‹ La vie et les murs des animaux :Chapitre 36 sur 99 · vol. in-18, Paris · texte numérisé non relu

vol. in-18, Paris

melons s'élèvent sur les bords et s’allongent en façon de bras. D'autres paraissent et s’allongent aussi. Ce sont les tentacules d'un Polype.

Le jeune Infusoire est devenu un Polype!

Ce polype se multiplie par bourgeons et par stolons, semblable à un fraisier qui jetterait en tous sens des tiges grêèles, couvrant le terrain de proche en proche.

La jeune Méduse vit quelque temps sous cette forme. Puis un des Polypes grandit, et sa forme devient cylindrique. Ce cylindre se partage en dix ou quatorze anneaux superposés. Ces anneaux, d’abord lisses, se festonnent, se divisent en lanières bifurquées. Les lignes intermédiaires se creusent. L'animal ressemble alors à une pile d’assiettes découpées sur les bords. Bientôt chaque anneau frangé agite isolément le bord libre de ses franges. Celles-ci deviennent contractiles. L’anneau s'individualise. Enfin ces êtres annulaires, obscurément vivants, s’isolent..Ils se détachent et se mettent à nager. Dès lors ils n’ont plus qu’à se compléter en modifiant leur forme. De plats, ils deviennent concaves d’un côté et convexes de l’autre. La cavité digestive, les canaux gastro-vasculaires se prononcent. La bouche s’ouvre, les tentacules s’allongent, les cirrhes margineux flottent de plus en plus nombreux.

L'Aurélie, c'est-à-dire la Méduse, apparaît enfin, après toutes ces métamorphoses. Le fils est devenu parfaitement semblable à la mère.

« Ainsi, dit Frédol, des zoophytes sexués se propagent suivant les lois ordinaires ; mais 1ls engendrent des enfants qui ne leur ressemblent pas et qui sont neutres, c’est-à-dire non sexués (agames ). Ceux-ci produisent par bourgeonnement et par fissiparité des individus semblables à eux. Ils peuvent aussi donner des individus sexués ; mais avant l’apparition de ceux-ci, l’animal, qui était simple, se transforme en animal composé et c’est de la désagrégation des éléments de ce dernier que naissent des individus pourvus de sexes, c’est-à-dire les animaux les plus complets.

Ces deux modes de propagation si différents (la seœuelle et la nonsexuelle ) se succèdent d’une manière régulière. Ils constituent ainsi une combinaison qui a reçu le nom de génération alternante, génération dans laquelle , ainsi que nous venons de le dire, les enfants ne ressemblent jamais à leur mère, mais bien à leur grand’'mère !. »

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