XI. — De L'oBÉISSA^XE
I. M'habituer, par des actes intérieurs de plus en plus fréquents, intenses (oraisons jaculatoires, réflexions courtes mais bien choisies), à reconnaître la voix de Notre-Seigneur et l'expression de sa volonté — dans le son de la cloche, — dans les moindres prescriptions de la règle ou de l'usage, dans la parole du Supérieur quel qu'il soit, plus ou moins élevé en grade, plus ou moins sympathique ; m' exercer en tout acte d'obéissance, — agréable ou pénible à la nature, — à me complaire pu-
rement dans la très sainte et très aimable volonté de Dieu comme on fait au ciel, Sicut in cœlo.
2. Exécution. — (Promptitude). N'arriver en retard à aucun exercice, et, pour cela, me tenir prêt à obéir au premier son de cloche — sans même achever d'écrire la lettre que j'aurais commencée; — faire ce qui m'a été commandé dans le temps voulu, au jour, à l'heure fixée; — avertira temps qui de droit de l'impossibilité où je me trouve d'exécuter un ordre donné, de remplir mon office; — par étourderie, par oubli, ne pas me faire répéter les mêmes choses ; — ce que je puis faire sur-lechamp, le faire au plus tôt, sans renvoyer.
3. (Intégrité). Ne rien omettre de ce qui m'est prescrit par office, ne rien changer aux dispositions de l'obéissance, sans que le Supérieur ne le sache et n'y consente ; — me bien acquitter surtout de ce que le Supérieur ne doit pas contrôler ; — remplir consciencieusement tout monde voir jusqu'au dernier jour, jusqu'à la dernière minute.
4. (Force). Sous aucun prétexte, — de plus grande facilité, de fatigue, d'ennui, — ne me dispenser d'aucun point de l'obéissance, que le Supérieur ne m'y autorise. — Ne pas m'excuser devant les remarques désagréables ou les reproches ; — en remercier le Supérieur, et montrer par toutes mes manières, que j'en suis bien aise.
5. Volonté. — Chercher à donner à tous mes actes d'obéissance ce caractère de joie, d'entrain, qu'inspire l'amour de la chose commandée, le zèle pour le bon plaisir de Dieu ; — m' offrir de bonne grâce pour ce que je crois être agréable au Supérieur.
6. Intelligence. — Éviter toute demande d'exphcation qui ressemblerait à une objection ; — ne présenter d'observation au Supérieur qu'après avoir prié et m'être mis dans l'indifférence ; — montrer toujours, dans mes paroles, beaucoup d'estime pour tout ce qui vient des Supérieurs, sans me rendre comphce d'aucune critique directe ou indirecte ; — éviter de jamais parler àd'autres qu'au Supérieur des inconvénients d'un règlement, d'une mesure ; —
jn'interdire toute conjecture sur ce que les Supérieurs doivent faire à mon sujet, ou au sujet des autres.