I. Ps., XXXVI
tout le reste me laisse indifférent* : la santé comme la maladie, la vie comme la mort, le bien-être de l'aisance comme les privations de la pauvreté, l'estime et la considération comme l'obscurité et l'oubli. Que j'aille, moi aussi, comme il est écrit, dans les décrets éternels, dans les desseins
I. L'« indifférence » de saint Ignace n'est pas du tout synonyme d'insensibilité. C'est tout simplement une disposition de la volcfnté libre, en vertu de laquelle nous nous tenons prêts à faire ou à accepter toutes les volontés de Dieu. Rien n'empêche d'ailleurs que nous demandions à Dieu de nous accorder telle faveur même temporelle pour laquelle nous avons un attrait particulier, ou d'éloigner telle épreuve qui nous inspire une répugnance insurmontable. Pourvu que le dernier mot reste toujours à la volonté de Dieu, quoi qu'il en soit de nos attraits ou de nos répugnances, nous pouvons chanter victoire.
Ainsi fait Notre-Seigneur dans son oraison à Gethsémani. Il est le plus parfait modèle de l'indifférence tant prônée par saint Ignace.
Au fond, r« indifférence » de saint Ignace ne diffère guère de r« indépendance » de saint François de Sales, laquelle consiste à se mettre au-dessus de tout pour accomplir toute volonté de Dieu, comme si on n'éprouvait ni attrait ni répugnance en sens contraire.
actuels de Dieu sur moi et que je passe « en faisant le bien ))^, sans doute en « faisant bien toutes choses » -, les grandes et les petites ; mais enfin que « je passe à travers tout w^, à travers les hommes, à travers les créatures, ce qu'elles disent, ce qu'elles pensent, ce qu'elles font, ce qu'elles sont, ce qu'elles ne sont pas et qu'elles devaient être, ce qu'elles ne font pas et qu'elles devraient faire ; à travers les événements plus ou moins fâcheux, plus ou moins agréables, sans m' arrêter à rien, m'attarder, sans m'attacher à rien, sans m'étonner de rien, sans m' affecter de rien, sans me soucier de rien que du bon plaisir actuel de Dieu sur moi. car c'est pour moi le « souverain bien », c'est « l'unique nécessaire* ! »
Et qu'en conséquence de cet amour pour 'la Volonté actuelle de Dieu sur moi, ô Verbe de Dieu, bien-aimé Jésus, rien de ce qui pourrait m'ennuyer ou me dépiter,