‹ La vie et les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau;Chapitre 21 sur 58 · Mots rayés illisibles · texte numérisé non relu

Mots rayés illisibles

2. Cette phrase est rayée, mais d'une autre encre que celle de Bernardin, et probablement par Aimé Martin.

ANECDOTES DE SA VIE

immortelle du Cap, dont les fleurs ressembloient a des fraises et les feuilles a des morceaux de drap gris. II la trouva charmante [f. 2] mais je l'avois donnée, et elle n*etoit plus en ma disposition. Comme je le reconduisois $ à travers les Thuilleries, il sentit Todeur du caff*é. Voici^ me dit il, un parfum que faimx beaucoup. Quand on en brûle dans mon escalier, j'ai des voisins qui ferment lenr porte, et moi f ouvre la mienne, — Vous prenés donc du cafFé, lui dis je, puisque vous en aimés Todeur. — Oui^

10 me repondit-il, c'est tout ce que j'aime des choses de luxe : les glaces et le caffé, J'avois aporté une balle de cafFé de l'isle de Bourbon, et j'en avois fait quelques paquets que je distribuois à mes amis. Je lui en envoyai un, le lendemain, avec un billet ou je lui mandois que scachant son

15 goust pour les graines étrangères je le priois d'accepter celles la. Il me repondit par un billet fort poli où il me remercioit de mon attention.

Mais, le jour suivant, j'en reçus un autre d'un ton bien différent. Il me mandoit :

20 Hier Monsieur, f avois du monde chès moi qui m'a empêché d'examiner ce que contenoit le paquet que nous m'avés envoyé, A peine nous nous connaissons, et vous débutes par des cadeaux. C'est rendre notre société trop inégale ; ma fortune ne me permet point d'en faire ; choisisses de reprendre votre caffé ou de

25 ne nous plus voir.

Agrées mes très humbles salutations,

f.f, Rousseau,

Je lui repondis qu'ayant été dans le pays ou croissoLt

^ mais comme je l'avois — 6 dit il, une odeur que — 8 vous aîmes donc — 10 c'est presque tout — 24 reprendre ce que vous m'avés envoyé ou de

c& caSéy la qualité et la quantité de ce présent le rendoit de peu d'importance ; qu'au reste je lui laissois le choix de Falternative qu'il m'avoit donnée. Cette petitte altercation se termina, aux conditions que j'accepterois de sa part 5 une racine de ginzeng et un ouvrage sur Tichtiologie qu'on lui avoit envoyé de Montpellier. Il m'invitta a diner pour le lendemain. Je me rendis chés lui a onze heures du matin. Nous conversâmes jusqu'à midi et demie Alors son épouse mit la nape, il prit une bouteille de vîn,

m et, en la posant sur la table, il me demanda si nous en aurions assès et si faimois à boire. — Combien sommesfious ? lui dis-je ? — Trois, dit-il, vous, ma femme, et moi. — Quand je bois du vin, lui repondis je, et que je suis seul, j'en bois bien une demie bouteille, et fçnibois un peu plus quand je suis avec mes amis. Cela étant y reprit il, nous nen aurons pas assès ; il faut que je descende à la cave. Il en raporta une seconde bouteille. Sa femme servit 2 plats, l'un de petits pâtés, Fautre étoit couvert. Il me dit, en me montrant le pre-

2© mier : voici votre plat, et Vautre est le mien, — Je mange peu de pâtisserie, lui dis je, mais j'espere bien goûter du ¥Otre. — Oh ! me dit il, ils sont communs tous deux. Mais Bien des gens ne se soucient pas de celui là] c'est un mets suisse, un pot pourri de lard de mouton, de légumes et de cha-

3^ faignes. Il se trouva excellent. Ces deux plats furent relevés par des tranches de bœuf en salade, ensuitte par des biscuits et du fromage. Après quoi son épouse ^ servit le cafFé. Je ne vous offre point de liqueur, me dit-il, parce que je

F le rendoient de peu — 3 donnée. Enfin cette — 5 une petite racine — 20 je me soucie peu — 21 bien manger du votre

Page 1