XII. COMPTE d'argent DE M. BEYLE AVEC EGRON
(écriture de Mareste) Dû par Egron 395,35
Il m'a remis un mandat de pareille somme payable en octobre 1818. Labaume a négocié ce mandat à 30 fr. de perte. J'ai i-eçu effectivement pour le compte de Beyle 360,35
Remis à Schmit pour payer VEdinhurgh Review à
Dessurne 288 »
Reste net en mains propres C'*^ de Beyle au 1^^ septembre 72,35
Envoyé à Beyle le 12 août 1818 le C'e de Didot. Envoyé à Beyle par Jombert le 12 août = et sur sa demande
1° le X^ nO de VEdinhurg Review.
2° la Table —
Il est curieux de suivre, dans la Correspondance, l'histoire de cette somme de 395,35, qui semble être une aubaine inespérée pour Stendhal, et dont l'emploi lui cause les soucis d'une véritable fortune.
Il fait et refait ses comptes, comme la Perrette du fabuliste, remboursant un ami, payant un libraire, puis sacrifiant l'un à l'autre ; mais avant tout il consacre la majeure partie de cette somme à la réalisation de son plus cher désir : la collection complète de ses amours, VEdinhurgh Revieiv. Jamais, peut-être, plus bel hommage ne fut rendu à cet estimable périodique et en termes aussi tendres ! Cet enthousiasme n'abolit pas, d'ailleurs, le sens critique de Beyle, car il ajoute que, des vingt-sept volumes de cette collection, « la moitié est à sauter net ; mais le reste vaut un peu mieux que la façon de MM. Villemain, Auger et même Lacretelle. Cela bat diablement en ruines la cidevant soi-disant littérature française. »
Le baron de Mareste, caissier principal d'Henri Beyle, continue ses opérations, qu'il note au fur
et à mesure qu'elles se produisent, dans un ordre chronologique, sinon comptable. Il reçoit et paye aussitôt, avec l'évident souci de satisfaire tout le monde et d'éviter les réclamations. Ses comptes n'ont pas, sans doute, la belle ordonnance de ceux des éditeurs, dont Stendhal se méfiait un peu ; mais ils révèlent un homme d'ordre, exact et scrupuleux, faisant tous les soirs la caisse de son ami qu'il tient au courant.
Le voici dans l'exercice de ses fonctions :