d’autres sont enfouis, inédits ou inconnus, dans les bibliothèques: un petit nombre a été publié intégralement ou partiellement.
Schoell (1) attribue àDexippus, disciple de Jamblique, auteur de trois livres de Queslio7is sur les Catégories d'Aristote, des commentaires sur Platon que ne cite pas Jonsius. Ceux de Damascius (2),
(1) Hist. de la Littér. greq., t. V, p. 161.
(2) C’est l'auteur des Anoptat xal XOs-ci; sur les premiers principes, publiés en partie par Kopp, 1826, Francf. C’est le dernier anneau de la fameuse Chaîne d’or; il occupait la chaire
îi4fi LES BIOGRAPHES, COMMENTATEURS,
successeur d’Isidore de Gaza à l’école platonicienne d’Athènes , intitulés : Doutes et solutions^ oTtopta»
XûffEtç, sur le Parménide de Platon, soat conservés manuscrits à la bibliothèque de Munich. De l’ouvrage de Théon de Smyrne, sur l’Utilité des mathé~ matiques pour la lecture de Platon, il ne reste que la partie qui traite de l’arithmétique et de la mu- sique. (1).
Olympiodore le Platonicien, qui a professé à Alexandrie vers la fin du sixième siècle, disciple de Damascius qui s’y était réfugié, a laissé des commentaires sur cinq dialogues, le premier et le deuxième Alcibiade, le Philèbe, le Gorgias, le Phédon (2). Proclus de Lycie, né en 412, mort en 485, disciple de Syrianus, auquel il succéda, a écrit de nombreux commentaires sur le Timée, Y Alcibiade, la République, \e Parménide, XeCratyle, qui sont publiés (3), et d’autres sur le Phédon, le Philèbe, le Phèdre, le Protagoras, les Lois, qu’on n’a pas encore retrouvés.
de philosophie en qualité de SidSoxo;, quand survint le décret de .lustinien.
(1) Publiée à Paris, 16C4, par Bouillaud.
(2) V. plus haut, p. 522.
(3) M. Cousin, entre autres, a donné deux éditions deProc^tu, l’une en 1825, l’autre en 1864; elles ne comprennent, parmi les commentaires, que ceux du Parménide et du / Alcibiade. Le commentaire sur le Cratyle a été publié en 1820 par M. Boissonade, à Lcipsig, et celui sur le Timée, à Breslau, en 1847, par M. Schneider. La Théologie platonicienne a été imprimée pour la première fois à Hambourg, 1618, avec Vlnstitullon théologique. Je n’eu connais pas d’autre édition.
Le livre du Pythagoricien Didyme sur la doctrine de Platon, Trepl twv àpeffxovTwv üXaTwvi, Celui de Numénius d’Apamée, qui avait pour sujet 'les Dissentiments entre les Académiciens et Platon^ ont péri : de ce dernier ouvrage cependant Eusèbe nous a conservé des fragments intéressants.
Boëce mentionne (1) un commentaire de Porphyre sur le Sophiste, et Proclus, en maints endroits de son propre ouvrage sur le Timée^ un autre du même auteur sur ce dialogue, dont le scholiaste ,de Platon (2) reproduit quelques passages. Les observations sur la République, citées par Simplicius (3), ne paraissent pas avoir appartenu à un commentaire spécial ; un Anonyme (4) cite encore de Porphyre un traité sur les Différences entre Platon et Aristote, dédié à Chrysaorius, qu^on dit exister inédit, et, ce qui ne s’accorde guère avec la pensée de cet écrit, Suidas lui attribue un ouvrage en sept livres ayant pour objet de démontrer l’identité des deux doctrines (5).
Albinus, contemporain de Galien, avait écrit une introduction aux dialogues de Platon, EluaYOJYTi» que deux manuscrits intitulent : de l'Ordre des livres de Platon. Cette petite dissertation que nous avons conservée, ou dont nous avons conservé du moins un
(1) Z>e Uivû. /ni^,p. 638.
(2) Ëd. Rekker, p. 438.
(3) In Phytic., 144, a.
(4) Cramer, Anecdot., Oxf., IV, 432.
(5) n»pi Tpü (tlav elvat.
•abrégé (i), a été publiée pour la première fois par J. Alb. Fabricius (2), plus tard par J. Fr. Fischer avec les quatre premiers dialogues de Platon (3), ensuite par Dan. Beck en tête du Platon de Tâuchnitz(4), puis parErn.Ghr. Schneider (S) et enfin par K. Fr. Hermann, qui en a amélioré singulièrement le texte (6). Ce savant a également apporté d’heureuses corrections critiques à la dissertation • d’Alcinoüs, intitulée dans certains manuscrits Ai5oaxaXixàv -cwv iiXocTtovo; SôytiioiTwv, et dans d’autres Introduction aux doctrines de Platon du philosophe Aidnoü5. Imprimé d’abord à Venise par les Aides, 1.^21 , ensuite par Dan. Heinsius qui l’a réuni à son Maxime de Tyr (7), ce petit ouvrage fait partie du sixième volume de l’édition de Platon de K. Fr. Hermann.
J’ai donné plus haut les renseignements nécessaires sur un travail du même genre, qui porte le titre de Prolégomènes à la philosophie platonicienne ^ et dont l’auteur n’est pas nommé. Eusèbe nous a conservé quelques fragments d’un ouvrage du Platonicien Atticus, qu’il ne faut pas confondre avec le rhéteur Hérode Atticus, son contemporain (8). Ce traité avait pour objet de déterminer la différence
(1) Platonis Dialogi. K. Fr. Hermann, i. VI, p. xv : « Uixie non mutilos, sed consulto breviatos esse liquido apparct. »
(а) Biblioth. græc., l. II, p. 44-50, 1707.
(3) Leips., 1783.
(4) Leips., ’l813.
(5) Varsovie, 1852.
(б) Leips., 1858, dans le VI* vol. de son édition de Platon.
(7) Leÿd., 1614.
(8) Ils vivaient du temps de Marc-Aurèle.
TRADUCTEURS ET ÉDITEURS DE PLATON. .'iiO
qui existe entre la philosophie de Platon et celle . d’Aristote (1), et de réfuter ceux qui soutenaient l’identité des deux systèmes.
Claude Galien de Pergame(2),le grand théoricien de la médecine grecque, avait étudié tous les systèmes de philosophie, sur lesquels ses ouvrages fournissent des renseignements précieux. Deux d’entre eux sont particulièrement intéressants pour l’étude de notre philosophe ; l’un, composé de neuf livres, est intitulé : des Opinions d' Hif^pocrate et de Platon, et est consacré à soutenir les opinions de Platon contre celles de Ghrysippe et autres philosophes, relativement au siège de l’âme et à la
localisation dé ses facultés. Le second est un »
fragment dont nous n’avons que la version latine de Gadaldini, qui lui donne pour'titre : Fracjmentum in Timœum Platonis, vel e quatuor commm- • tariis quos ipse inscripsit : De iis quœ medice scripta sunt in Plato?iis Timœo; d’où il résulte que Galien aurait écrit quatre mémoires sur les doctrines physiologiques et médicales de Platon (3). Les scholies
(1) Euseb.) Præp. ev., XI, i, 2; XV, 4, 9, etc. 13. Le sujet de l’ouvrage est indiqué par ces mots qu'on trouve dans le premier des passages indiqués : Ilpè; toù; 8tà tüv ’AptavoT^kou; xà mâtuvo; Oitioyvouuievouç.
(2) Né en I3l apr. J.-Ch.
(3) Il faut mentionner encore le commentaire de Chalcidius sur le Timée qui accompagne sa traduction latine de ce dialogue, éditée à Leyde, par J. Meursius, 1617, et par J. Alb. Fabriciusàlafin des Œuvres de S. Hippolyte, Hambourg, 1718. On possède encore, inédit, dans la bibliothèque Bodléienne, un commentaire grec de Mich. Paellus eli; xi^v nxâxwvo;
proprement dites , qu’on trouve dans toutes les éditions de notre auteur, ont peu d’importance philosophique : le contenu en est presque exclusivement historique ou grammatical. Il est bon de savoir que les scholies sur le Tintée^ qui forment presque un ouvrage complet, dont le caractère et l’importance dépassent de beaucoup ceux des scholies , ne se trouvent que dans Ruhnken ( 1 ) et l’édition de Bekker.
La langue de Platon, qu’avec un singulier pédantisme Denys d’Halicarnasse ne trouvait pas suffisamment grecque, xaxiov éXXr,vîÇou<i«, avait été l’objet de travaux spéciaux. Un seul s’est conservé jusqu’à nous : c’est le Glossaire de Timée, grammairien du quatrième siècle, édité d’abord par Ruhnken, et tout récemment par M. K. Fr. Hermann. Un autre grammairien, nommé Boethus (2), cité avec éloge par Photius, avait fait deux lexiques platoniciens, intitulés l’un : nXaT(i>vtxû)v TuvayioYii, l’autre :
YovCav... Fabriciug, græc., 1. III, c. 1 et 15, mentionne
encore comme commentateurs de Platon Adraste d’Aphrodisée, le Péripatéticien, cité par Porphyre (ad Ptolem. Hartnon., 1. 1, c. 5) ; Élien le Platonicien, cité dans le même ouvrage, 1. 1, 3 ; Aristoclès de Pergame, Asclépiodote, cité par Olympiodore (Météorol., IV), et d’autres pour lesquels on pourra le consulter.
(1) Scholia in Platon., Leyde, 1800.
(2) J’ignore quel est ce personnage; en tout cas il ne faut le confondreavec aucun des philosophes qui portentee nom : ni avec le Stoïcien contemporain de Chrysippe, ni avec le Péripatéticien de Sidon, qui étudia avec Strahon (XIV, 2, 24) et fut le disciple d’Andronicus, ni avec un autre Péripatéticien appelé Flavius, personnage consulaire, dont le maître, Alexandre de Damas, vivait du temps de Marc-Auréle (161-180 apr. J.-Ch,).
TRADUCTEURS ET ÉDITEURS DE PLATON. Hoi 7T£pî Twv Trapà IIXotTowi àiropou(xévwv Àé;£t»)v; ils SOIlt
tous les deux perdus.
La première édition complète de Platon a été imprimée en 1513 par Aide Manuce l’ancien , et le texte en a été revu par Marc Musurus, de Crète, dont nous avons parlé plus haut.
Après deux éditions de Bâle, l’une de 1534, l’autre de 1536, est venue la belle impression d’Henri Estienne, 3 vol. in-folio, Paris, 1578, qui est comme le type de toutes les autres postérieures. Le savant imprimeur et helléniste a fait d’heureuses et importantes corrections au texte des Aides, aidé de la version de Ficin et des observations critiques de’ Jean Cornarius. Malheureusement il a confié la traduction latine au péripatéticien de Serres , qui a distribué les dialogues arbitrairement dans une classification pédantesque et scolastique , et , ce qui est plus grave, n’a pas toujours compris et aide bien rarement à comprendre son auteur.
L’édition des Deux-Ponts , 1781-1787 , a emprunté le texte d’Estienne, mais a’ repris la traduction de Ficin ; Tiedemann a fait précéder les dialogues de bons arguments. Les éditeurs subséquents ont profité des travaux de la critique moderne, pour apporter des améliorations au texte, à l’aide de la collation des manuscrits. Je cite rapidement l’édition de Bekker, 1816-1818 ; celle d’Ast, 1819-1832, accompagnée d’une nouvelle et excellente traduction latine et de commentaires malheureusement inachevés. Un ouvrage dû à la science et à la patience de ce docte critique , et qui est indis-
'iü2 LES BIOGRAPHES, COMMENTATEURS,
pensable pour l’intelligence du texte de Platon, est son Lexicon Platonicum,\iQ\^?,.^ 3 vol., l83S-t838, où je voudrais qu’il eût fait entrer les noms propres (t).
M. Stallbaura a publié, avec des notes critiques, des commentaires et des prolégomènes fort savants, mais peut-être quelquefois un peu longs , presque tous les dialogues de Platon. Il est regrettable qu’il n’ait pas fait entrer dans son plan les dialogues inautbentiques. Cette lacune a été comblée par M. K. Fr. Hermann, qui, dans l’édition de Teubner, a donné tous les dialogues suspects, les lettres, et y a ajouté les scholies grecques , l’introduction d’Albinus et celle d’Alcinoüs, la vie de Platon par Olympiodore, l’Onomasticon de Timée, et les prolégomènes anonymes dont nous avons parlé plus haut.
Enfin un Français qui soutient l’antique honneur d’un nom illustre dans la typographie de notre pays, M. Ambroise Firmin Didot, a publié de 1846 à 1856, en deux volumes, une nouvelle édition complète, accompagnée d’une traduction latine, revue, ainsi que le texte , par MM. E. Ch. Schneider et R. -B. Hirschwig.
Les traductions latines ont dû être déjà mentionnées plus haut; je rappelle seulement qu’elles sont dues à Marsile Ficin , Jean Cornarius, de Serres et Ast. La traduction allemande si justement célèbre dé Schleiermacher voit aujourd’hui sa réputation
(1) Cette lacune est remplie par la Prosopogrophia Platonica de Groen Vaii Prinsterer.
TRADUCTELUS ET ÉDIÏELUS DE l'LATüiN. bi»3
balancée par celle de M. H. Müller , dont on vante surtout les arguments, dus à la plume de M. K. Steinhart (1). En France, la traduction de M. Cousin, accompagnée de notes et d’arguments éloquents et profonds , comme elle était sans précédents, est restée sans rivale. Je dis sans précédents, comme traduction complète , car l’abbé Arnaud, Dacier, Grou surtout, avaient traduit quelques dialogues (2), sans compter des essais antérieurs, par exemple, les traductions de la République, du Timée, du Phédon , du Banquet, par Leroy , professeur au Collège de France , qui ont paru au seizième siècle, en 1559.
(1) Leips., 1860-1859.
(2) Maucroix en a traduit également quelques-uns, 1685. Racine, àqui l’abbesse de Fontevrault, sœur de M"** de Montespan, avait envoyé une traduction du Banquet, avec prière de la corriger, aima mieux la refaire en entier, sous prétexte que le style de « l’illustre dame » étant « admirable », en y retouchant on n’aurait fait que le g.^ter. Mais il n’alla pas jusqu’au bout : il recula devant le discours d'Alcibiade, qui n’avait pas effarouché U noble marquise, et s’arrêta au discours d’Éryximaque.