Expliquez-moi donc en combien
DE manières on peut DIRE QUE JÉSUS- ChRIST est « NOTRE VIE ».
1° On peut dire que Jésus-Christ est
notre vie comme un souverain, comme un législateur est la vie de son peuple ou de son pays. Par l'influence de son gouvernement, par la sagesse de ses lois, ce souverain, ce législateur établit, organise, maintient l'ordre, la paix et la prospérité au sein d'une nation... Il en est la vie, moralement parlant.
De même, par la morale évangélique (p. e. relèvement des classes pauvres, réhabilitation de la femme et du mariage), par la sainteté des mœurs, Jésus-Christ a révolutionné le monde et II le fait vivre heureux, à proportion que le monde veut bien accepter sa loi. Dans ce sens, Jésus- Christ est sa vie, moralement, par métaphore.
2° Une âme fervente peut dire que Jésus-Chirst est sa vie, parce que Jésus- Christ est l'objet préféré de ses pensées, de ses affections ; parce que le désir de plaire en tout à Jésus-Christ est le motif déterminant de toutes ses actions. C'est ainsi qu'une mère dit de son enfant : « Cet enfant est ma vie», ou réciproquement.
Entendue dans ce sens, l'expression n'a
encore qu'une valeur métaphorique : c'est parler par figure, au sens moral du mot.
30 Nous devons vivre de la vie de Jésus- Christ, dit-on encore souvent pour recommander l'imitation de Jésus-Christ. Etudiez Jésus-Christ dans l'Evangile, voyez comment il parle, pense, agit ; quels sont ses goûts, ses manières et ses mœurs ; et vivez de sa vie, c'est-à-dire reproduisez sa vie, ses manières d'être et de faire, dans votre manière d'être et de faire, dans tout votre extérieur. Vous finirez par être une copie vivante de Jésus-Christ.
C'est encore parler au figuré, car l'imitation ainsi comprise et pratiquée ne va pas plus loin qu'une ressemblance morale, par conformité de pensées, de sentiments et de conduite.
40 Tout autre est la portée de cette expression « l'âme en possession de la grâce vit de la vie de Jésus-Christ », dans le langage théologique.
Quand un théologien formule cette idée, il entend que ses expressions soient prises au sens réel et non pas au figuré ; « toute âme en grâce vit de la vie de Jésus-Christ»,
c'est une vérité rigoureusement exacte ; ce n'est pas une métaphore. C'est vrai, c'est à prendre au pied de la lettre et non pas d'une façon purement morale. Entendre cette expression' au sens purement figuré, ce serait «protestantiser», c'est-à-dire faire comme les protestants qui ne donnent aux paroles de la consécration qu'un sens métaphorique ou figuratif : Ceci est le souvenir, l'image de mon corps.