Ibidem. À
Les Romains de la décadence, qui avaient établi près de la salle de leur festin ce coin ténébreux et secret suffisamment désigné par le nom de vomitorium, ne se doutaient pas qu'ils se plaçaient ainsi au niveau des êtres les plus infimes du règne animal.
La nourriture des Polypes d’eau douce influe sur la couleur
de leur corps, par suite de la ténuité et de la transparence
de leur tissu. La matière rougeûtre des pucerons les rend rougeâtres; les naïs leur donnent une franche couleur rouge; d’autres aliments les rendent verts, d’autres noirs.
« Figurez-vous , dit Frévol, un homme qui deviendrait rouge après avoir mangé des cerises, ou vert après avoir mangé des petits pois !, »
On s’oublie à raconter les merveilles de l’organisation du Polype d’eau douce. Il est temps de terminer ce chapitre en parlant du mode de reproduction de ces êtres singuliers.
Leur multiplication s'opère de trois manières : 1° par des œufs; 2° par des bourgeons, à peu près comme les végétaux ; 3° par la section d’un individu, lequel, coupé en un ou plusieurs segments, reproduit autant d'individus semblables.
Nous ne mentionnerons qu’en peu de mots le premier de ces modes de reproduction. Les œufs, d’après Ehrenberg, se développent chez l’'Hydre verte à la base du pied, là où cesse la cavité stomacale. Ils sont portés pendant sept à huit jours, et déterminent par leur chute la mort de l'animal.
Trembley a étudié avec le plus grand soin le mode de développement de l’Hydre verte par bourgeons.
Les bourgeons qui doivent former un jeune Polype, apparaissent à la surface extérieure de son corps, comme ceux d'un végétal. On voit d'abord une petite excroissance, qui ordinairement se termine en pointe. Quelques degrés de développement de plus font perdre au germe la forme conique : il devient à peu près cylindrique. C’est alors que les bras commencent à pousser à l’extrémité antérieure du jeune animal. Le bout postérieur, par lequel il est attaché à sa mère, se rétrécit peu à peu, s’étrangle; si bien qu’il ne paraît tou-