‹ La vie et les moeurs des animauxChapitre 15 sur 87 · INFUSOIRES CILIÉS · texte numérisé non relu

INFUSOIRES CILIÉS

Jetons maintenant un regard sur quelques espèces remarquables du groupe des Infusoires ciliés.

Les Paramèciens sont des Infusoires à corps mou, flexible, de forme ordinairement oblongue et plus ou moins déprimée. Us sont pourvus d’un tégument réticulé, lâche, à travers lequel sortent des cils vibratiles nombreux, disposés en séries régulières. Ces animalcules ont été vus par tous les anciens observateurs, et c’est dans ce groupe que l’on observe le mieux l’organisation des Infusoires portée à son plus haut degré de perfection. Les Paramèciens possèdent, en effet, outre un tégument réticulé contractile, des cils, disposés en séries, qui servent à la fois à leur locomotion, à la préhension des aliments et à la respiration. Ils sont pourvus d’une bouche, au fond de laquelle le tourbillon excité par les cils, dit Dujardin, détermine le creusement d’une cavité en cul-de-sac , et la formation de vacuoles sans parois permanentes, dans lesquelles sont renfermées les substances que l’animalcule a avalées en même temps que l’eau.

Les Paramèciens se multiplient par division spontanée : ils se coupent en deux pour se propager, phénomène étrange qui n’est pas d’ailleurs particulier aux seuls Infusoires.

Les Paramèciens abondent dans les eaux stagnantes, ou dans les eaux pures quand elles sont occupées par des herbes aquatiques. Ces eaux en contiennent quelquefois une quantité si prodigieuse, qu’elles en sont troublées. Ils se développent en abondance dans l’eau des vases de fleurs qui n'est pas renouvelée.

Les espèces du genre Paramécie ont un corps oblong, comprimé, avec un pli longitudinal oblique, dirigé vers la bouche, qui est latérale. Elles sont fort grosses , de sorte que l’emploi de la loupe suffit pour les observer. La Paramécie Aurélie apparaît dans la plupart des infusions végétales. Elle est commune dans l’eau des fossés remplie d’herbes.

ZOOPHYTES

Pour donner une idée de l’étrange réduction à laquelle peut parvenir la dimension d’un être organisé, de Humboldt a dit qu’il existe de très-petits Infusoires qui vivent en parasites sur d’autres Infusoires plus grands, et que ces derniers parasites servent eux-mêmes de demeureà d’autres Infusoires pluspctits encore. Cette assertion, qui peut paraître inadmissible, se vérifie complètement pour l’Infusoire dont le nom a été cité plus haut. La Paramécie Aurélie porte souvent des parasites. Ce sont de très-petits êtres, de forme cylindrique, pourvus de suçoirs. Nageant dans l’eau avec vivacité, ils se mettent à la chasse des Paramécies. Quand ils ont pu atteindre le fugitif, ils se précipitent sur son corps, et s’y établissent. Bientôt ils se multiplient à l’intérieur du corps de la Paramécie, et leur famélique postérité suce et dévore le malheureux animalcule, qui leur sert à la fois de maison et de garde-manger.

Une autre variété de ces parasites de la Paramécie ne chasse pas sa proie. Elle se tient, au contraire, immobile. Quand la Paramécie vient à passer, elle se précipite sur sa victime, se laisse emporter par elle et avec elle. Elle s’enfonce dans le corps de la Paramécie, et bientôt elle s'y multiplie tellement que quelquefois il existe jusqu’à cinquante do ces parasites sur un seul individu. Pauvre victime 1

Les Aassules ont le corps entièrement recouvert de cils, ovoïde ou oblong, contractile, la bouche placée latéralement, dentée , ou entourée d'un faisceau de baguettes cornées. Ce faisceau de baguettes peut se dilater ou se resserrer, suivant le volume de la proie que l’animal veut avaler. 11 peut également s’avancer au dehors pour saisir la proie que le mouvement des cils vibratiles n’amène pas à la bouche , comme cela se passe chez les Paramécies, et qu’il est obligé d’aller chercher.

Ces curieux Infusoires vivent dans les eaux stagnantes, mais non dans les infusions. Ils se nourrissent des débris des plantes aquatiques et en tirent leur coloration.

Les Bussariens sont des animaux à corps ovale ou oblong, contractile, pourvu de cils vibratiles, surtout à la surface, et qui offrent une large bouche, entourée de cils, disposés comme en moustache ou en spirale.

PROTOZOAIRES

Nous citerons parmi les espèces de ce groupe le Condyloslome bâillant (tig. 14). Remarquable par sa voracité et par sa grande taille, qui peut atteindre jusqu’à 1 millimètre 1/2, il est répandu depuis la Méditerranée jusqu'à la mer Baltique.

Fig. 14 Condylostome bâillant (Grossi 350 fois.) (Cnndyloitoma /xi lens, Duj.)

Un autre Bussarien, le Plagioslome du Lombric, vit entre l'intestin et la couche musculaire externe de l’Annélide qui porte le nom de Lombric.

Au groupe des Vrcèolariens appartiennent les Stentors, qui sont au nombre des plus grands Infusoires, car la plupart sont visibles à l’œil nu.

Les Stentors habitent les eaux douces stagnantes, ou tranquilles et couvertes d’herbes. Ils sont presque tous colorés en vert, en noirâtre ou en bleu clair. Leur corps est partout recouvert de cils vibratiles. Il est éminemment contractile et de forme très-variable.

Les Stentors peuvent se fixer temporairement, au moyen des cils de leur extrémité postérieure. Ils prennent alors la forme d’une trompette dont le pavillon est fermé par une membrane convexe et dont le bord est garni d’une rangée de cils obliques très-forts. Cette rangée do cils se contourne en spirale, pour aboutir à la bouche, qui est située près de ce bord. Lorsqu’ils nagent librement, ils ressemblent alternativement à une massue, à un fuseau, à une sphère.

Le Stentor de Miiller vit dans les étangs des environs de Paris, on l’a même trouvé dans les bassins du Jardin des Plantes.

ZOOPHYTES

Pour ne pas faliguer le lecteur, nous ne signalerons plus qu’une seule famille d'infusoires : celle qui comprend le genre Vorlicelle.

Les animaux qui constituent ce genre sont fixés dans lapre-

Fig. 15. Stentor de Müller. (Grossi 75 ois.) (Stentor Muller f, Ehr.)

mière période de leur existence, niais libres dans la seconde. Tant qu’ils sont fixés , ils ressemblent, dans leur état d’épanouissement, à une cloche ou à un entonnoir à bords renversés et ciliés. Dès qu’ils deviennent libres, ils perdent leur couronne de cils, prennent une forme cylindrique, plus ou moins allongée ou ovoïde, et se meuvent à l’aide d’un organe nouveau.

« 11 n’est pas d'animaux, dit Dujardin, qui excitent l'admiration des naturalistes à un plus haut degré que les vorticelles, par leur couronne de cils et par les tourbillons qu’elle produit, par leur forme si variable, surtout par leur pédicule susceptible de se cuntractcr brusquement en tirebouchon, en tirant le corps en arrière pour s’étendre de nouveau. Ce pédicule est un cordon membraneux plat, plus épais sur un de ses bords et contenant , de ce côté , un canal continu occupé au moins en partie par une substance charnue analogue à celle de l’intérieur du corps. Pendant la contraction, ce bord épais se raccourcit beaucoup plus que le corps mince, et de là résulte précisément la forme de tire-bouchon. Simple chez la plupart des vorticelles, il est rqmeux chez quelquesunes.... >

Page 1