‹ La vie et les œuvres de Jean-Sébastien BachChapitre 79 sur 122 · JerlKT, Le.iico)!. I, p · texte numérisé non relu

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nisle il fui l'élève le plus cligne de Bach et run des plus remarquables qui lui aient survécu.

ScuNEiDER [Jean), qui étudia avec Bach, d'abord à Cœthen et ensuite à Leipzig, fut un artiste non moins distingué. En 1730, il disputa à Vogler la place d'organiste de l'église Saint-Nicolas et l'emporta. Il possédait sur l'orgue un si beau talent, que, à l'exception de son maître, on n'aurait pu en entendre un meilleur à Leipzig'.

EiNiCKE [George-Frédéric), né en 1710 à Hohlstedt, en Thuringe, où son père était cantor et organiste, se rendit à Leipzig en 1732. 11 assista jusqu'en 1737 aux conférences académiques et reçut les leçons do Bach. Comme compositeur il s'est fait un nom honorable et paraît avoir laissé un bon souvenir dans l'esprit de son maître. Lorsque Bach cessa de vivre, Einicke était cantor à Frankenhausen-.

Une pléiade de talents distingués se groupa autour de Bach vers sa quarantième année, mais ce ne furent pas des Thoinaaiens. Même les disciples qu'il eut plus tard et qui se firent remarquer ne sortirent pas de l'école Saint-Thomas. Cela se conçoit après sa querelle avec Ernesti. Ses meilleurs élèves' furent désormais des étudiants de l'Université qui se sentaient du goût pour la carrière artistique.

Agricola [Jean-Frédéric), né en 1720, à Dobits-

1 . Mizler, Musicjil. BihI., II[, p. .532. 2i Marpurg, Kritische Briefe,\l, p. 461,

-l'\Z Vit ET (EL■VIlE^^ DE J.-S. BACH

cheii, |n'ès Altenboiirg, se fit immatriculer le 29 mai 1~3<S à l'Université de Leipzig, où il étudia la jurisprudence, riiistoire et la phisolophie; il reçut en outre de Bach une solide instruction musicale. Le maître le jugea assez habile pour lui confier le Cembalo (clavecin d'accompagnement) dans la société de musique qu'il dirigeait et même à l'église dans les grandes occasions. La mère d'Agricola était cousine de Handel et entretenait avec lui une correspondance suivie. Bach fît étudier au jeune homme les œuvres de son illustre parent, preuve nouvelle des bons sentiments de Sébastien pour Handel, qui ne lui rendait pas la pareille. Dans l'automne de 1741 Agricola partit pour Berlin, oii bientôt il fut connu comme excellent organiste. Il se consacra aussi à l'opéra et au chant italien. En 1751 il devint compositeur de la cour, puis maître de chapelle du roi après la mort de Graun, en 1759. Il écrivit beaucoup de musique instrumentale et ecclésiastique, mais surtout des opéras. C'est à lui et à Ch.-Ph. -Emmanuel que l'on doit le nécrologe des Bach que Mizler ])ublia en 1754, dans sa ■ Bibliothèque muùcalc. Agricola a aussi donné d'intéressants détails sur son illustre maître dans la Musica mechan'ica organaedl d'Adelung. La traduction qu'il a faite de la méthode de chant de Tosi, avec explications et additions, passe encore aujourd'hui pour un ouvrage classique. Il mourut en 1774.

UoLEs [Jcan-Fr(klévlc), né en 1716 à Steinbach,

VIE ET ŒUVRES DE J.-S. lîACII liO:;

arriva en 1738 à l'Université de Leip/ig. Il avait fait ses études au gyninasium de Schieusingen. En 1755 il devint cantor de la Thomasschule, mais sa direction molle et terne, son penchant pour l'opéra, ne firent pas de lui un successeur bien digne de Bach. Pendant son administration on cessa d'exécuter à Leipzig la musique religieuse de son célèbre prédécesseur, dont il tenait cependant à passer pour le disciple. Il possédait un talent agréable, et déjà du vivant de Sébastien il avait su se faire beaucoup d'amis à Leipzig. Ainsi nous avons vu qu'en 1741 ce fut lui que l'on chargea d'écrire la musique de la cantate exécutée pour l'anniversaire de la fondation de la nouvelle société philharmonique. Nous aurons encore à parler de lui.

HoMiLius (Gottfrled-Augusté), né en 1712, à Rosenthal, frontière de Bohême, venait de terminer ses études avec Bach, en 1742, lorsqu'il devint organiste de l'église Notre-Dame à Dresde. Plus tard on le nomma cantor de l'école de la Croix et directeur de la musique religieuse de cette ville, où il mourut en 1785. Admiré comme organiste, il s'acquit encore de la célébrité avec sa musique vocale pour l'église. Forkel dit quela plus importante en ce genre qui illustra la seconde moitié du xviii'' siècle fut incontestablement celle qui a été exécutée par Homilius.

KiRMBERGER [Jean-Philippe], né en 1721, à Saalfeld, en Thuringe, alla, sur le const.'il do (ierber, de-

mander des leçons^ à Bach, dont il fut l'élève de 1739 à 1741 ; puis il partit pour la Pologne et fut ensuite musicien de la cour de la princesse Amélie de Prusse, à Berlin. Il est mort en cette ville en 1783. Comme compositeur, Kirnberger n'eut point d'importance, mais il se distingua comme didacticien. S'il avait possédé une instruction générale plus solide et un esprit plus systématique, il aurait été, sans contredit, le premier théoricien de son temps.

Si le fait suivant, raconté par la Neue Zeitschrift fur muslk (1838, II, p. 109) est vrai, il est des plus honorables pour Bach et prouve le culte professé par le grand artiste pour son art. Lorsque Kirnberger eut commencé à étudier avec Bach il y mit tant d'ardeur qu'il y gagna la fièvre et fut forcé de garder la chambre pendant dix-huit semaines. Il continua néanmoins de travailler assidûment et son maître, l'ayant su, alla lui donner ses leçons dans sa chambre de malade, pour que Kirnberger ne fût pas obligé de sortir, ce qui aurait aggravé son mal. Kirnberger ayant un jour fait entendre à son maître cju'il ne serait jamais en état de suffisamment reconnaître ses bontés et le mal qu'il se donnait pour l'instruire, Bach lui répondit: « Que parlezvous de gratitude, mon cher Kirnberger? Je suis heureux de voir que vous voulez étudier à fond la musique. Je ne vous demande rien que la promesse de transplanter chez d'autres sujets bien doués, le peu que je vous aurai appris. »

VIE ET UELVKES itE J.-S. liACIl îi!i:i

Il est regrettable que la Neue Zeitschrift n'ait pas donné la source où elle a puisé cettr anerdote si intéressante pour la connaissance du caractère do Bach.

Les élèves qui viennent ensuite ont été connus surtout comme excellents clavecinistes. Ce sont:

Straube {Rudolph) de Trebnitz sur l'Elster, qui, le 27 février 1740, se fit inscrire à l'Université, voyagea en Allemagne dans sa cinquantième année, et alla ensuite en Angleterre;

Trautscuel [Christophe), né à Braunsdorf, en 1721, qui fut immatriculé, le 21 juin 1742, comme étudiant en théologie et en philosophie, bientôt après élève de Bach et connu à Leipzig comme maître de clavecin jusqu'en 17oo, et ensuite à Dresde, où il mourut en 1800, et enfin

GoLDBERG [Jean-Théophile), que l'on croit né à Kœnigsberg. Il était encore très jeune quand le baron de Kayserling l'emmena à Dresde, où il reçut des leçons de clavecin de Friedemann Bach. Plus tard, son protecteur le prit avec lui à Leipzig, afin qu'il pût profiter de l'enseignement du grand Sébastien. Le talent de claveciniste de Goldberg excita l'étonnement et l'admiration générale. C'est pour lui, on l'a vu, que Bach écrivit son superbe air avec trente variations. Il entra enfin au service du comte de Brlihl comme musicien de sa chambre et mourut peu âgé. Son caractère, paraît-il, était fantasque et non sans aiialouie avec celui de Friedemann Bach.

Les derniers élèves de Jean-Sébastien Bach furent Altnikol, Kittel et Muttel.

Altnikol [Jean-Christophe), qui en 1749 devint son gendre, habitait encore Leipzig en 1747, et vint en aide à son maître dans ses exécutions de musique reUgieuse. Lorsque Friedemann eut quitté Dresde, en 1746, Bach tenta de faire nommer Altnikol à sa place, mais il échoua.

En 1747 Altnikol était organiste à Niederwiesa, et en 1748, par l'entremise de son futur beau-père, il obtint la même place à Naumbourg, oii il mourut en 1759.

KiTTEL {Jean-Christian), d'Erfurt, n'avait que dixhuit ans lorsque Bach, chez lequel il demeurait et dont il recevait les leçons, mourut en 1750. De Leipzig il se rendit à Langensalza, et en 1756 il était revenu à Erfurt, où il obtint l'emploi d'organiste de l'église des Frères Prêcheurs. Kittel fut un très habile organiste et un excellent compositeur; il se distingua aussi comme professeur. Il a formé en grande partie les meilleurs organistes de la Thuringe, et en pieux souvenir de son maître il s'est eflbrcé de conserver et de propager ses traditions. A Langelsalza Kittel tenait l'orgue de Saint-Boniface, et était en même temps maître à l'école * des petites filles {Magdlein-Sckulmelster). Son successeur racontait que Kittel n'allait qu'à contre-

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