‹ La vieChapitre 95 sur 156 · ORGANES DE LA PRODUCTION DES SONS · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA PRODUCTION DES SONS

Larynx. Le larynx est situé à la partie antérieure et supérieure du cou, en avant de la colonne vertébrale , dont il est séparé par le pharynx, et au-dessous de l'os hyoïde, auquel il est fixé par la membrane thyro-hyoïdienne et dont il suit les mouvements. Sa

LA VOIX ET LA PAIiOLK. 555

j);ulio inlcrieurc se continue avec la trachée-artère; sa partie supériemv peut ôtre fennée par rabaissement d'une sorte de couvercle nommé (•piylollc. Quand il est ainsi fermé à sa partie supérieure, les aliments (pii se dirigent vers le pharynx ne sont pas exposés à tomber dans sa cavité.

Lediamèlre vertical du larynx est de /i/i millimètres, son diamètre transversal de /i3, son diamètre antéro-postérieur de 36.

Le larynx est constitué par une charpente cartilagineuse dont les diverses parties sont reliées par des ligaments et mises en mouvement par plusieurs muscles. Sa cavité est, comme celle des autres organes internes, tapissée d'une muqueuse sujette à diverses inflammations, qui ont pour résultat de gêner la respiration et d'altérer profondément la voix quand elles siègent au niveau des cordes vocales. Ses cartilages, mobiles les uns sur les autres, peuvent être déplacés par les muscles, et ces déplacements ont pour effet de tendre les parties nommées cordes vocales qui s'y insèrent.

Parmi les cartilages du larynx, trois: le cartilage cricoide, le cartilage thyroïde et Vépiglotte, sont iiiipairs; deux, les cartilages aryténoïdes, sont doubles. Ces cartilages sont reliés par divers ligaments , qu'on peut considérer comme des dépendances d'une membrane élastique qui double la face interne de la muqueuse.

Le cartilage cricoide (de ^çixoç, anneau) forme la base du larynx. Il soutient les cartilages thyroïde et aryténoïde, et est supporté lui-même par la trachée, à laquelle il est rattaché par un ligament.

Le cartilage thyroïde (de d-voeoç, bouclier) est formé de deux lames quadrangulaires, qui se réunissent à angle droit, par leur bord antérieur, sur la ligne médiane, en formant une saillie nommée pomme d'Adam. C'est dans l'angle rentrant qui se trouve derrière cette saillie sur la ligne médiane que s'insèrent le sommet de l'épiglotte et une portion des cordes vocales.

Le cartilage thyroïde est relié à l'os hyoïde par une membrane fibreuse, la membrane thyro-hyoïdienne. Ses bords antérieurs se prolongent latéralement en saillies superposées, nommées ^rant/e corne et petite corne. La grande corne s'articule avec l'os hyoïde.

Les cartilages aryténoïdes (de aoviaiva, entonnoir) sont situés à

la partie postérieure du cartilage cricoïde. Ils ont la forme d'une pyramide triangulaire qui serait placée sur la tête de ce dernier comme un cavalier sur son cheval. C'est à leur surface que s'insère une des extrémités des cordes vocales.

Fig. 207.

Cartilages du larynx.*

(Face antérieure.)

Fig. 208.

Coupe verticale du larynx.**

(Face postérieure.)

Au sommet des cartilages aryténoïdes on trouve deux noyaux carlilagineus. , cariilage.s de Santorini et de Wrisberg.

Vépiglotte (de etci, sur; ylovrig, glotte) est une lame mince, fibro-cartilagineuse , située derrière la base de la langue, en avant de l'orifice supérieur du larynx , sur lequel elle s'applique quand la langue se porte en arrière dans la déglutition. Elle est

* 1) Trachée. — 2) Cartilage cricoïde. — 3) Membrane crico-thyroïdienne. — 4, 4, 5) Cartilage thyroïde.

**1) Os hyoide, — 2) Cartilage thyroïde. — 3) Cartilage cricoïde. — 4) Premier anneau de la trachée. — S) Membrane thyro-hyoïdienne. — 6, 7) Épiglotte. — 8) Cordes vocales supérieures. — 0) Cordes vocales inférieures et muscle lliyro-aryténoïdien. — A, B, C) Cavités supérieure, moyenne et inférieure du larynx.

LA VOIX 1:T la rAli(;LE.

lixéc à rani;l(' leiiliiiiil du cartilage thyroïde au iiioycii d'un lii^anient*.

Les muscles (lu lanju.v sont au iioudjrc de neuf; un seul, IV//7/-

Fig.210.»*

Muscles du larynx.

* {) Cartilage cricoïde. — 2) Portion du cartilage thyroïde coupé. — 3) Épiglotte. — 4) Cartilage aryténoïde, — 5 6 7) Faisceaux du thyro-aryténoidicn.

»*'l) Cartilage cricoïde.- 2) Cartilage thyroïde. -3) Os hyoïde. - 4) Membrane thyro-hyoïdienne. — 5) Membrane hvo-épiglotlique. G) Espace rempli de graisse. - 7) Épiglotte. - 8) Glandes aryténoïdiennes latérales. - 'Jj Cartilage aryténoïde. - (0) Bords de l'épiglotle. - 1 1) Ary-aryténoïdien. — 12) Muscle cricoaryténoïdien latéral.— 13, 14, 13) Faisceaux du thyro-aryténoidien. — 16) Crico-arylénoïdien postérieur. — 1 7, 18) Fibres thyro-épiglottiques cl ary épiglottiqiics, faisceaux musculaires variables, dépendances des muscles précédents.

* A l'ëtat normal, l'epiglotte est toujours verticale, et, d'après le docteur Duncan Gibb, son affaissement ferait obstacle à la longe'vité au delà de 70 ans. Chez toutes les personnes très-âgées, l'e'piglotte serait constamment verticale. C'est chez les juifs, d'après le même auteur, que l'affaissement de l'epiglotte se rencontrerait le plus souvent. Chez les individus de cette race, la longévité serait fort rare, et les congestions du poumon, du cerveau et du cœur fréquentes.

ténoïdten, est impair. Ces muscles, qui portent les noms des parties auxquelles ils s'insèrent, ont pour but la dilatation et la constriction de la glotte , c'est-à-dire l'écartement ou le rapprochement des cordes vocales. Tous, sauf le crico-thyroïdien, ont une de leurs insertions sur le cartilage aryténoïde, auquel sont fixées les cordes vocales. Tous sont constricteurs, à l'exception du crico-aryténoïdien postérieur, qui écarte les cordes vocales, et, par suite, est dilatateur.

Le crico-thyroïdien, muscle placé à la partie antérieure du larynx , va de la partie antérieure et externe du cartilage cricoïde sur les côtés de la ligne médiane au bord inférieur du cartilage thyroïde.

Vary-aryténoïdien ou aryténoïdien postérieur, placé à la partie postérieure du larynx, s'étend des bords d'un cartilage aryténoïde a l'autre.

Le crico-aryténoïdien postérieur et le crico-aryténdidien latéral vont du cartilage cricoïde au cartilage aryténoïde.

Le thyro-aryténoïdien , situé sur les parties latérales du larynx, va de l'angle rentrant du cartilage thyroïde au bord externe du cartilage aryténoïde. Il est compris dans l'épaisseur de la corde vocale inférieure.

L'orifice supérieur du larynx a chez le cadavre la forme d'un V dont la pointe serait en avant, par suite de la tendance qu'ont les cordes vocales à s'écarter; mais chez le vivant cette forme peut éprouver des modifications nombreuses.

La cavité du larynx est bornée par des replis musculo-membraneux, auxquels on a donné le nom de cordes vocales, et qui vont de l'espace compris entre l'angle rentrant du cartilage thyroïde à la partie antérieure des cartilages aryténoïdes. Il y en a quatre, deux de chaque côté. Les deux cordes vocales supérieures (une à droite, l'autre à gauche) sont formées par un simple repli de la muqueuse et par les ligaments thyro-aryténoïdiens supérieurs. La cavité située au-dessous se continue avec la trachée.

Les deux cordes vocales inférieures sont constituées par le faisceau interne du muscle thyro-aryténoïdien et la muqueuse qui le recouvre. Ce sont des reliefs de la surface interne du larynx plutôt

LA VOIX i: r LA l'A ROLE.

(lue (ks replis; |);ir leur forme et leur structure ils ne méritent en aucune ra(,'on le nom de cordes.

Les cordes vocales représentent deu\ lrianjL,'les superposés quand on regarde le larynx par sa lace su])érieure. L'espace compris entre les deux cordes vocales inférieures a reçu le nom de glotte. L'espace compris entre les cordes vocales supérieures et inférieures

Fig. 211. — Vue du larynx au laryngoscope

(pendant l'émission de sons aigus).*

du même côté a reçu le nom de ventricule du larynx ou ventricule de Morgayni.

La glotte est la partie la plus étroite du larynx; aussi peut-on l'apercevoir à travers l'orifice supérieur de cet organe et l'intervalle des cordes vocales supérieures avec un miroir con\ enablement placé dans la bouche et éclairé, soit par la lumière solaire, soit par la lumière artificielle. Cet appareil, nommé laryngoscope^ imaginé par le musicien Garcia et perfectionné par le physiologiste Gzer- • mack, rend les plus utiles services dans le traitement des affections du larynx.

L'extrême étroitesse de la glotte, qui n'a guère que 1 millimètre d'ouverture, nous explique la facilité avec laquelle le larynx s'obtrue par les fausses membranes du croup, et la nécessité d'ouvrir la trachée pour permettre à l'air de pénétrer dans la poitrine. Elle nous fait aussi comprendre le danger du gonflement œdémateux de

* <, 2) Base de la langue. — 3) Épiglotle. — 4) Bourrelet de l'épiglotte. — B, 6) Pharynx. — 7) Cartilages aryténoïdes. — S) Intervalle compris entre les cordes vocales inférieures. — 9) Replis ary-épiglottiques. — 10) Cartilages de Santorini. — H) Cartilages de Wrisberg. — 12J Cordes vocales supérieures. — 13) Cordes vocales inférieures.

la muqueuse du larynx au niveau des cordes vocales inférieures. Ce gonflement, qui est assez rare, en raison de l'adhérence de la muqueuse aux parties sous-jacentes, se manifeste cependant quelquefois, notamment dans l'affection nommée œdème de la glotte, et le malade peut être asphyxié en quelques minutes si on ne s'empresse de lui porter secours en ouvrant la trachée. L'expiration est souvent encore normale alors que l'inspiration devient presque im-

Fig. 212. — Serfs et vaisseaux du, larynx.*

possible, parce que les bourrelets que forme la muqueuse soulevée tendent à obstruer le larynx en se précipitant dans sa cavité lorsque le vide se fait dans les poumons pour l'introduction de l'air. Le larynx reçoit des vaisseaux importants, branches des artères

* 1) Orifice postérieur des fosses nasales. — 2) Pharynx, ouvert el écarté avec des crochets. — 3) Luette. — 4) Base de la langue. — 5) Épiglotte. — 6) Cartilage aryténoïde. — 7) Muscle ary-aryténoîdien. — 8) Muscle crico-aryténoïdien postérieur, — 9) Artère thyroïdienne inférieure. — 10) Nerf récurrent. Au-dessus de la ligne 6 on voit la terminaison du nerf laryngé supérieur.

LA VOIX ET LA l'AIiOLE.

jGI

laryngées venues de l;i lli\ loidionne suiK'rieui'e. Le sang qui en sorlsejelle dans les veines lai^ngc-es, qui !<> conduisent à la veine jugulaire interne. Il rcvjit aussi des nerls, nommés lari/nf/rs supérieur et inférieur ou récurrenl , nés du pneunjo-gastri(|ue.

Page 1