‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 277 sur 455 · LES THÉÂTRES DE PARIS · texte numérisé non relu

LES THÉÂTRES DE PARIS

D'après l'Almanach

des Spectacles.

(Bibliothèque nationale.)

qu'il s*était jtroinpé jusquelà, et qu'il fallait nécessairement prendre des mesures pour mettre la légitimité à couvert des attaques des jacobins. Le roi, inébranlable jusqu'alors, donna les mains à tout ce que l'on souhaitait.

Cependant des lettres de convocation pour la séance ro.vale avaient été adressées à tous les députés.

Un seul n'avait pas reçu la sienne. M. (irégoire conclut de 1<\ <iue l'on se disposait à agir hostilement contre lui. cl ne se trompa point. Avant de l'attaquer directement dans la (Ihamhre, on avait tenté indirectement de s'accommoder avec lui. On lui offrait, pour prix de sa démission, de porter à 2i,000 francs sa pension d'ancien sénateur, qui, de 30,000, avait été réduite à 42,000. Il fut inflexible : & Je ne mérite pas les calomnies dont on m'abreuve, dit-il, je puis me présenter sans honte aux yeux de mes concitoyens, et puisqu'une partie de ceux-ci m'a jugé digne de les représenter encore,je veux répondre à leur mandat. »

Rien ne put ébranler sa fermeté; ce fut en vain que Lanjuinais, l'un des hommes les plus vertueux de la France, persuadé que, dans l'état des choses, il fallait ùter au gouvernement tout prétexte de se mettre en défense contre de vains périls que la nomination d'un conventionnel augmentait encore, voulut le persuader de renoncer à la députation ; la démarche de Lanjuinais n'eut pas plus de succès que celle des émissaires ministériels.

Lorsqu'on apprit au château qu'il n'y avait rien à espérer de sa condescendance, le roi déclara que jamais il ne consentirait à

le voirJ'siéger.'^DeuxI'moyens] d'exclusion | furent proposés : celui de l'indignité, que les zélés voulaient présenter le premier; l'autre, moins direct, moins propre à émouvoir les passions, consistait à faire casser sa nomination comme irréguliére, attendu que le nombre des députés pris hors du département de l'Isère avait été dépassé dans le choix qu'on aviiitfait de lui. Cette dernière marche plaisait au roi, qui ne cessait dédire: Qu'importe le moyen, pourvu que h' résultat s«»il le même?» On lui répondit que c'élait moins l'homme que

LES PETITS METIERS DE PARIS

La Ravaudcuse.

(D'après une gravure anglaise.)

les principes qu'il s'agissait de combattre: qu'il fallait flétrir la révolution et la terrasser dès h^ moment quelle se montrait en face. Le roi ne put rien obtenir; il est vrai qu'il commençait à perdre de son énergiii. Les turbulents persistèrent à soutenir l'indignité de Grégoire, les partisans sages du gouvernement se prononcèrent en faveur de l'illégalité. Le côté gauche lui-même reconnaissait que le comte Français de Nantes et M. Sapey étant déjà députés de l'Isère, et tous deux étrangers au département, le choix de M. Grégoire devait être frappé de nullité. Ce fut dans ce sens que la commission conclut au rejet. Le côté droit, qui voulait autre chose, réclama une discussion que ses adversaires auraient voulu éviter.

Jamais séance ne fut plus orageuse. De dix en dix minutes, un messager allait au chàleau rendre compte au roi de la (ih^sionoraie actuelle de la Chambre.

(Mémoirea s/(r Louis XVIII )

A peine le rapporteur fut-il descendu de la tribune que M. Laine, un des chefs de la droite s'élance do sa place pour y monter. La gauche lit de vains elTorts pour l'en empêcher en criant : Aux voix, et en envoyant plusieurs de ses orateurs pour demander la clôture. En un clin (rnil la trihune se trouva envahie, rhémicyclc plein de députés luttant corps «i corps;

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