‹ La vieChapitre 73 sur 156 · I.i: MorVK.MKNT · texte numérisé non relu

I.i: MorVK.MKNT

parvieniii' iui cerveau de l'animal, et une autre seconde a\;iiii (juo le cerveau liansinetle aux. muscles de la (|ueue. par riiitciiiK'diair.' des ne ris , l'excilation nécessaire pour (|irils puissent se mouvoir. L'end)ai'cation dOii a été porté le coup aura donc H secondes pour se soustiaire aux alteinles de l'animal *.

De la lenteur relative do la transmission de l'excitation dans le nerf il ne laudrail p;is inuiiedialenieul conclure qu'elle est complelemenl dillérenle de lelectricité . car l'électricité elle-même chemine l'orl lentement dans les corps mauvais conducteurs. Les expei'iences de M. Gani,'aiii ont prouvé que dans un lil de coton mouillé elle cheminait encore plus leniementque dans les nerfs.

Changements chimiques subis par les muscles pendant leur contraction. Le muscle est principalement com-

"■•• Moyen de déterminer la rapidité de la propagation de l'excitation à travers les nerfs. — Supposons qu'un cjiiudrc recouvert d'une feuille de paj)iur noirci avec du noir de fumce soit mis en rotation autour de son axe par un mouvement d'horlogerie, qui lui imprime une vitesse de'termine'e, soit 1 tour par seconde, et admettons qu'aj'ant touché le cylindre avec un corps quelconque à intervalles très-rapprochés, il s'agisse de déterminer rigoureusement l'intervalle de temps qui a séparé les deux chocs. Les deux marques produites sur le papier noir par le corps qui l'a touché deux fois présentent un certain écartement, car le cylindre a marclié dans l'intervalle des deux contacts. Admettons que cet écartement soit égal au quart de la circonférence du cylindre; comme ce dernier fait 1 tour par seconde, il est évident qu'il s'est écoulé exactement un quart de seconde entre les deux contacts.

Tel est le principe bien simple des instruments qui servent à mesurer des intervalles de temps très-courts. Au mo3'en d'un diapason dont l'extrémité est munie d'une pointe en rapport avec le cylindre noirci dont nous venons de parler, on peut mesurer avec la plus grande précision des intervalles de temps de un dix-millième de seconde. Un diapason vibrant dix mille fois par seconde mis en rapport avec le cylindre tracera sur sa surface une ligne sinueuse ayant à peu près l'aspect d'une série de M dont chaque trait vertical représenterait une vibration. En faisant toucher en même temps le cylindre tournant, d'une part par le diapason, et, de l'autre, par le corps qui doit venir le frapper à intervalles qu'il s'agit de déterminer, il suffira de compter le nombre de vibrations inscrites par le diapason dans l'espace qui sépare les deux tracés produits par ce corps pour transformer cet espace en temps.

Pour mesurer avec cet appareil la rapidité de la transmission de l'excitation à travers les nerfs, "îl suffit de pointer sur le cylindre tournant deux signaux, l'un au moment oii le nerf est excité, l'autre au moment où le muscle obéit à l'excitation; le temps qui s'est écoulé entre les deux phénomènes mesuré comme nous venons de le dire fera connaître la vitesse de transmission. Le premier signal se trace en m.ême temps qu'on fait passer le courant électrique dans le nerf; le second signal est tracé par le muscle lui-même au moyen d'une pointe dont il est muni et qui ne peut venir toucher le cylindre que quand il est raccourci par la contraction.

482 PHYSIOLOUIE HUMAINE.

posé de différentes matières azotées (myosine, acide inosique. créatine, hypoxantliine) , de corps gras et de sels divers, chlorures, phosphates, etc. Le liquide qu'on en retire par expression est coagulable à /i5°.

Les changements chimiques éprouvés par les muscles en se contractant ne sont pas encore complètement connus ; les principales modifications constatées pendant sa contraction sont, d'une part, son changement de réaction : d'alcalin il devient acide et contient alors une notable proportion d'acide sarcolactique , et, d'autre part , l'absorption d'une proportion d'oxygène beaucoup plus considérable qu'à l'élal de repos et l'élimination d'une quantité correspondante d'acide carbonique. On constate facilement cet accroissement de l'échange gazeux en analysant l'air d'une cloche sous laquelle on fait contracter par l'électricité des muscles de grenouille.

D'après plusieurs auteurs , la fibrine du sang serait un des produits de l'usure des muscles ; le sang qui sort d'un muscle serait d'autant plus riche en librine que le muscle aurait plus fonctionné. C'est au sang artériel que la fibre musculaire emprunte son oxygène et aussi les matériaux azotés ou non azotés nécessaires à son entretien. C'est dans le sang veineux que s'accumulent l'acide carbonique et les produits de la désassimilation du muscle. Ces composés ne peuvent être éliminés que pendant le repos de l'organe. Lorsque ce dernier fonctionne trop longtemps sans repos, ils ne sont plus entraînés par le sang à mesure de leur production, s'amassent dans le muscle et produisent cette sensation de fatigue qui résulte toujours d'une contraction trop prolongée et s'accompagne aussi d'une dureté particulière du muscle, due sans doute à la coagulation de la myosine.

On a cru pendant longtemps que l'urée était un des principaux produits de la désassimilation musculaire; mais il est admis généralement aujourd'hui qu'il n'en est pas ainsi , et que l'activité musculaire n'augmente sensiblement ni la quantité d'urée éliminée au dehors, ni même les produits d'oxydation intermédiaires entre la matière azotée et l'urée, tels que la créatine par exemple. C'est surtout principalement , comme nous le verrons plus loin , sur les

iiiaiitMcs non ii/olues (graisses, sucic^ jiinidijii, elc.) que jiortL' la transformation.

Les muscles se eonlractant ([iielque temps dans le vide et dans les gaz inertes, (els que l'azote, il est évident que la présence de l'oxygène n'est pas absolument indispensable à la production de ce phénomène. Il est inliniment prohaJile, du reste, (|ue ce ne sont pas des [)liénomènes d'oxydation ([ui se passent dans la con- Iraclion nuisculaire, mais bien de sinqjjes dédoublements. La provision de principes nutritifs que la libre musculaire contient et que le sang vient incessamment réparer éprouve ainsi une série de transformations régressives qui les ramènent, avec dégagement de force, à l'état de composés de moins en moins complexes. Si le muscle privé du contact du sang ne se contracte bientôt plus, c'est que sa provision de matière nutritive s'épuise rapidement.

Phénomènes électriques et calorifiques dans les muscles en contraction. Le muscle en contraction s'écliaulfe , et une partie de la chaleur qu'il engendre se ti'ansforme en mouvement, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent. Si cependant il y a augmentation de calorique malgré sa transformation partielle en mouvement, et si, par suite, l'exercice ou un travail violent échaullé au lieu de refroidir, cela tient à ce que l'activité de la circulation et l'accroissement de l'absorption de l'oxygène produit })ar l'accélération de la respiration déterminent une production de chaleur supérieure à celle qui se transforme en mouvement. Chez le travailleur inexpérimenté, l'élévation de température est encore accrue pai' les mouvements inutiles des nmscles. La chaleur qui résulte de leur contraction n'étant pas transformée en travail extérieur utile, reste tout entière à l'état de calorique.

La production de la chaleur et aussi de l'électricité , comme nous le verrons plus loin, n'a rien de particulier au muscle. Tous les phénomènes chimiques sont accompagnés de chaleur et d'électricité ; ce qui. au premier abord, pourrait sembler particulier au muscle, c'est uniquement la transformation de chaleur en njouvement. Mais le même phénomène peut s'observer dans des corps complètement soustraits aux lois de la vie. Quand on charge un

muscle d'un poids et qu'on 1 échauffe, il se raccourcit en soulevant le poids, et produit ainsi un travail mécanique. Il en sera de même si, au lieu de fixer le poids à un muscle, on le fixe à l'extrémité d'un fil de caoutchouc.

Les muscles sont le siège de courants électriques, dont il est facile de démontrer l'existence en plaçant un des fils conducteurs du galvanomètre sur la surface de section d'un muscle et l'autre sur sa surface naturelle. La déviation de l'aiguille révèle immédiatement l'existence du courant; on constate ainsi que la surface de section du muscle est électrisée négativement par rapport à sa surface extérieure, qui l'est positivement. On peut même constituer une pile électrique uniquement composée de muscles ; il suffit de superposer plusieurs tronçons de cuisse de grenouille de façon à mettre en présence les surfaces douées d'états électriques opposés. Certains poissons, tels que les torpilles, peuvent développer des courants électriques assez intenses pour produire une commotion violente.

D'après Dubois-Kaymond , l'intensité du courant développé par un nmscle est d'autant plus grande que la puissance contractile de ce muscle est elle-même plus considérable. Le courant des fibres musculaires du cœur dévie fortement l'aiguille ; celui des fibres de l'intestin fort peu.

Les courants électriques qui se manifestent dans les muscles à l'état de repos se modifient pendant la contraction , soit qu'ils changent de direction, soit qu'ils diminuent, soit encore qu'ils disparaissent, points sur lesquels la science n'est pas suffisamment fixée. Les rapports existant entre les phénomènes électriques des muscles et leurs contractions sont encore indéterminés ; jusqu'à un certain point, ces phénomènes doivent être indépendants, car les poisons qui paralysent la contractilité des muscles sont sans effet sur les courants électriques qui les sillonnent.

Le courant électrique musculaire est indépendant du système nerveux. On s'en assure facilement sur les animaux empoisonnés avec le curare, qui jouit de la propriété de paralyser les nerfs moteurs et, par suite, de supprimer complètement leur action. Après leur destruction , les courants électriques persistent.

Li: MOUVKMKXT.

Force développée par les muscles en se contractant.

ix' iriivnil (|uo le imiscle peut développer varie suivant la nature delexcilanl (ju'on lui appli(iue. La force musculaire que peut eni,'enclrer clie/. Ilioninie, en se contractant, un centinièire cari-é de muscle est évaluée à (> ou 7 kilo-r. environ.

Entre la force réelle eni4:endree dans le imiscle et le travail qu'il produit il y a, couinie du reste dans toutes les machines, un écart assez sensd)le. Ouehpie j)arfaites que ces dernières puissent être, elles ne rendent, en ellét, ([u'une partie du travail moteur; le reste est perdu dans les frottements et les diverses résistances de la machine. Dans la machine humaine, les frottements des surfaces articulaires des tendons, contre les surfaces de glissement, etc., consomment une notable partie du travail produit par les muscles.

Le travail ujaximum (jue l'homme puisse fournir équivaut à 200 ou 250,000 kilogrammctres par jour, c'est-à-dire a la force nécessaire pour élever 200 à 250,000 kilogr. h la hauteur de 1 mètre. On admet généralement que la plus grande somme de travail que l'homme puisse produire s'obtient en lui faisant gravir les échelons d'une roue à chevilles. La quantité de travail ainsi fournie est égale à son poids nmltiplié par la hauteur à laquelle il serait arrivé en suivant une ligne verticale pendant toute la durée de son ascension. Elle correspond au chilTre indiqué plus haut, qui équivaut lui-même à l'élévation du poids du corps à la hauteur de 4000 mètres.

En exerçant une traction de bas en haut , le poids étant entre les jambes, l'homme produit le maximum de force dont il est capable pendant un court instant. Elle est suflisante pour soulever un poids de 150 à 200 kilogr.

On évalue la force musculaire de lliomme et des animaux au moyen de (h/namomètres , instruments constitués par un ressort dont l'écartement, mesuré au moyen d'une aiguille en rapport avec lui , correspond à un poids donné.

L'efTort de traction exercé par les deux mains de Ihomme avec cet instrument est de 55 kilogr.; celle exercée par un cheval, de 300 a /lOO kilogr. L'homme pesant environ 65 kilogr. et le cheval 600 , on voit que l'effort exercé par le premier est égal aux

5/6 de son poids , tandis qu'il n'équivaut qu'à la moitié au plus chez le second *.

L'énergie musculaire des petits animaux, comme les insectes , est proportionnellement bien supérieure à celle de l'homme. M. Plateau a constaté qu'un hanneton tirait un poids égal à 23 fois celui de son corps. Quelques-uns, comme la mouche, peuvent porter, en volant, un poids égal au triple de celui de leur corps. La force musculaire que déploient la puce et la sauterelle en sautant est énorme; un homme qui, à proportion égale, posséderait une force pareille, sauterait sans dilïiculté par-dessus la grande pyramide d'Egypte ou franchirait d'un bond la largeur de la Seine.

Lorsqu'un animal est appliqué à vaincre une résistance considérable, à faire ce qu'on nomme un ejfort , ses muscles sont obligés de prendre un point d'appui solide , ce qui nécessite divers mouvements. L'individu qui va faire un effort commence par respirer profondément ; il ferme ensuite instinctivement la glotte et emprisonne ainsi dans sa poitrine une certaine quantité d'air. Sous l'influence delà compression exercée par les muscles expirateurs, la cage thoracique se trouve alors soumise h l'action de deux forces agissant en sens inverse. L'une, la tension de l'air qu'elle contient,

* En expérimentant sur une vingtaine d'ouvriers de clicz un fabricant d'instruments de chirurgie de Paris, M. Lie'gcois est arrivé aux résultats suivants :

Age du sujet.

De 18 k 30 ans De 31 à 40 ans De 41 ù 53 ans

Tirage à deux mains, le corps en arrière

sans

secousse.

Kilo^r.

avec secousse.

Kilogr.

Tirage

par devant la poitrine ,

avec une sangle

sans secousse.

kilogr.

avec secousse.

Kllo;r.

Tirage

par derrière le dos ,

avec une sangle

sans secousse.

Kilogr.

avec secousse.

Kilogr.'

Ces chiffres montrent, entre autres particularités curieuses, qu'une traction avec secousse produit un effort qui est à peu près le triple d'une traction sans secousse. C'est un résultat bon k se rappeler quand on veut réduire une luxation. Un aide dont l'efiort n'équivaut guère à plus de 30 kilogrammes produira un effort équivalent k 90 kilogrammes avec une brusque secousse. Il faut donc éviter ces dernières pour ne pas s'exposer h des accidents.

([ui tend ;i lii |KHisser ;ui dclioi-s ; r;iiiliv, radioii (l(3S muscles e\- |)ii'iileurs , <|ui la repousse eu dedaus. (les r()ic('s se faisnut (''f[ui!il»re. il en résulte (jue la poilciiic reste iiiuuobile et peut alors louriiii" un point d'appui solide au\ muselés ([ui doivent se contracter |)endant toute la durée de lellort.

I.a tension de l'air dans l'intérieur du poumon pendant l'elïbi t a pour (•()ns('(|uenee de repousser e\centri(|uement les parties que !a poitrine contient. Ouand l'eUort est trop violent . il peut en résulter la j)rodnction d'un emphysème pulmonaire. Si une blessure du thorax, se produit [jendant l'eiïbrt , il s'ensuit une hernie pulmonaire. La hernie d'autres organes, tels que les intestins, a travers les divers orifices avec lesfjuels ils sont en contact, sont également quehpiefois la conséquence d'eiïorts un peu énergiques et de la compression des viscères qui en est la suite.

Les organes contenus dans la poitrine étant comprimés par le thorax pendant l'eflort, il en résulte que la circulation du sang dans les capillaires pulmonaires est gênée. Ce liquide s'accumule, par suite, dans le cœur droit et dans les veines de la partie supérieure du tronc, qui se distendent. Si la distension est trop prolongée, elle peut produire unehémorrhagie cérébrale ou pulmonaire. C'est pour cette raison que les moindres elForts doivent être soigneusement évités chez les individus dont la circulation est entravée , ainsi que cela arrive dans les maladies du cœur ou dans celles du [)OU[non notamment.

Mort du muscle. — Rigidité cadavérique. Après la mort, les umscles restent pendant (juelque temps irritables, puis deviennent rigides, et enfin se décomposent.

Chez l'homme mort en pleine santé . la contractilité persiste pendant les 10 à 12 heures qui suivent la mort. Le docteur E. Rousseau raj)porte avoir vu chez une femme guillotinée le cœur battre encore 2G heures après la mort. Clark a observé les contractions de cet organe une heure et demie après la mort chez un pendu. Dans la mort par séjour dans une atmosphère irrespirable, la contractilité dure moins longtemps. Chez l'animal à sang froid elle persiste plus longtemps que chez l'animal à sang chaud.

Le muscle vit donc longtemps après que les autres organes ont cessé de vivre. La mort ne se manifeste pour lui que quand il perd sa contractilité ; alors survient sa rigidité, qui est le véritable signe de sa mort.

La rigidité cadavérique se produit dès que la contractilité a disparu. Elle commence 8 à 20 heures après la mort et débute par les muscles de la mâchoire inférieure. Après eux: viennent ceux des membres inférieurs , puis ceux du cou, et enfin les muscles des membres supérieurs. L'animal devient d'une raideur qu'on a pu comparer à celle d'une planche , et ses articulations ne peuvent être pliées qu'avec de grands efforls. Lorsque ces efforts ont été suffisants pour vaincre leur rigidité, elle ne se reproduit généralement plus.

Chez les animaux fatigués par une longue course, le gibier par exemple , la rigidité cadavérique apparaît très-rapidement après la mort. C'est peut-èlre par suite de la rigidité consécutive à la fatigue que les soldats tués sur le champ de bataille conservent parfois l'attitude qu'ils avaient au moment de la mort. Cet effet a été signalé par plusieurs auteurs, mais je l'ai rarement observé.

On produit facilement la rigidité cadavérique chez un animal vivant, en empêchant le sang d'arriver aux membres. Une température élevée la produit également: dans un bain à 50° elle apparaît presque immédiatement. Elle est indépendante du système nerveux, car elle se manifeste dans les membres paralysés ou dans ceux dont on a coupé le nerf.

La cause de la rigidité musculaire paraît être la coagulation des principes semi-licjuides que les muscles contiennent. De transparente qu'était la fibre musculaire pendant la vie, elle devient trouble et opaque; son contenu se solidifie, et d'alcaline sa réaction devient acide. C'est en coagulant ces parties liquides qu'agit la température sur la production de la rigidité cadavérique.

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