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LA NEOMENIE ' Pn»TC a la lune I
tion de tous ceux qui vous connaissent, afin que nous puissions dire avec orgueil : « Ces deux filles sont mes filles, nous les avons « élevées, nous leur avons donné cette éducation qui a porté ces « heureux fruits. »
« Soyez fidèles et modestes avec vos supérieurs, obéissantes, mais sans obséquiosité.
« Soyez affables, d'humeur toujours égale, d'une noble fierté à l'égard de toutes les autres personnes ; toujours d'un bon courage, toujours d'une modestie exemplaire, honnêtes et serviables envers tout le monde.
« Que votre santé soit sans cesse l'objet de vos soins, soyez toujours attentives aux règles de l'hygiène.
<( Que le temps vous soit toujours bien cher : employez-le avarement; profitez de tous les moments de loisir pour perfectionner les connaissances que vous avez déjà acquises, et pour en acquérir de nouvelles. Vous savez apprécier l'instruction : cherchez avec avidité (elle est noble, cette avidité) à l'augmenter en vous. »
Voilà les conseils que le bonhomme Anselme donnait à ses enfants, et qu'ils ont pieusement suivis. Voilà ce que pensait un Juif français de la vieille roche.
Mais, diront quelques lecteurs qui jugent du judaïsme d'après les romans à la mode, il n'est question, là-dedans, ni de haute banque, ni de finances, ni de commerce, ni de toilettes, ni de stratégie mondaine pour se faire accepter dans les salons. On n'y parle que d'honneur, de patriotisme, de vie de famille naïve, simple et modeste ; on n'y voit que pauvi^es gens d'Alsace, des soldats, des demi-laboureurs, des petits employés, des petits marchands, des ouvriers, des instituteurs : pas un financier, pas même un marchand de lorgnettes ! On y voit de gros garçons, bons vivants, beaux buveurs, ne dédaignant pas la gaudriole; on voit, dans cette vie juive, des ascètes et des mendiants, des travailleurs et des gens à la fois très
humbles et très fiers, et pas un millionnaire ! Que voulez-vous que
j'y fasse? Je ne puis raconter que ce que j'ai vu, du temps que mon père me parlait de mon grand-père, le volontaire national de Verdun. Je ne puis pas, pour faire plaisir aux romanciers, gratter du tombeau de mon père les armoiries trente fois séculaires, les deux mains adigitées qui sont au blason de ma famille, ni effacer Tèpitaphe qu'un savant illustre a écrite au-dessous :