‹ La vieChapitre 109 sur 156 · LU LIE · texte numérisé non relu

LU LIE

Cet or.i^ane (ondaiiiciiUil uxiste chez tous les aniinauv; mais à mesure qu'on s'élève ilaiis la série vivanlo, il vient s'y îijouler des annexes plus ou moins compliciuées, destinées à protéger ou à rendre plus sensible l'appareil audilif.

Chez les animaux supeiieurs el chez riioaime, l'oreille peut être considérée coin me comj)osée de trois parties : l'T oreille cxiernt', comprenant le it(iritli)ii et le conduit auditif; 1° {[oreille moyenne ou caisse du lijmjian; ;i" Vorcille interne ou lahi/rinl/ie.

FiîT. 2i2.

Coupe (le l'oreille.*

Le pavillon est une lame cartilagineuse de forme irrégulière, présentant des replis nombreux et susceptible chez beaucoup d'animaux d'être mise en mouvement par des muscles dits auriculaires, qui n'existent qu'à l'état de vestige chez l'homme.

Le conduit auditif externe est un canal cartilagineux en dehors, osseux en dedans. Il est tapissé par la peau et contient des glandes qui sécrètent un produit visqueux, le cérumen, dont l'efTet est de retenir les corps qui pourraient pénétrer dans son intérieur.

♦ 1) Os temporal. — 2) Rocher. — 3) Apophyse styloî.le. — 4) CaroliJe iiileriie. — b) Pavillon de roreillc.— a) Hélix. — 6) Ai)thélix—c)Aiititragus. — rf) Lobule. —7) Cavité delà coni[iie. — 6) Conduit auditif externe. -- 7) Membrane du tympan. — S) Cavité du tympan. — 9, 10) Trompe d'Eustache. — U) Oreille interne. — n^ Vestibule. — b, c, il) Canaux demi-circulaires. — c) Limaçon.

Après un parcours de 3 centimètres, le conduit auditif externe se termine par la membrane du tympan, qui est tendue, comme la peau d'un tambour, sur une sorte de cadre osseux faisant corps avec l'os temporal. Sa surface externe est légèrement concave par suite de la traction exercée sur sa face interne par la chaîne des osselets.

La membrane du tympan n'a qu'un dixième de millimètre d'épaisseur ; elle est formée de fibres de tissu conjonctif , les unes circulaires, les autres radiaires, riches en vaisseaux, et est tapissée en dehors par un prolongement très-mince de la peau et en dedans par la muqueuse de la c|iisse du tympan, réduite à une couche d'épithélium pavimenteux. *

h' oreille moyenne ou caisse du tympan est une cavité creusée dans le rocher entre le conduit auditif externe, d'où elle reçoit les ondes sonores, et le labyrinthe, auquel elle les transmet. L'orifice qui la fait communiquer avec le conduit auditif externe est fermé par la membrane du tympan; ceux qui la font communiquer avec le labyrinthe, c'est-à-dire la fenêtre ovale et la fenêtre ronde, sont également fermés chacun par une mince membrane.

L'oreille moyenne est traversée, dans toute sa longueur, par une sorte de chaîne formée d'une suite de petits os articulés entre eux par des ligaments et nommés d'après leur forme : le marteau, V enclume. Vos lenticulaire et Vétrier. Cette chaîne se fixe, du côté externe, par le marteau sur la membrane du tympan, dans laquelle la longue apophyse du tympan est enclavée, et du côté interne, par l'étrier sur la membrane fermant la 'fenêtre ovale. Chez les animaux inférieurs, la. chaîne des osselets est remplacée par une tige rigide.

La chaîne des osselets peut être mise en mouvement par plusieurs muscles, sur le nombre desquels les anatomistes ne sont pas d'accord. Le plus important est le muscle interne du marteau, qui va du manche du marteau à la partie cartilagineuse de la trompe d'Eustache et à l'épine du sphénoïde. Il tire en dedans le marteau et, par suite, la membrane du tympan, dont il augmente la convexité intérieure. Les antagonistes qu'on lui décrivait autrefois

I/o LIE.

ne semblent rdv ([ue des ligaments. En raison de son élasticité, la membrane du tympan revient d'elle-mCMne à sa position de repos dès (jue son nuiscle tenseur cesse de se contracter.

L'oreille moyenne se proloni,'e en avant jusque dans la cavité des arrière-narines juir la trom|)e d'iilustaclie, et en arrière, par de> cellules iiummt'cs iiiasfoidicmics , dans toute l'épaisseur de la portion mastoïdienne de l'os temporal. On pense que ces cellules servent à augmenter la cavité du tympan, qui est fort petite, et a

Fig. aw. — Membrane du tympan vue par sa face postérieure et chaîne des osselets*

rendre ainsi moins sensible l'iniluence des variations trop subites de pression de la couche d'air qui y est contenue. Elles sont trèsdéveloppées chez les oiseaux , qui , par suite de' leur élévation rapide dans l'atmosphère, sont exposés à de brusques changements de pression.

La trompe (VEustache va de l'oreille interne à l 'arrière-gorge ; son orifice pharyngien très-évasé est h 7 centimètres derrière l'ouverture antérieure des fosses nasales. Elle sert à établir une communication permanente entre l'air de la caisse du tympan et l'air extérieur, de ftiçon à ce que la pression supportée par les deux

* I, 2) Os temporal. — 3) Trompe d'Eustaclie. — t) Xerf facial. — 5) Corde du tympan. — G, 7, 8) Membrane du tympan. — 9) Marteau. — (0) Enclume. — W) Étrier. — 12) Muscle interne du marteau ou tenseur du tympan.

faces de cette membrane soit égale. En se contractant, le muscle péristaphylin externe rend son orifice béant.

L'oreille interne, nommée aussi labyrinthe en raison de l'extrême complication de sa structure, est formée de trois parties : une moyenne, le vestibule, faisant suite à la caisse du tympan; une antérieure, le limaçon; une postérieure, les canaux demi-circulaires. Ces différentes parties sont tapissées par une portion membraneuse nommée labyrinthe membraneux, dans laquelle se ramifie le nerf auditif.

Fig, 214. — Vestibule et canaux demi-circulaires grossis.

(L'un d'eux a élé ouvert pour montrer son intérieur.)

Le vestibule est une cavité ovoïde creusée dans le rocher. Il est situé, d'une part, entre la caisse du tympan et le conduit auditif intérieur qu'il sépare; de l'autre, entre le limaçon et les canaux demi-circulaires qui s'ouvrent sur ses parois. En arrière et en dehorSj il communique par plusieurs orifices avec les canaux demicirculaires, en avant et en bas avec le limaçon.

Les canaux demi-circulaires sont au nombre de trois ; leur forme est celle que leur nom indique ; ils s'ouvrent par leur orifice dans le vestibule.

CGO

Le liiiKiroii. ainsi iiominc ii cause de sa ressemblance avec la coquille dim liiiianjiK peut èlie considéré comme constilué j^ai' renroulemciit (luii coiie creux: autour d'un cône jjlein. Il forme, par cet em'ouleuieiil, une saillie silu(''e au devant du vestibule entre la caisse du tympan et le conduit auditif interne.

L'intérieur du limaçon est partai^é dans toute sa longueur en deux canaux ou rampes, par une cloison dont la partie tenant à l'axe est osseuse, tandis que sa partie externe est membraneuse. L'un de ces canaux, dit rampe tympanif/ue, ne contient que du liquide. L'autre (raiiipc vcstihuhu'rc) est subdivisé lui-même par

Fig. :JJ5 Fis. 2i6. Fig. 2i7.

Formes diverses de l'intérieur du limaçon chez l'homme.*

(Grandeur naturelle, d'après des moulages pris sur nature par le docteur Auzoux.)

deux membranes en trois autres canaux. Les deux supérieurs ne contiennent encore que du liquide; le troisième renferme un organe important, Voryane de Corti, dont nous dirons plus loin ([uelques mots.

L'oreille externe est, comme nous l'avons dit, tapissée par une portion membraneuse, dont l'ensemble a été désigné sous le nom de labyrinthe membraneux. C'est un ensemble de membranes minces se moulant sur le labyrinthe osseux et sur lesquelles viennent s'épanouir les dernières divisions du nerf auditif. Autour .des membranes qui le constituent, se trouve un liquide qui les sépare des parois osseuses, et dans les cavités qu'elles circonscrivent se trouve aussi un autre liquide qui soutient leurs parois et étale les expansions du nerf auditif. On donne a cette masse lluide le nom de li(jui(le de Cutugno. Elle contient dans certaines parties une

* Le limaron représente une spirale composée d'un tour et demi dans la fig. 245, de deux tours dans la lig. 246, et de trois tours dans la fig. 247.

poussière blanche formée de cristaux microscopiques de carbonate de chaux, dont les usages sont inconnus.

Le limaçon membraneux renferme une portion très-importante — organe de Corti, véritable chaos de cellules, de fibrilles, de plaques et de poils — trop compliquée pour que nous puissions en aborder ici la description * ; mais , pour comprendre son rôle physiologique, il nous suffit de savoir qu'elle présente à sa surface environ 3000 arcades, rangées régulièrement à côté les unes des autres et communiquant avec les terminaisons du nerf acoustique. Helmholtz leur attribue pour fonction de décomposer les sons, quelque compliqués qu'ils soient. Chacune de ces arcades peut être considérée, en effet, ainsi que nous le verrons plus loin, comme un corps élastique accordé pour rendre un son déterminé et qui, de même que les cordes d'un piano, ne vibre spontanément que quand l'air lui apporte un son à l'unisson de celui qu'il peut produire. Chacune transmet ses vibrations aux fibres nerveuses qui lui correspondent.

Le nerf qui préside à l'audition est le nerf auditif. Il pénètre dans l'oreille par le conduit auditif interne, canal osseux étendu de la face postérieure du rocher au vestibule et à la base du limaçon.

A son entrée dans ce conduit, le nerf auditif se partage en deux branches, une antérieure ou cochléenne, qui se termine en une sorte de tourbillon formé par une lame enroulée en spirale; l'autre postérieure ou vestibulaire, qui se distribue dans les diverses parties du labyrinthe membraneux.

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