‹ La vie et les mœurs à la Plata (volume 2)Chapitre 125 sur 152 · ARGENTINS A LONDRES · texte numérisé non relu

ARGENTINS A LONDRES

2 mai 1805. 1 mars 1 889. Hausse »/..

Emprunt argentin 6 0/0 de 1868. .

— travaux publics de 1871 .

— 1884 Baring

— Harddollars

— Bons du Trésor . ...

Nous prenons loules ces cotes à la date du premier février 188!), ajoutons ici, pour donner l’ensemble des capi-

taux employés par l’Angleterre, en grandes entreprises, dan la République Argentine, les valeurs suivantes :

ferse

üiïMendj

février

Bs-Aires, Great Southern line (Gd-Sud)

Extension 1890. . .

6 sh.

— b 0/0 Obligations. .

— Ensenada Port Act.

7 sh.

— — 80/0 lre pr.

8 sh.

— 5 0/0 Obligations.

— — hypoth. . .

— (Nord de) Actions.

— 8 0/0 priorité . . .

— 6 0/0 Obligations. .

— 5 0/0 hypoth . . .

— Pacific 7 0/0 prior.

— 7 0/0 Obligations .

— 5 0/0Merc.Ex. Scr.

1 lb

— Rosario Actions. .

— 7 0/0 Actions de pr.

7 sh.

— Extens. Sunchales.

7 sh. 9

— 5 0/0 Obligations .

— val. trans. 7 0/0 act.

Pref

2 sh. 2 1/2

Central Argentin Actions. .

— 6 0/0 Obligat..

Est Arg. garantie 7 0/0 act.

— 6 0/0 Obligations.

Bs-Aires (Ouest de) 6 0/0 obi.

— Certificats inscrits.

b 0/0 Obi. hyp. 1915, tout

versé intr. du 15 mars. .

English Bank of River Plate /banque Anglaise du Rio

La PJata)

5 sh.

London River Plate (Londres

et Rio La Plata) ....

8 sh.

Argentine Sugar Estate, Fac-

tories Ld

1 sh. 8

Liebig’s Extrait de viande.

40 sh .

River Plate fresh Méat (viande fraîche du Rio La Plala). d

Verso

Dividende

février.

Central Argentine Land (1er-

rains Centre-Argentin). .

3 sh.

River Plate Trust, Loan,

agency, A. Shs

4 sh. 2 1/2

Id. B. Shs

Cie de gaz B3-Aires (nouvelle)

10 sh.

5 sh . 4

— 6 0/0 Obligat. 1898

GO

Tramway Anglo-Argentin. .

— 6 0/0 obligations.

— Buenos-Aires. . .

5 sh.

— 6 0/0 oblig. perpét.

B’-Aires et Belgrano , actions

de priorité. . .

3 sh.

— 6 0/0 Obligations.

Enfin on aura une idée complète de chacun des Etats, qui se partagent le territoire argentin, et de la marche qu’ils ont suivie, quand on aura examiné le budget de chacun d’eux et en même temps les ressources dont ils disposent.

Nous donnons les totaux de chacun de ces budgets en 187'> et en 1888, et en piastres nationales.

La Nation

Province de Buenos-Aire«. .

Cordoba ....

Corrientes . . .

Entrerios . . .

Santa-Fé. . . .

Tucuman . . .

Salta

inconnu

Santiago . . .

Catamarca, . .

Mendoza. . . .

inconnu

San-Juan . . ,

Rioja

San-Luis . . .

Jujuy

L’impôt, dans un pays neuf, n’est pas la seule source de revenus pour les Etats; tous possèdent un domaine privé, et c’est ce domaine qui fournit non seulement la garantie principale des engagements pris, mais des ressources annuelles, qui permettent, à heure dite, de faire face à l’imprévu.

Décomposons donc la situation dont nous pouvons examiner l’ensemble :

Depuis 1865, la dette nationale intérieure et extérieure et la dette provinciale ont augmenté de la manière suivante :

Dette étrangère. Intérieure. Flottante. Total.

Mais, pendant ce temps, la population s’élevait de 1.160.000 en 1857 à 2.942.000 en 1882, soit de 154 0/0. Pendant les quatre années qui nous séparent de cette dernière date, on peut calculer que parles naissances et l’émigration, qui à elles seules fournissent 120.000 individus par an, la population atteint le chiffre de 5 millions. Les diverses sources de revenus de EEtat s’élevaient pendant ce temps de 15 millions de piastres, en 1870, à 38 en 1885, et à 60 millions en 1888.

Pendant ce même temps, l’extension du territoire conquis, dans la limite des frontières mêmes de la République, faisait plus que quintupler la quantité de terres fertiles à occuper, et la pacification parla destruction de l’Indien, décuplait la valeur de toute la partie du territoire de la République, jusque-là, souvent exposée à des invasions ruineuses.

Jamais, dans aucun pays, un pareil événement ne s'est produit et n’a pu se produire, même aux Etats-Unis, où les avau-

cées de la population n'ont fait reculer que peu à peu l’Indien jusqu’à le cantonner dans le territoire de cinq cents kilomètres carrés qu’il occupe aujourd’hui tout en menaçant les voisins.

Comment cette œuvre s’est-elle opérée dans la République Argentine? La possession des Espagnols, au xv° siècle, a commencé par le littoral dont elle a occupé deux points : le lieu où est aujourd’hui la ville de Santa-Fé ( 1535) et celui où est Buenos-Aires (1580). A la fin du xvm° siècle, à l’époque des guerres qui avaient commencé en 1740, les Espagnols ne possédaient encore qu’une superficie d’environ 1.200 lieues carrées, ayant pour base le Parana, et le territoire des villes de l’intérieur; en 1820, cette occupation s’étendait sur 1.454 lieues carrées; en 1826, sur 3.800 lieues, et, au milieu d’une succession de guerres heureuses ou malheureuses, cette possession précaire restait stationnaire autour de Buenos-Aires, jusqu’en 1860.

C’est seulement à cette époque que commence le mouvement de conquête vers la pampa; l’Indien recule, mais sans renoncer à envahir. En 1869, le pays conquis et possédé par la civilisation n’est encore que de 6.000 lieues carrées; à la fin de l’année 1877, il embrasse, enfin, la totalité actuelle de la Province de Buenos-Aires, soit 11.493 lieues carrées, auxquelles s’ajoutent, successivement, 10.000 1 lieues qui complètent la possession paisible des Provinces de Santa-Fé, Cordoba, San-Luis, riveraines de la pampa indienne, qui ont contribué aussi de leurs deniers à la campagne; enfin, en 1880, l’œuvre est achevée; tout ce qui restait à conquérir vient constituer le domaine privé de l’Etat national : 25.000 lieues carrées de pampa, dont il a vendu déjà 5,000 pour couvrir les frais de la guerre, et l'immense territoire Patagonien qui n’a pas moins de 20.000 lieues carrées; plus 10,000 lieues non

t. La lieue unité métrique généralement employée dans la République comprend une superficie de 2.500 hectares.

encore touchées dans le Gran Chaco, au nord de la République.

Ce domaine privé de l’Etat est, aujourd’hui, divisé en Territoires, administrés par des autorités, qui dépendent du Pouvoir Exécutif national. Ce sont, d’après la loi du 28 octobre 1884, qui les a organisés : les Territoires de la Pampa, du Neuquen, du Rio Negro, du Chubut, du Santa-Cruz, de la Terre de Feu, des Missions, de Formosa, du Gran Chaco.

Leur population s’élève à 150.000 habitants nouveaux; mais à mesure que le fisc consent à vendre quelques lots, la population se présente pour les acheter et les occuper. C’est, pour le moment, le bétail qui est chargé de préparer la colonisation; déjà le prix du sol s’y est élevé dans des proportions qui démontrent que toute cette terre trouvera emploi dans un délai rapproché. En 1877, le gouvernement a vendu, à

2.000 francs la lieue, 5.500 lieues carrées, soit moins de un franc l’hectare, chaque lieue étant de 2.500 hectares ; ces terres valent aujourd’hui, suivant leur éloignement, de 20.000 à

100.000 francs la lieue. Cette hausse rapide a eu pour premier résultat d’augmenter rapidement la fortune privée des habitants et de grossir considérablement le revenu de l’Etat; l’impôt de la contribution directe frappe, en effet, ces terres de 1/2 °/0 par an, calculé sur la moyenne des 'prix de vente de l’année précédente dans chaque section : certains lots arrivent donc à payer, par cette voie, une somme égale au quart du prix d’achat.

La fortune privée subit un autre accroissement, en même temps que les revenus de l’État, du fait de l’immigration, qui se chiffre, ainsi, depuis vingt-cinq ans :

L’Italie a fourni

immigrants.

L’Espagne .

La France. .

La Suisse. .

L'Angleterre

L’immigration, étant composée d'adultes, contribue aux naissances, dans une proportion, relativement beaucoup plus considérable que les natifs, et donne à son accroissement une impulsion vigoureuse.

Aussi, en tenant compte de ces naissances, trouvons-nous, dans le pays, la population étrangère, représentée par les chiffres suivants, qui comprennent, avec les immigrants originaires d'Europe, leurs enfants nés dans le pays :

Contre 3.500.000 Nationaux,

On compte. . . . 873.000 Italiens1,

— 161.000 Espagnols,

— 183.000 Français,

— 51 .000 Anglais,

— 54.000 Suisses et Allemands.

I. Les immigrants italiens sont ceux qui retournent le plus vite et le plus volontiers dans leur pays et font, à l’étranger, le moins d’établissements stables; le Français, malgré sa réputation de mauvais colonisateur, est, de tous les peuples, celui qui fournil le plus d immigrants perdant l'esprit de retour.

Cherchons maintenant le chiffre de la fortune privée et comment elle se divise entre tous les habitants.

Ce principal élément de la fortune privée est le troupeau. La République Argentine possède :

têtes de gros bétail,

— brebis,

— chevaux,

— mules,

— porcs, chèvres.

Chiffre considérable si l’on met en regard la population de quatre millions d’habitants, qui donne une proportion qu’aucun pays ne présente.

La valeur individuelle de chacun de ces animaux est minime, cela est évident; on verra, dans la partie spéciale de cet ouvrage que nous consacrons à l’industrie pastorale, qu’en ce moment il ne faut pas assigner à chaque tète de mouton une valeur supérieure à 5 francs, et à chaque tête de gros bétail une valeur supérieure à 20 francs ; mais cela ne constitue pas moins un énorme capital qui peut se chiffrer par un milliard de francs pour l’ensemble des troupeaux. Réparti entre cinq millions d’habitants, cela donnerait, déjà, par chaque habitant, une proportion de 2o0 francs, ce qui est supérieur à ce que l’on peut relever dans aucun autre pays Mais ce n’est pas tout: dans le calcul de la fortune privée, il faudrait faire entrer, avec la valeur de la terre et la valeur du bétail, l’énorme chiffre des frais faits pour mettre la première en valeur et augmenter celle du second, en accroissant le produit de l’un et l’autre. Ces chiffres, difficiles à établir, doubleraient facilement ceux que nous avons donnés.

L’agriculture, de son côté,' a créé, elle aussi, des capitaux considérables et des revenus proportionnels. Tenons-nous en

au simple tableau suivant, et mettons en regard ce que la République Argentine importait de céréales, pour sa consommation, jusqu’en 4 875 et ce qu’elle exporte, auquel il faudra ajouter ce qu’elle consomme.

Importation. Exportation.

1870. . . 9.986 tonnes de blé »

Il faut estimer à deux millions d’hectares les surfaces consacrées au blé, au maïs, au lin, à la luzerne. La vigne occupe déjcà, dans certaines régions, quelques milliers d’hectares. Quant à la culture de la canne à sucre, encore en préparation, qui, en 1876, existait à peine, elle alimente trente-sept usines de premier ordre, auLour de la ville de Tucuman, trois autour de celle de Salta, sept autour de celle de Santiago del Estero, trois dans le Chaco, deux dans la Province de Corrientes et quatre dans le Territoire des Missions et fournit à la consommation cent mille tonnes de sucre, soit la moitié de la consommation locale. Il faudrait estimer le capital employé dans ces plantations et ces usines à plus de 100 millions de francs; celui de l’agriculture est considérable , on doit l’estimer à plus de 300 millions de piastres, soit un milliard et demi de

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