‹ La vie et les murs des animaux :Chapitre 13 sur 99 · GROUPE DES POLYPES · texte numérisé non relu

GROUPE DES POLYPES

Avec les Polypes nous sortons du domaine des infiniment petits, pour entrer dans le monde visible. A côté des Infusoires, les Polypes, qui ont quelques centimètres de long, sont de hauts et puissants personnages.

La science a fait de nos jours de grands progrès dans l’exacte connaissance deces êtres singuliers. Beaucoup de préjugés scientifiques ont été dissipés, beaucoup d’erreurs ont été mises en évidence. Les Polypes, tels qu'ils doivent être définis dans l’état actuel de la science, répondent non-seulement aux Polypes proprement dits de Guvier et de Blainville , mais aussi aux Zoophytes acalèphes des mêmes auteurs. On sait aujourd’hui que: certains Polypes engendrent des Méduses ou des Acalèphes, et qu'il existe des Méduses différant à peine de Polypes ordinaires, par les principaux traits de leur structure et les habitudes de leur vie.

Ainsi envisagé, le type des Polypes comprend un grand nombre d'animaux, dont le corps est généralement mou et gélatineux, et dont les divisions principales et similaires, au nombre de plus de deux, sont disposées autour d’un axe fictif, représenté par la partie centrale du corps. Ces divisions du corps ont, par leur ensemble, l'apparence d’un cylindre régulier, d’un cône tronqué, ou d’un disque. Elles sont revêtues d’une peau, qui présente fréquemment des corpuscules calcaires ou siliceux. Cette peau peut même être envahie, ainsi qu’une partie des tissus plus profonds, par un dépôt calcaire, dont la masse, tantôt particulière à chaque individu, tantôt commune à plusieurs, constitue ce que l’on appelle le polypier.

Chez ces animaux le tube digestif est simple, et ne présente point deux orifices distincts. Le même orifice sert à la fois à l’ingestion des aliments et à l’expulsion du résidu de la digestion. C’est une économie de dame nature, avec laquelle il n’y a pas à disputer, et qu’il faut se contenter d’enregistrer, sans autre réflexion.

Dans presque tous les Polypes, les sexes sont séparés : la sénération est sexuelle. Cependant ces mêmes êtres se multiplient aussi par bourgeons, où comme le disent les zoologistes, par gemmation (de gemma, bourgeon).

Les Polypes sont pourvus d'organes des sens. Ils portent presque tous des yeux, grand progrès d'organisation sur les animaux que nous avons décrits jusqu’à ce moment. Leur respiration s'effectue par la peau, autre économie de la nature. L'appareil de la circulation est, chez eux, peu distinct, bien qu'ils aient un fluide nourricier, analogue au sang.

Des cils vibratiles et des organes urticants recouvrent souvent la surface extérieure des Polypes.

Ces quelques traits généraux paraîtront peut-être obscurs et insuffisants à la plupart de nos lecteurs. Des généralités sur des êtres, encore aussi mal connus sont une tâche malaisée. Häâtons-nous de quitter ce terrain difficile. L'étude particulière des divers types qui va suivre, mettra aisément en lumière les traits intéressants de l’histoire de ces animaux.

Le groupe des Polypes se partage en plusieurs classes : celles des Spongiaires, des Alcyonaires ou Cténocères, des Zoanthaires, des Discophores et des Cténophores. Nous exposerons successivement les principaux caractères de chacune de ces classes, en mentionnant les espèces qui nous paraîtront devoir offrir au lecteur un intérêt réel.

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