‹ La vie interieureChapitre 83 sur 91 · I. Quel est leur caractère · texte numérisé non relu

I. Quel est leur caractère

Le propre du Bon Esprit est de donner aux âmes du courage et des forces, de les consoler, de leur faire répandre des larmes, de leur envoyer de bonnes inspirations, de les établir dans le calme, leur facilitant la voie, levant devant elles tous les obstacles, afin qu'elles avancent de plus en plus dans le bien. (i. 2.)*

C'est le propre de Dieu et des Anges, lorsqu'ils agissent dans une âme, d'en bannir le trouble et la tristesse que l'ennemi s'efforce d'y introduire, et d'y répandre la véritable allégresse, la vraie j oie spirituelle (11, 1.) et toute espèce de consolation.

J'appelle consolation un mouvement intérieur qui est excité dans l'âme, par lequel elle commence à s'enflammer dans l'amour de son Créateur et Seigneur et en

I. De ces chiffres entre crochets le premier nous reporte à la " Semaine ", le second nous reporte à la règle de la Semaine indiquée.

vient à ne savoir plus aimer aucun objet créé sur la terre, pour lui-même, mais uniquement le Créateur de toutes choses.

La consolation fait encore répandre des larmes qui portent à l'amour de son Seigneur l'âme touchée du regret de ses péchés ou de la Passion de Jésus-Christ Notre-Seigneur ou de toute autre considération qui se rapporte directement à son service et à sa louange.

Enfin, j'appelle consolation, toute augmentation d'espérance, ou de foi et de charité et toute joie intérieure qui appelle et attire l'âme aux choses célestes et au soin de son salut, la tranquillisant et la pacifiant dans son Créateur et Seigneur, (i, 3.)

Il appartient à Dieu seul de donner de la consolation à l'âme sans cause précédente parce qu'il n'appartient qu'au Créateur d'entrer dans l'âme, d'en sortir et d'y exciter des mouvements intérieurs qui l'attirent tout entière à l'amour de sa divine Majesté. Je dis sans cause précédente, c'est-à-dire sans aucun sentiment précédent ou connaissance préalable d'au-

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cun objet qui ait pu faire naître cette consolation, au moyen des actes de l'entendement et de la volonté. (11, 2.)

Par nature, le Bon Esprit est bienveillant, bienfaisant, c'est seulement par accident, quand notre bien l'exige, à cause de nos écarts, ou des dangers que nous courons, qu'il se montre dur, sévère, rigoureux.

Le propre du Mauvais Esprit est de causer aux âmes de la tristesse et des tourments de conscience, d'élever devant elles des obstacles, de les troubler par des raisonnements faux, par toute espèce de désolation, afin d'arrêter leurs progrès dans le chemin de la vertu. (11, i.)

J'appelle désolation le contraire de ce qui a été dit dans la troisième règle : les ténèbres et le trouble de l'âme, l'inclination aux choses basses et terrestres, les diverses agitations et tentations qui la portent à la défiance et la laissent sans espérance et sans amour, triste, tiède paresseuse et comme séparée de son Créateur et Seigneur. Car, comme la consolation est opposée à la désolation, les pensées que produit Tune sont nécessairement

contraires à celles qui naissent de l'autre, (i, 4.)

C'est le propre de l'ennemi de combattre la joie, la consolation intérieure par des raisons apparentes, des subtilités et de continuelles illusions. (11, i.)

Par nature, le mauvais Esprit est haineux, malfaisant ; c'est seulement par accident, quand par là il espère nous perdre, qu'il se montre ami, quil nous flatte, nous promet le bonheur.

Satan horrible, terrible (leo rugiens), astucieux (serpens cdXVLàiox), séducteur, (i, 13.)

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