‹ La vie militaire sous l'ancien Régime (volume 2)Chapitre 180 sur 191 · MINISTRES ET SECRÉTAIRES D'ÉTAT DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

MINISTRES ET SECRÉTAIRES D'ÉTAT DE LA GUERRE

Sous Louis XIII.

P. Brulart de Puisieux, 4 mars 1606 — 8 août 1616.

Cl. Mangot de Villarceaux, 9 août — 2o novembre 1616.

Le cardinal de Richelieu, 30 novembre 1616 — lc'r mai

P. Brulart de Puisieux, 2 mai 1617 — 4 février 162'k

Charles le Beauclert, 5 février 1624 — 2 octobre 1630.

Abel Servien, marquis de Sablé, 21 octobre 1630 — H> février 1636.

Fr. Sublet des Noyers. 14 février 1636 — 12 avril 16i:i.

Sous Louis XIV.

Michel Le Tellier, 13 avril 1643 — 1668.

François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois, 24 février 1662 — 16 juillet 1691.

Louis-François Le Tellier, marquis de Barbesieux, 1691 — 7 janvier 1701.

Michel de Chamillart, 8 janvier 1701 — 9 juin 1709.

Daniel Voisin, 17 juin 1709 — 13 septembre 1715.

Sous Louis XV.

Conseil de guerre présidé par le maréchal de Villars, 171 S

Claude Le Blanc, 22 septembre 1718 — 1er juillet 1723.

François Victor, marquis de Breteuil, 4 juillet 1723 — 16 juin 1726.

Claude Le Blanc, 29 juin 1726 — 19 mai 1728.

Prosper Bauyn d'Angervilliers, mai 1728 — io février 1740.

Le marquis de Breteuil, 17 février 1740 — 7 janvier 1743.

Marc-Pierre de Voyer, comte d'Argenson, 7 janvier 1743 — 2 février 1757.

De Vo-yer, marquis de Paulmy, 2 février 1757 — 22 mars

Le maréchal de Belle-Isle, 3 mars 1758 — 26 janvier 1761.

Le duc de Choiseul, 27 janvier 1761 , — 24 décembre 1770.

Le marquis de Monteynard, 6 janvier 1771 — 27 janvier

L e duc d'Aiguillon, 30 janvier — 2 juin 1774.

Sous Louis XVI.

Le maréchal du Muy, 5 juin 1774 — 10 octobre 1775.

Le comte de Saint-Germain, 27 octobre 1775 — 27 septembre

Le prince de Montbarey, 27 septembre 1777 — 18 décembre

Le maréchal de Ségur, 23 décembre 1780 — 29 août 1787.

Le comte de Brienne, 24 septembre 1787 — 28 septembre

Le comte de Puységur, 30 novembre 1788 — 12 juillet

Le maréchal de Broglie, 12 à 15 juillet 1789.

Comme nous l'avons fait remarquer dans l'Introduction, les ministres de la guerre jusqu'à la guerre de Sept ans n'appartenaient pas à l'armée. La seule exception à cette règle est le conseil de guerre créé par le régent en 1715, sous l'influence de la réaction aristocratique qui eut lieu à cette époque. La présidence de ce conseil fut donnée au maréchal de Villars. Deux princes du sang et six grands seigneurs en faisaient partie ainsi que le conseiller d'État Le Blanc. C'était Le Blanc qui

avait les attributions les plus étendues, et lorsque la secrétairerie d'État de la guerre fut rétablie en 1718, il était tout désigné pour en remplir les fonctions.

M. Ludovic Lalanne, qui nous a fourni dans son Dictionnaire historique de la France une liste des ministres de la guerre, passe sous silence les deux successeurs de Le Blanc, d'Angervilliers et le marquis de Breteuil, dont les principales Biographies du reste ne parlent pas. Lorsque ce dernier remplaça, en 1718, Le Blanc, qui avait été disgracié, il fut assez mal accueilli par ceux qui admettaient avec peine la suprématie du cardinal Dubois. Le Blanc était très bien vu à la cour. Il était « poli, dit Saint- Simon, respectueux, obligeant, serviable, gracieux et payant déraison jusque dans ses refus, expéditif, diligent, clairvoyant, travailleur fort capable, connaissant bien tous ses officiers... » tandis que Breteuil, « tiré d'une des plus chétives intendances, sans avoir jamais vu ni ouï parler de troupes, de places, ni de rien de ce qui appartenait à la guerre », n'était regardé que « comme un de ces petits maîtres étourdis de robe qui ne s'occupent que de leur plaisir ». 11 s'en tira pourtant mieux qu'on ne l'aurait cru, et quand il fut rappelé au ministère en 1740, après la mort de d'Angervilliers, le duc de Luynes donne de lui ce témoignage : « Ce qui est entièrement à son honneur, c'est que dans les bureaux de la guerre, c'était le seul que l'on souhaitât d'avoir. »

D'Angervilliers fut comme Breteuil, un des collaborateurs du cardinal de Fleury; successivement intendant du Dauphin é et d'Alsace, il maria sa fille unique au second fils du duc de Saint-Simon. Il présida aux succès de la guerre dite de la Succession de Pologne, et pendant les douze ans qu'il resta au ministère, il sut « se faire aimer et estimer ». Pratiquant une large hospitalité, « il donnait beaucoup à manger, dit le duc de Luynes, et faisait même la meilleure chère de ce pays-ci ». Aussi laissa-t-il 50,000 écus de dettes, et le roi dut-il donner une pension de 20,000 livres à sa veuve, qui n'avait pour tout bien qu'un douaire de 4,000 livres.

Il est à noter que pendant les soixante-douze ans du règne

de Louis XIV il n'y eut que cinq ministres de la guerre, dont trois, qui se succédèrent de père en fils, administrèrent pendant cinquante-huit ans l'armée. Pendant la période révolutionnaire, il y en eut trente, titulaires ou intérimaires. Il y en eut deuv. sous Napoléon, de 1800 à 1814.

Nous ne prétendons pas faire ici la biographie des ministres de la guerre. Rappelons seulement que parmi ceux qui appartenaient à l'armée, Choiseul el Brienne y introduisirent d'importantes modifications, le premier par ses nombreuses et sagaces réformes, le second par la belle ordonnance de 1788, qui complète et coordonne les principales mesures édictées par le duc de Choiseul et le comte de Saint-Germain.

Le ministre ou secrétaire d'État de la guerre avait en 1753 dans ses attributions la guerre, le taillon, les maréchaussées, l'artillerie, les haras, les postes, les pensions, dons et brevets des gens de guerre, tous les états-majors, à l'exception des gouverneurs généraux, des lieutenants généraux et des lieutenants de roi des provinces qui n'étaient pas de son département.

A son département, en effet, étaient rattachés les trois évèchés de Metz, ïoul et Verdun, le Barrois, l'Artois, la Flandre, le Hainaut, l'Alsace, la Franche-Comté, le Roussillon, le Dauphiné, la ville de Sedan et dépendances. Sous Choiseul, on y ajouta la Lorraine, plus tard la Corse. Choiseul avait aussi la marine et les colonies, et tant qu'il fut au pouvoir, le ministère de la guerre figura en tête des autres.

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