II. La contractitité, par laquelle il ré
l'altraclion ;
III. Lalocomolililé, par laquelle il se mar indépendant du milieu;
IV. L'intelligence, par laquelle il dévie leur d'actes dont le clioix et la sponlani appartiennent.
Fin caractéristique : InslabHUé, ondu évolution, mort.
Eh bien! Messieui'î, n'est-il pas é que ios lois physico-chimiques, en raisc quelles )a matière tend à l'équilibre e cristallisation, ne sauraient expliquer It nomènes vitaux, dont la fin caractérisq l'instabilité, l'ondulation, l'évolution, suite desquelles les organismes résis l'attraction, surmontent la pesanteur e gent ou modifient l'artmité chimique?
Je dis que la vie modifie rùftinité < que, car il est une foule de composés niques, dont nous n'aurions aucune i nous ne les avions trouvés dans les ôl: vants; bien plus, une foule de corps niques et inor(çaniques prennent nais sous la direction de la volonté et de l'i gence des chimistes et n'auraient jamai:
sans leur intervention. 0(i existe nati
u VIE* ti:^
ment Toxygène pur? Le chlore, le potassium, une foule de métalloïdes et de métaux, où sont-ils? Où est le perchlorure de phosphore, etc., etc. , si ce n'est dans le laboratoire du chimiste? Et les albuminoïdes, les ferments, où sont-ils, si ce n'est dans le laboratoire vivant? La cellule, enfin! si ce n'est dans le laboratoire vivant ?
L'affinité produit des composés stables ; l'atfinité modifiée par la vie produit des combinaisons instables. L'abîme est entre la stabilité des corps inorganiques et l'instabilité des corps organisés vivants.
Les physiologistes que je combats objectent que les fonctions des organes des sens, la production de la chaleur animale, celle du mouvement, la digestion, la respiration, la circulation, ne sont que des applications spéciales de la physique et de la chimie. Ils ont raison quant aux phénomènes par lesquels l'organisme entre en relations avec le monde extérieur , mais point du tout quant aux fonctions qu'il accomplit. Ainsi il est vrai que la lumière est réfractée dans les milieux transparents de l'œil, comme dans un appareil de physique d'une perfection merveilleuse (un appareil qui se répare lui-même, assure luimême son achromatisme, et s'accommode aux distances, comme une lunette qui ?* rétrécirait, s'allongeraitet se raccourcirait d'elleinèine, selon que les objets éclairés seraient plus ou moins éloignés); mais il s'agirait de
savoir en vertu de quelle loi de la physique le fond de cette chambre noire, tapissé par une expansion du nerf optique, transmet la vibration lumineuse, et comment cette vibration va se transformer en une sensation particulière : la vue. Jusqu'à présent, aucun phénomène physique n'offre une analogie, même éloignée, avec cette transmission, à travers un double cordon opaque, d'une double image renversée, devenant droite et unique dans un récepteur, et une sensation est restée absolument en dehors des phénomènes que les lois de la physique générale peuvent expliquer.
Les cinq sens donneraient lieu à des observations analogues. Je suis donc en droit d'affirmer que c'est abuser de la méthode expérimentale, que c'est avancer une hypothèse téméraire, que de prétendre expliquer les fonctions sensoriales tout entières par les lois physiques, en alléguant qu'on en a pu constater l'application partielle dans les rapports de l'organisme avec le monde extérieur.
Quant à la chaleur animale, qu'on veut faire rentrer dans les lois physiques, parce qu'elle est due à une véritable combustion, totale ou partielle de matières hydro -carbonées avec production d'eau et d'acide carbonique, il me serait facile de démontrer que les plus habiles chimistes n'ont jamais rien réalisé qui approchât du procédé de la combustion organique. Dans l'organisme, le foyer est un liquide vivant, un organe, le sang : la
fonction de ce liquide est multiple ; d'abord, il absorbe à travers les parois membraneuses d'un appareil hydraulique^ dans lequel il circule et dont il gouverne les mouvements, f oxygène amené par un soufflet ventilateur ; c'est en lui-même que s'opère la combustion productrice de chaleur, d'acide carbonique, d'eau, etc. ; ce liquide est en môme temps chargé d'aller renouveler sa provision de combustible dans les parois du tube digestif, dans le foie, et encore dans tous les organes, dont il dissout les vieux matériaux en môme temps c^u'il leur cède des matériaux reconstitutifs ; il reçoit aussi des matériaux neufs par un canal particulier (le canal thoracique) ; de plus, il élimine par le foie, par l'intestin, par les les reins, par la peau, etc., les substances dont l'organisme doit être débarrassé; enfin, à travers les membranes même du ventilateur qui lui apporte l'oxygène, il laisse passer l'acide carbonique et l'eau, résidus de la combustion opérée dans son sein.
Et voilà ce qu'il faut comparer à ce qui se produit dans le foyer d'une locomotive ! En vérité, jamais comparaison plus grossière n'a servi à égarer les esprits; jamais l'enivrement des découvertes, jamais le fétichisme de la matière n'ont aveuglé l'intelligence humaine d'une aussi étrange façon !
Non I jamais les physiciens ni les chimistes n'ont fait aucune expérience dans laquelle on vit les molécules matérielles animées
dans un même milieu de tous ces mouvements coordonnés, se renouvelant incessamment, se pondérant, se dirigeant vers un but commun. Il faut reconnaître dans Torganisraç un principe actif, intelligent, différent de l'attraction et de l'affinité, comme ma main diffère d'une pierre, comme ma parole diffère d'un vain bruit. Ce principe emploie l'attraction, se sert de Taffinité, comme il emploie les molécules matérielles, mais il produit des combinaisons, des mouvements qui ne naîtraient jamais et ne s'entretiendraient pas sans son intervention.
La digestion ! On assure que la digestion n'est qu'une succession de dissolutions produites par des réactifs, dont les chimistes ont révélé aux physiologistes la composition. On produit, en effet, dans des vases la dissolution et i'émulsion des aliments, c'est ce qu'on appelle la digestion artificielle ; les alimenta peuvent alors passer à travers les membranes, en raison de la capillarité et de l'endosmose, comme lorsqu'ils ont subi l'action des dissolvants préparés par l'organisme.
Certes, j'admire, plus que personne, le génie investigateur qui pénètre de plus en plus dans les profondeurs inexplorées de l'organisme et qui découvre les procédés de ses actes; mais on se méprend lorsque l'çn confond les réactions chimiques, dont on a surpris le secret, avec le plan manifestement préconçu et harmonieux qui réalise une opération complexe.
Lk VIE. 27
J'admets, ce qui n'est pas, j*admets qu'on imite l'appareil masticateur, qui divise les aliments, les humecte d'un liquide alcalin, et commence la saccharification des matières amylacées par l'influence d'un ferment particulier, ladiastase salivaire; j'admets, ce qui n'est pas, que par l'influence d'un suc acide, n^êlé d'un autre ferment, la pepsine, on imite la dissolution des matières albuminoïdes ; j'admets, ce qui n'est pas, qu'on achève la saccharification de l'amidon et la dissolution des matières albuminoïdes, et en même temps qu'on produise l'émulsionnement des matières grasses par le suc pancréatique et le suc intestinal alcalips ; mais d'où vient que la sécrétion gastrique s'harmonise avec la nature des corps mis en contact avec les parois de l'estomac ? D'où vient qu'un corps non digestible provoque non pas une sécrétion de suc gastrique, mais une sécrétion de mucus ?
Ce qui est impossible à expliquer par l'imbibition, la capillarité, l'endosmose, l'isomérisme et la combinaison chimique, c'est le plan préconçu, c'est l'ordre intelligent, ce sont les sécrétions successives, alternativement alcalines et acides, coïncidant avec les mouvements et les contacts, c'est en un mot la fonction. Quand le laboratoire de la Faculté des sciences, après avoir reçu un échantillon de guano, en aura lui-même opéré l'analyse en l'absence du chimiste, je commencerai à concevoir que la fonction
Que me parlez-vous que de la chaleur chez me ! Il brûle, en effet, i qu'il travaille que lorsc pour cela, vous vous en la machine humaine à prenez garde : la théoi mécanique de la chale'ar plicable à la contractior collègue M. Paul Dupuy, mons cette modestie qu savant, Ta démontré de cours de publication dans de Paris, Je ne puis qu'il uns de ses arguments :
i^ C'est une question f( de savoir le siège précis d niratoire dpa''»»'**-*^ ^
gne d*aucun abaissement de température (expériences thermo-électriques de Becquerel), ainsi qu'il en devrait être, si Teffort résultait réellement de la transformation du calorique en mouvement ; bien au contraire, elle produit immédiatement de la chaleur (1) ;
3» L'abondance des aliments hydro-carbonés ternaires (graisse, amidon, sucre), éléments principaux de la combustion respiratoire, n'est pas la condition de la puissance musculaire; cette condition, c'est l'abondance des aliments quaternaires azotés (fibrine, albumine).
J'ajoute que la théorie en question délaisse un fait de la plus haute importance : la quantité prodigieuse de force musculaire que l'organisme, même débilité, peut produire sous Finfluence des stimulants purement moraux :
la peur, l'espérance, le dévouement, l'enthousiasme.
D'ailleurs, Claude Bernard a démontré qu'une partie de la calorification sanguine a lieu dans le foie , la température du sang étant notablement plus élevée dans les veines suS'hépatiques émergées du foie , que dans la veine porte qui se ramifie et se capillarise dans cet organe.
En réalité, la locomotive n'est qu'un cadavre de fer, qui se rouille bientôt et se dis-
(1) Elle en produit même un grand excès que l'organisme compense par un surcroit de transpiration , c'eslà-dire d'évaporation aqueuse.
loque, si elle n*est pas animée par un chauffeur et dirigée par un mécanicien. Vous la comparez à la machine humaine, quant à la chaleur qu'elle convertit en force mécanique, mais vous oubliez qu'elle a été construite par w un ingénieur. , I
Votre comparaison sera soutenable quand !
nous verrons naître du conflit de deux loco- j
motives une locomotive nouvelle s'alimen- '
tant, se réparant, se dirigeant elle-même. I
Vous allez jusqu'à prétendre que l'intelli- i gence a son équivalent en charbon, en hy- | drogène, en soufre et en phosphore brûlés j dans le cerveau ; mais je vous demande sur I •quelles expériences vous fondez cet équivalence. Oui, l'activité de l'organe cérébral a pour condition des transformations, des combinaisons chimiques, mais cela ne suffit à la solution du problème. i
Scientifiquement, l'équivalence mécanique j de la chaleur n'a été démontrée que par la || conversion de la chaleur en force mécanique j et de la force mécanique en chaleur. |
Pour essayer de prouver l'équivalence intellectuelle de la combustion des éléments matériels du cerveau, il faudrait de toute nécessité convertir aussi l'intelligence en chaleur, il faudrait enfin que l'interruption subite de l'activité intellectuelle eût une valeur calorifique.
Je me crois donc en droit d'affirmer que la théorie physico-chimique de la vie est une
hypothèse, à peine appuyée par quelques apparences de preuves, et que précisément Técole qui s'attribue le monopole des faits positifs constatés par rexpérience, admet comme démontrée cette hypothèse, contre laquelle s'élèvent l'ensemble des faits biologiques, et se croit en droit de ne point recevoir et de supprimer comme non avenus tous les faits dominateurs, les faits intellectuels et moraux, le seuls fondements de notre vie sociale, de notre dignité, de notre liberté.
Car encore faut-il absolument que l'intelligence soit quelque chose et soit acceptée comme un fait.
Nous en ignorons l'essence, j'y consens, mais elle existe par cela seulement qu'elle est susceptible de plus ou de moins, elle peut être étudiée dans ses facultés, dans ses alTections, dans sa puissance de pénétration, dans ses défaillances qui sont ses propriétés caractéristiques.
Où donc pourrait-elle éclater plus manifestement que dans cet auditoire? Je la vois briller au fond de tous ces yeux ardemment fixés sur moi !
Mais j'ai délaissé jusqu'à présent l'argumentation d'un éminent physiologiste, démontrant l'inanité de l'unité vitale, en raison des expériences du poète Lucrèce, de celles de M. Bert et des siennes propres, lesquelles établissent que les parties séparées d'un végétal ou d'un animal peuvent constituer un
vépétal ou un animal i-implot, r^t que la patte <jii U queue d'un jeune rat gretléâ aous la peau d'un autre rat, continue de s'accroître comme elle l'eût fait si elle n'eût pas subi de transplantation.
En vérité, je reconnais de bonne foi que ces faits n'ont pas d'explication salisEaisantê; il est évident que le principe de vie se propage dans des agrégats moléculaires de plus en plus petits, à mesure que les organismes se simplifient. Il est non moina évident que l'activité vitale se maintient temporairement dans des parties séparées d'un végétal ou d'un animal, lorsque les conditions du milieu sont favorables.
Mais vous n'avez pas remarqué que, selon les lois mécaniques ou physiques, une quantité de mouvement ne se multiplie point, ne s'accroît point par la division : 2 poids de 50 grammes égalent 1 poids de 100 grammes, et n'équivaudront jamais à 2 poids de 100 grammes, à moins qu'une force étrangère, ajoutée à la pesanteur ne double leur vitesse. Il n'en est pas de même pour les êtres vivants : lorsque vous divisez une hydre d'eau douce en diï fragments, chaque fragment contient la vie tout entière et reconstitue bientôt une hydre d'eau douce apte à se reproduire régulièrement; chaque brin depeu- Plier dont vous faites une bouture, reproduit arbre tout entier. Cela seul suffirait pour taire comprendre que le phénomène vital est
d'un autre ordre que le phénomène physi-
3ue, et c'est là précisément ce que j'ai voulu émontrer.
Et ce n'est pas tout : le fait que je suis une personne, une unité indivisible, le fait de la conversion de ma pensée en parole, ma conscience, ma volonté, ma liberté, tout cela ce sont aussi des faits scientifiques, car je les constate d'une manière certaine, et j'y crois comme vous y croyez vous-même à votre insu, et plus fermement qu'à n'importe quelle notion apportée par les sens, puisque pour avoir les sens qui me mettent en rapport avec le objets extérieurs, il faut que je commence par être un centre conscient de perception.
Or, je vous reproche de commettre une généralisation anticipée, lorsque vous concluez à l'inanité de l'unité vitale chez moi, parce que la queue d'un rat ou d'un têtard de grenouille ont continué de vivre après la greffe ou la séparation, ou parce qu'une branche de saule a pu s'enraciner et produire un arbre.
Ma propre jambe séparée de mon corps pourrait continuer de vivre moyennant les injections de sang artériel de Brown-Sequard, que la conscience de mon unité et de toutes les facultés qui font de moi une personne libre et responsable ne serait aucunement détruite. Que ma jambe vive ou meure, je ne ^uis point dédoublé.
Je suis de ma propre unité un irrécusable