ORDRE DES NOCTILUQUES
Avant de passer à l’étude des Infusoires, nous dirons quelques mots de l’ordre des Noctiluques, auquel un genre unique a donné son nom.
La Noctiluque miliaire est un petit animal marin, gros comme la tète d’une épingle, et qui ressemble à un globule de gelée transparente, ou bien encore à une petite perle molle. C’est un des animaux qui contribuent le plus à la phosphorescence de la mer. Nous aurons à parler dans la suite de ce volume, de plusieurs genres d'animaux qui jouent un grand rôle dans les causes de la phosphorescence de la mer. Nous nous contenterons ici de dire quelques mots sur l’organisation de la Noctiluque.
Si l’on examine avec un grossissement assez fort cette perle vivante et lumineuse, on voit qu’elle présente en un point de sa circonférence une légère échancrure, une sorte d’om-
bilic, au centre duquel se trouve la bouche, et d’où part un appendice filiforme, grêle, mobile, qui peut s’allonger et se raccourcir, et qui ressemble à une petite trompe. Autour du corps on voit une enveloppe membraneuse, sous laquelle se logent des expansions filamenteuses très-variables, formant comme une sorte de filet.
« Cette singulière petite créature offre çà et là, dans son intérieur, dit Frédol, des granules (probablement des germes) et des points lumineux. Ceux-ci paraissent et disparaissent avec rapidité : la moindre agitation détermine leur éclat.»
Les Noctiluques sont si abondantes dans nos parages maritimes, c’est-à-dire dans la Manche, l'Océan et la Méditerranée, que dans trente centimètres cubes d’eau de mer, rendue phosphorescente par leur présence, on a pu calculer qu’il en existe vingt-cinq mille !
CLASSE DES INFUKOIRES.
Avec les Infusoires nous rentrons dans le domaine des infiniment pelits.
Les eaux douces et les eaux salées sont peuplées de légions innombrables d’êtres très-mobiles, et dont la dimension est si faible qu’ils ne sont pas appréciables à l'œil nu. Ces infiniment petits sont semés par millions et par milliards dans les abîmes des eaux. La connaissance de ces êtres nous eût échappé, comme elle a échappé aux anciens, sans la découverte du microscope, ce sixième sens de l’homme, selon l’heureuse expression de notre illustre historien et poëte, Michelet.
« Les animalcules infusoires, dit Frédol, sont tellement petits, qu’une gouttelette de liquide en contient plusieurs millions. « Toutesles eaux en présentent, les douces comme les salées, les froides