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ZOOPHYTES
cher la mère que par un point. Enfin, la séparation s’effectue. La mère et l’enfant agissent de concert pour favoriser cette enlrée dans le monde de l’intéressant polypule. L’un et l’autre prennent, avec leur bras et leur tête, un fort point d’appui sur les corps environnants : il n’y a plus qu’à exécuter un petit effort pour faire aboutir l’opération. C’est quelquefois la mère qui se charge de cet effort, quelquefois le jeune, et souvent tous les deux.
Dès qu’un jeune Polype est séparé de sa mère, il se met à nager et à exécuter tous les mouvements particuliers à ces animaux adultes. L’entrée dans la vie et l’âge viril ne sont, chez ces êtres, qu’un seul et même moment. L’enfance et la jeunesse sont rayés de ce petit monde.
Tant qu’il reste attaché à sa mère, celle-ci nourrit le jeune Polype, et ce dernier, par un touchant échange, la nourrit à son tour. En effet, les estomacs de la mère et du fils communiquent entre eux : de sorte qu’une proie avalée par la mère passe en partie dans l’estomac du fils ! De leur côté, les petits, encore attachés à la mère , saisissent des proies , qu’ils partagent avec leur mère, grâce à la communication ménagée par la nature entre ces deux organismes.
En faisant des expériences propres à établir ce dernier fait, Tremhley découvrit une autre particularité bien plus remarquable encore.
Sur un jeune Polype encore suspendu à sa mère, on voit quelquefois se former, pousser, grandir, un nouveau polype, un polypule; et sur ce premier rejeton naît quelquefois un autre individu. Ainsi, trois générations sont appendues à la mère: c’est une cascade, un chapelet d'enfants, de petitsenfants et d'arrière-pelits enfants. La mère porte à la fois son fils, son petit-fils et son arrière-petit-fils!
« En considérant de jeunes polypes qui étaient encore attachés à leur mère, j'en vis un, dit Trembicy, qui avait lui -même un petit, lequel commençait à sortir de son corps; c’est-à-dirc qu’il était mère pendant qu'il était encore attaché à sa mère. J’eus en peu de temps plusieurs jeunes polypes attachés à leur mère, lesquels avaient déjà trois ou quatre petits, dont quelques-uns étaient même parfaitement formés ; ils pêchaient des pucerons comme les autres et ils les mangeaient. Ce n’est
POLYPES
pas tout; j’ai vu même une mère polype qui portait sa troisième génération : du petit qu'elle produisait sortait un autre petit, et de celui-ci un troisième »
Le naturaliste Charles Bonnet, de Genève, a dit, avec esprit, qu'un polype ainsi chargé de toute sa descendance compose un véritable arbre généalogique vivant.
Nous parlions tout à l’heure du retournement des Polypes. Si l'on retourne un Polype lorsqu’il porte des petits à la surface de son corps, ceux qui ont déjà pris assez d’accroissement, se développent, continuent de grandir, quoiqu’ils te trouvent emprisonnés dans cette partie devenue interne ; ils sortent ensuite par la bouche ! Ceux qui sont peu avancés au moment où on les a ainsi brusquement soustraits à la lumière, sortent peu à peu du sac maternel, et viennent achever à l’extérieur leur développement.
Le troisième et le plus extraordinaire mode de reproduction des Polypes a été découvert par Trembley, chez l’Hydre verte.
Notre naturaliste, surpris au plus haut degré de toutes les anomalies vitales qu’il trouvait dans ces êtres, avait fini par être fort indécis sur leur nature. Ce Polype était-il un animal? Était-il une plante?
Pour sortir de cette indécision , il eut l’idée de couper ses Hydres par morceaux. Estimant que les plantes seules peuvent se reproduire par des boutures, il attendait du résultat de cette expérience la conclusion qu’il cherchait.
Ce fut le 25 novembre 1740 que Trembley coupa pour la première fois un Polype.
« J’en mis, nous dit-il, les deux parties dans un verre plat qui ne contenait de l’eau qu'à la hauteur de 4 à 5 lignes. Do cette manière, il m’était facile d’observer ces portions de polype avec une loupe asse* forte.... 11 suffira de dire ici que je coupai transversalement le polype dont il s’agit, et un peu plus près du bout antérieur que du bout postérieur.... Le neuvième jour après avoir coupé le polype, il me sembla, le matin, apercevoir sur les bords du bout antérieur de la seconde partie de celle qui n’avait ni tête ni bras, il me sembla, dis-je, apercevoir trois petites pointes qui sortaient de ces bords. Cela m’animait extrêmement; j'attendais avec impatience le moment où je saurais clairement ce