‹ La vie, l'évolution, le matérialisme [microforme]Chapitre 13 sur 13 · D, PU · texte numérisé non relu

D, PU

conservant cependant l'embryon, l'empreinte de l'endroit. Le

‘ustacé perd ses pattes, ses jambes quand il devient un parasite se nourrissant de la substance d’un autre être, et n'ayant par conséquent plus besoin de ses organes de loco. motion ; c'est-à-dire que ces membres devenus inutiles, et noû mis en activité deviennent atrorkhiés et finissent ainsi par dépérir après la cessation des fonctions qui leur étaient propres. La poule aujourd’hui animal domestique, a ainsi vu diminuer, déeroître la longueur, l'amplitude de ses ailes depuis qu'apprivoisée par l’homme, elle a cessé d'avoir besoin de leur envergure d'autrefois, à la poursuite de s4 proie et que devenue granivore elle n’en a plus besoin Le homard, comme le font d'autres crustacés, perd sa carapace, la rejette lorsqu'elle devient trop petite pour son corps plns développé.

C’est peut-être aussi le lieu de rappeler ici, que même chez l'animal, comme chez l’homme, son entourage y est pour quelque chose, dans sa manière d’être, de se tenir, de se eomporter. Le cheval de travail a toujours la tête basse—sés facultés sont atrophiés par le va et vient continuels au même train —il a l’air conscient du rôle inférieur qu’il exerce. Chez le cheval du bourgeois, au contraire, dont la circulation du sang est tous les jours activée par le peigne, la brosse, le frottement, le massage, la propreté, les petits soins, la nouwrriture et auquel le cocher fait prendre l'habitude de se tenir la tête haute ; il y a mise en activité de ses fonctions de Fouie, du flair, de la vue, et il a l’air plus noble que son compagnon de misère. Il en est de même pour le chien, qui, à ne pas s'y méprendre, est plus intelligent d'ordinaire à la ville qu'à la campagne, se tient la tête haute la queue relevée, tandis que son cousin suburbain va tête baissée et queue basse.

Lombroso cite une foule de cas à l’appui de sa thèse que le; caractéristiques physiques artificiellement acquis ont été héréditairement transmis. L'histoire biologique du chamgean, dit-il, donne la quasi certitude que la bosse sur le dos du

chameau, comme celle de l’épine dorsale du portefaix, que l’on sait être une accumulation de matière grasse autour d’une légère proéininence de la colonne vertébrale, est une mdlification physique tenant à l'habitude de porter des fardeaux ; le blama sauvage, ancêtre ou auteur du chameau, n'ayant absolument aucune bosse de la sorte, et la bosse disparaît par atrophie chez le chameau coursier. Les callosités, dit le même, que se fait ou s’est fait le chameau aux genoux, à la poitrine, et qui proviennent de ce qu'il x constamment eu à s’agenouiller pour recevoir sa charge, ont été acquises comme l'homme les acquiert et d’une manière analogue, et quoique n’existant aucunement chez le frère sauvage de l'animal, sont parfaitement visibles, sensibles au toucher dans les jeunes

chamesux. :

Parmi les traits distinctifs de la gente animale, il y a ‘aussi à noter, à faire la part de la tacheture, de la bigarrure, du bariolage des peaux. On serait peut-être en peine de s’en rendre compte, ne sut ou point que chez la race humaine Ja femme, pendant la gestation, est sujette à être impressionnée en ce sens par ce qu’elle voit. Les enfants, comme on le sait, naissent avec des taches, des marques diverses dues à une crainte, une surprise de la mère, à la vue de certaines choses. La bible confirme ce fait dans le cas de Laban lorsque voulant prendre épouse et hériter du beau-père futur, ce dernier lui promet toutes les génisses, brebis, cte., tachetées de son troupeau. Laban qui n'était pas un sot fit à cet effet barioler de ‘rougé, de blanc et de noir, certains piquets, poteaux auprès du puits, ou abreuvoir où ces animaux allaient boire. Cela produisit l'effet désiré et Laban hérita largement des races bovine, ovine, porcine du père de son épouse. Ces traits distinctifs des animaux domestiques sont descendus par hérédité jusqu’à nous. Ceci ne suffit-il point pour expliquer comment le zèbre, le tigre sont ainsi bariolés, les léopards tachetés ; le pigeon, la poule, les oiseaux en général bigarrés. Darwin qui a fait de toutes ces choses une étude spéciale, nous fait

foi, que dans le choix que fait la femelle, du mâle de son espèce, elle accorde de préférence ses faveurs à celui qu'elle trouve le plus beau, et le réciproque à naturellement lieu de la part du mâle. Qui sait en effet si la couleur de l'animal : le noir, le blane, le roux, le gris—chez l'oiseau, le jaune, le vert, le rouge ne tiennent point des impressions acquises, par ces êtres, des rochers, des arbres, de la neige, des sols de ces diverses couleurs—de leur étonnement à la vue d’un arc-en-ciel, leur frayeur devant une éclipse, leur stupeur à la vue d’un volcan en activité Les tremblements de terre, les éclairs, le tonnerre, les bolides et autres manifestations de la nature, ne sont-ils pour rien dans toute cette évolution différentiée des êtres animés. Il est plus que rationnel de ne pas le croire, puisque tout cela produit ses effets divers sur la mère de notre époque. Et qui sait si même on ne peut expliquer physiologiquement ces tachetures en par l’impression produite sur la rétine de l'œil étant communiquée au cerveau, du cerveau au nerfs, des nerfs au derme ou à la peau et de la peau enfin au poil, ou à la partie velue de l’animal,

D'ailleurs il est reconnu aujourd'hui que de même que l’on peut faire varier la couleur, les teintes des fleurs et des feuilles d’une plante au moyen (le matières colorantes anilines et autres et de provenance tant minérale que végétale ; en plaçant de ces substances sous leurs racines—et l’on produit aussi cet effet sur les fleurs détachées de la plante mère et

mises dans un vaisseau d'eau—1[l est reconnu, disons-nous, que l’on peut produire les mêmes effets sur la gente animale ; et de fait, l’on obtient de cette manière des plumes de toutes les couleurs voulues non seulement par le croisement des espèces ou des variantes dans ces espèces ; mais en mêlant à leur nour-

riture des matières colorantes qui opèrent chez les oiseaux les teintes voulues dans leur plumage. Ceci peut certainement nous porter à croire et à bon droit probablement que cette imbibition avec ln nourriture, cette déglutition de substances colorantes, ou de matières nutritives y donnant lieu

a pu motiver chez la faune terrestre et dès les premiers âges du monde, les diverses couleurs de peuu, de plumage, de fourrure de la nature animée. Demandons-nous aussi, en présence de la réussite de ces moyens artificiels d'aujourd'hui d'amener chez l'oiseau la coloration (lésirés, si ce fait ne peut, avec le climat, avoir influé sur et motivé le noir, le rouge, le jaune, le blane, chez les races humaines de lu terre.

Encore une question ? Le goître, l'éléphantiasis, le crétinisie, qui sont connus pour être hériditaires, et dont la faune doit souffrir comme l’homme, ou a dû souffrir dans le passé et dû aux causes accentuées d'alors, ne peuvent-ils pas eux aussi avoir eu leurs effets délétères, modifiants sur la gente animale et avoir ainsi motivé certaines anomalies de struture. Le crétinisme par exemple se traduit en rapetissement des corps, une taille courte dus à un séjour dans les lieux bas et humides ; et qui sait si comme le maître, le chien, les autres animaux domestiques nécessairement affectés de la même manière par les mêmes causes, n’y ont pas subi leur dégénérescence, et de même de la race gallinacée, porcine et ovine et autres animaux. de basse-cour. Enfin les causes sont multiples qui ont pu et dû influencer le développement des animaux, leur évolution, leur reproduction, leur particularités de toutes sortes.

FH nous paraît que croire à l'Evolution des êtres animés, ou que tous parviennent du développement d’autant de germes que d'espèces, ne comporte aucunement un danger, une ten- : dance même au matérialisme ; et au contraire, croyons-nous, plus on étudie cette théorie de l'évolution des corps, plus on est porté, forcé même à admettre une intervention toutepuissante et par conséquent divine ou de la part d’un Dieu créateur, qui à pu ainsi coordonner les éléments crées par Lui

en nombres suffisants et avec des affinités assez variées pour concourir sous des lois établis par ce créateur à l'élaboration de l'Univers, tel qu'on le voit aujourd’hui dans toute sa magnificence.

On a l'air de croire en certains lieux que la seule lecture d'un traité sur l’Evolution soit nn danger pour notre foi; mais que la vie organique soit matérielle, elle ne l’est que dans ses manifestations extérieures. En effet nous ne pouvons y voir que mouvement tout d’abord, et ce moùvement presque imperceptible au début, est celui de la multiplication des cellules, de ce que nous appelons protoplasme, matière première. Nous voyons la cellule prendre du développement, se fissurer, se bifurquer, se multiplier indéfiniment ou par bouture, et chaque cellule recommence, répète le même p19cédé. Ces cellules s’agrègent en un ensemble auquel on donne le nom d'organisme sans organes ; et en effet il n’y à pas encore là d'organes proprements dits ; puisque la nutzition se fait par assimilation, par absorption ; la degestion, par exudation, sorte de transpiration de l'intérieur vers l’extérieur. Ce n’est qu'une croissance par assimilatior, les éléments que le gerine premier fait par le Créateur tronve dans le milieu où il croît. Cet être primitif plus tard se différentie, se perfectionne, mais toujours sous la main de Dieu, c'est-àdire en vertu de la loi faite par le Tout Puissant pour présider à cette différentiation, à cette amélioration, à cette croissance. Cét être acquiert ainsi des organes : un système nutritif et digestif capables de produire du sang —cét elixir de la vie — un système vasculaire distribuant ce sang à toutes ses parties. Puis il acquiert d'autres organes ; ceux de la vue, l’ouie, T1 a été doué d’un système osseux, une charpente, Le voilà constitué en être

l'odorat.

un système nerveux et le reste.

organique. Le germe s'est évolu, tout comme la graine mise en terre se développe aux dépens des éléments qu'elle y trouve propices à sa croissance, puis à l'air libre à même les constitaants de l'atmosphère ; comme le germe dans l'œuf couvée

par l'oiseau, ou l'ovipare quelconque se développe en vivant à même la substance de cet œuf ; comme l’ove de l'animal le fait à même le placenta, le sang de la parente, durant la période plus ou moins longue de gestation ; puis après naissance, à même l'atmosphère et les substances nutritives qu'on connaît. Et qui sait la part afférente que jouent dans tout cela, dans cette croissance de la graine, de love, du germe, de l’e.:bryon, de la cellule première, l'électricité, le magnétisme, ces fluides mystérieux encore inconnus de l’homme.

Dieu doit avoir ainsi créé le premier germe, le développant ou, pour la flore, en une graine capable de produire la plante, ou directement en un arbre capable de produire la graine et de se propager ainsi dans la matrice de la terre, de l'eau, de l'air; pour la faune, en un être double ou sexuel (deux germes séparés peut-être, ou un seul différertié plus tard en mâle et en femelle) simple ou asexuel suivant les êtres à en éliminer, tirer ou faire surgir. Dars les deux cas, nous sommes portés à croire en un germe séparé, distinct, si non pour chaque espèce, au moins pour tous les êtres ayant des traits assez distinctifs pour le motiver. Dieu a dû présider de cette manière au perfectionnement d’un individu, de deux pour chaque classe ou ordre ou famille de la faune, comme de la flore; et jusqu’à ce qu’enfin ces êtres perfectionnés ou capables de se reproduire et jouissant de cette faculté pussent à leur tour donner naissance par leur accouplement, ou asexuellement dans certains cas, à l’ove du premier fœtus à être élaboré ensuite au sein de la mère future de l'individu ovipare, ou vivipare, ou ovovivipare suivant le cas.

Mais ce n’est là autre chose qu’une création de Dieu lui-même, une création directe. Il a commencé peut-être comme les évolutionnistes le veulent par un simple germe, au lieu de créer l'individu tout fait de ses divines mains; mais Il a eu à mener cette création à terme dans chaque cas ; car il ne pouvait créer l'ove de la mère, sans une mère au

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sein de laquelle cet ove put se développer ; sans créer le père dont le spermatozoon devait le fertiliser, Le texte biblique, le récit mosaique reste donc correct, incontestable et tel qu'il n’y avait pas moyen d'exprimer autrement le résultat ; sauf qu'il a fallu tout une époque pour arriver à la chose—un jour comme les autres jours, chacun desquels l’on admet aujourd'hui avoir été une époque. Cependant, rien, il est vrai n'est impossible à Dieu, et il aurait pu créer l'homme, chaque animal d’un seul trait, et tout cela durant le seul jour terrestre su osé par Moïse; mais Dieu ne tuit point non plus l'irrationnel, et ce l’eut été que de se répéter en créant pour ce jour là un nouvel être de chaque espèce, l'ayant déjà fait et à preuve les restes fossilles . és des entrailles de la terre. Non, la création doit avoir été progressive, comme celle des strates de la croûte de la terre, comme celle de la terre même avant l'époque géologique, comme celle du soleil et des étoiles par le refroidissement, la condensation, l’agrégation de la matière cosmique dont est fait l'Univers.

Dieu a fait l’homme “ à sa ressemblance”, Oui, mais comme le statuaire le fait, de terre, de glaise, de boue, en le perfec- . tionnant toujours jusqu'à maturité de son œuvre; et s’il n’en a fait que le germe et laissé ce germe à élaborer par la nature —alors cela revient au même pour ce qui nous concerne, pour ce qui est de notre orgueil—car cette nature, c'est encore Lui, c'est Dieu qui l’a faite ce qu’elle est, qui lui a soufflé la vie, qui a fait les lois en vertu desquelles ce premier germe s’est assimilé les éléments nécessaires à la continuation, au développement, à l'élaboration de l’œuvre. Donc il est vrai de dire que Dieu nous a créé ; et il a plus véritablement créé nos premiers parents, puisqu'il a dû les façonner pour ainsi dire de sa main divine ; tandis qu'aujourd'hui ce n’est qu'indirectement qu'on peut reclamer cet honneur puisqu'il n y met Las la main autrement qu'en présidant à l’exécution, à a mi ;e en vigueur de la loi qui préside à notre développement ab ovo.

Donc nous n’admettons point, ne pouvons point admettre

HÉn :UURE

de vrai matérialisme, dans le sens que tout n’est que matière, non plus que dans le sens que tout est fait de motière; car, comme nous l'avons dit, quoique la vie de l'arbre, de l'animal n'est que matériel, et que les sens de l'ouïe, de la vue, de l'odorat, du mouvement, du goût peuvent venir de la matière, il ne peut en être ainsi de notre intelligence, excès d'int-Îligence que nous possélons en sus de celle dela brute et qui chez elle n'est qu'instinct—la faculté qu'on a de penser, parler, raisonner, ce que ne fait point l'animal. Il y a donc à part de l'âme, une autre essence peut-être en nous, essence que Dieu a insufflé au germe primitif dont on visnt, ou qu'il à mis en nous au grand jour de la création, lorsqu’'en même temps il nous a donné l'âme; mais que cette essence, cette intelligence soit distincte de l'âme, on n’en sait rien puisque quand on meurt, quand l’âme prend son essor, toutes ces facultés que nous appelons facultés de l'esprit s'en vont aussi.

Mais encore une fois, si tout nous vient d’un germe et d’un seul germe ou de plusieurs, est-il croyable qu'on ne se demgnde point qui à fait ce germe, ces germes. Si tout n’est que matière, est-il concevable qu'on ne se demande point, que 1 prétendu matérialiste ne se pose point la question : mais qui donc a fait cette matière, ou au moins si cette poussière pouvait exister sans Dieu, qui a doué cette poussière, ce protoplasme, ces gaz si l’on veut, puisque tout est reduisible en gaz et que tout a été gaz dans le principe et jusqu'à ce que la condensation par le froid ou par aïfinités quelconque ait reduit ces gaz en poussière—-qui à fait cette poussière, les lois d’après lesquelles les constituants de cette matière première, cette matière cosmique s’est comporté comme elle l'a fait ? Non, et pour la dernière fois, le matérialisme, le matérialiste, d’après nous, n’a aucunement sa raison d'être et ne saurait exister, et en un mot n'existe point. C’est une pure invention, une chimère à laquelle ceux-là même qui la pro: elament ne croient point, ne peuvent point croire.

Une dernière réflexion : In théorie que l’homme vient

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d'un germe créé par Dieu, est plus à l’honneur de l’homme, à la gloire de l’Architecte de l'Univers, que si Dieu eut fait l’homme d’un seul trait ou en l’élaborant de ses divines mains ; tout de même qu'il serait plus à la gloire de l’homme architecte s'il pouvait faire une loi, inventer une machine capable d'agir automatiquement sur un assemblage des matériaux constitutifs d'un édifice: les séparer, les choisir! les mettre ensemble en la forme de la structure voulue, que de procéder à manier séparément et une à une chaque pierre, chacune des briques composantes pour en faire surgir enfin l'édifice voulu.

D'ailleurs que le prétendu matérialiste s'interroge, qu'on l'interroge, et il ne peut se soustraire à la nécessité d’un créateur tout puissant pour, de rien produire le premier germe dont il admet la nécessité.

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