‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 285 sur 455 · Ouverture de la session de · texte numérisé non relu

Ouverture de la session de

Décembre.

6. — Exclusion de l'abbé Grégoire de la Chambre de- députés (il avait été élu par le département de libère).

16. — I^aptéme de Louise-Marie Thérèse d'Artois, tenue sur le- funts ba|itismaux, dans la chapelle des Tuilerie-, par le roi et Madame, duches<e d'Angouléme.

18. — Condamnation de Gèvaudan et du colonel Simon-Lorrière à i!00 francs d'amende pour avoir réuni dans leur domicile les membres de la société des Amis de la liberté de la Presse. (L'amende fut payée par une souscrijitioa publique à 5 centimes.)

nioounieiiiM et FoodatlooM.

Démolition de la maison, rue de la Harpe, 43, dont la ]>orte cochère formait l'entrée du palais des Thermes.

On dégage la -aile de Julien dont les murs étaient jusque-là masqués par un magasin de futailles.

Inauguration du marché des Carmes (15 février). ~ Ouverture du marché des Blancs-Manteaux, commencé en 1813.

L& rue iNeuve de Babylone reçoit le nom de rue d'Estrées.

Fondation de l'Infirmerie Marie-Thërèse, rue d'Enfer, no lie, par Mme de Chateaubriand (maison de santé ou de retraite pour les prêtres malades ou intirmes).

Les cendres de Mabillon, .Montfaucon et Dcscarlcs

1».-H. VAI.ENCItNXKS,

Peintre.

SOI'UIK GAV.

lîoniancière (1770-1HÔ2.)

F. AKAGO.

Astronome et physicien (17«6-1853.>

CiEOlKllOV ST-IIII.AUIK.

.Naturaliste

DELAMBKK.

Astronome

M** DE I.AFAYETri:.

Homme politique (1757-1834.)

sont transférées^^ l'égliselSaint-Germain-dei-Prés. — Découverte d*ossement« et de médailles pendant le pavage de la place Saint-Étienne3du Mont.

Trois nouvelles chaires sont créées au Conservatoire des Arts et Métiers : Mécanique (C. Dupin). — Chimie (Clément Desormes). — * Économie industrielle (J.-B. Say). — Création de la société royale pour l'amélioration des prisons.

Souscri]>tioD de la Chaumière de Clichy (produit GOOO francs) i)Ou«* reconstruire k un autre endroit cette chaumière démolie parce qu'elle gênait la voie publique.

La vie de la rue.

Panorama de Jérusalem, boulevard des Capu*

cines.

Cirque des Muses, rue Saint-Honoré, 91. — ExpO' silion de Lutèce et de Paris comme il était il y a mille ans, rue de Valois,Tprès la cour des Fontaines.

Au Thé&lre Comte, l'Homme - Mouche . -» Mme Manson, qui est venue s'exhiber à Paris, en se faisant de l'assassinat de Fualdès une réclame, débite à riiùtel de Nantes, place du Carrousel {k 10 francs) ses « lettres inédiles ». (Mlle avait obtenu du ministre Derazt's une pension de 1000 francs et une bourse dans un lycée jK)ur son tils.)

La manie des piqueurs. — Des femmes sont piquées dan> les rues ou sur les boulevards avec des cannes à dard ou des alênes de cordonnier. (Olte manie se répandit en jirovince |»uis à l'étranger. — Un ' seul de ces jiiqueurs, Bizeul, i>ul être pris à l^aris.)

Beaax-.%rls.

Salon de 1819 (le Naufrage de la Méduse, par Géricault. — Le Massacre des Mamelucks, par Horace Vernet. — La Pandore de Cortot.

Les» livres de Taiinée.

Ch. Nodier : Thérèse Aubert. — Népomucéne Lemercier : La Panhypocrisiade ou le Spéciales inft-ntal du XVI* siècle.

ThéAire (Débuts et Premières).

Théâtre-Français.— 13 février. Représentation de retraite de Mlle Thénard. — 15 juillet. L'Irré" solu, i acte en vers, par I^roy (succès). — 6 novembre. Louis IX, tragédie, par Ancelot (succès).

Opéra. — 3 février. Tarare, paroles de Beaumarchais, musique Je Salieri, réduit à 3 actes, par Désaugiers fils aîné (succès). — Olympie, paroles de V'ollaire, arrangées par Dieulafoi, Britfaut et Bajas, musique de Sponlini (12 représentations).

Opéra-Comique. — 18 février. Les Troqueurs, 1 acte, par Armand et Achille Dartois, musique d'Ilerold. — 1^8 lévrier. Représent^ilion de retraite de Lesage.

Théâtre Italien. — L'O mars. Réouverture sous la direction de Paer. — Début de Cinti d&ns Fuorusciti, les Exilés de Paer.

Odéon. — !•«• octobre. Réouverture. — 23 octobre. Les l'épres Siciliennes, tragédie, par Casimir Delavigne (grand succès).

Vaudeville. — 22 septembre. La Pluie d'or ou les Mystères de la rue Montesquieu.

Variétés. — 22 novembre. Les Vêpres Odéoniennes, paix>die en 1 acte, par Giazct, Simonin et Dartois.

Le» morto de Taonée.

L'abbé Morellet. économiste (11 janvier). — Le baron Hue, premier valet de chambi-e du Roi (17 janvier). — Le peintre Valenciennes (15 février). — L'auteur dramatique de Maisonueuve (-4 février). — L'ancien ministre Regnault de Saint-Jean d'Angély (10 mars). — De Barentin, ancien garde des sceaux (30 avril). — Mme Blanchard, l'aéronaute (6 juillet). — Le graveur de médailles Duvivier (10 juillet). — Mme Oail, compositeur de musique (lU juillet). — L'abbé Faria, magnétiseur (30 sep* tembi-e). — Le littérateur romancier et auteur dramatique, Duoray-Duminil (29 octobre). — Orivaud de la Vincelle, antiquaire (4 décembre). — Le compositeur Persuis, directeur de l'Opéra (22 décembre). — Le maréchal Sérurier (21 décembre;.

LA FOULE ATTENDANT DEVANT LKS Tl ILKRIKS LA NAISSANCE DE l' E N F A N T D U M I H A il L E .

D'après une ^Tavure du temps. — (Musée Carnavalet.)

LE i3 février 1820, tout Paris est dans l'effervescence du plaisir. Jamais saison d'hiver ne fut plus animée, ni plus brillante; et les folies du carnaval vont ier-

(In Venise où les cabrioles du polichinelle Klie mettent toute la salle en délire, l'autre les Noces de Gamache (|ui doivent finir dignement le spectacle. Le duc et la duchesse de

MÉDAILLE FRAPPÉE A l'oCCASION DE L.\ NAISSANCE DU DUC DE UORDEAUX.

(Musée des Monnaies.)

miner une suite ininterrompue de concerts, de soirées et de bals. L'Académie royale de musique donne, par extraordinaire, Topera du Rossignol et deux ballets, l'un le Carnaval

Berry assistent à la représentation; pendant un entracte, ils se rendent à la loge occupée par la famille d'Orléans; le duc de Berry embrasse le petit duc de Chartres et joue

MO.N SEKJN El H LE IilC HE HEHHV SE KENDAXT A l'oPÉUA LE 13 FÉVRIEH 1820.

D'après ime gravure du temps. — (Musée Carnavalet.)

avec lui. Tous les spectateurs saluent de leurs acclamations ce tableau qui témoigne d'une si parfaite union entre les princes.

Vers onze heures, la duchesse de lierry se retire. Son mari raccompagne jusqu'à sa voiture, à la porte du lhéc\tre; déjà il remonte, rapi)elé par le rendez-vous qu'il a donné à une jolie danseuse, quand un homme s'élance sur lui. et, le retenant par l'épaule, lui enfonce un couteau dans le coté droit. L'arme y pénètre si profondément qu'elle reste dans la blessure; et le duc tombe entre les bras du marquis de Mena en s'écriant :

t Je suis frappé à mort. •

Cependant, l'assassin s'est enfui; mais il est poursuivi; et, serré de près, il se laisse arrêter sans résistance :

t Je me nomme Louvel, dit-il, disposez de moi; je n'ai pas manqué mon coup; je suis content. »

Le duc de Berry expire à six heures du matin. Et Paris, que les débats de la loi électorale avaient irrité contre la famille royale plus royaliste que le roi, Paris est pris d'une généreuse pitié : il s'incline devant ce prince qui a demandé, en mourant, la

grAce de « rhomme », son assassin; il plaint cette princesse, qui, toute baignée du sang de son mari, vient de sacrifier sur ce corps inanimé sa magnifique chevelure. Le Palais, la Bourse, les théâtres ferment : il semble que toute la ville soit en deuil. Des artistes dessinent l'image de celui qui n'est plus; des médailles sont frappées en son honneur.

L'heure est propice pour les ultras^ impatients de reconquérir les positions perdues depuis quatre ans. Mais il leur faut d'abord supprimer l'obstacle qui les en éloigne, le comte Decazes, le premier ministre que Louis XVIII appelle son fils. Déjà Chateaubriand, Kergorlay, Martainville dans son Drapeau blanc, ont déclaré que le président du Conseil, en s'appuyant sur les libéraux, a presque voulu le crime de Louvel. Pour parer le coup, Decazes, que l'amour seul du pouvoir rapproche des ultras, dépose à la Chambre des députés deux lois de réaction, l'une sur la censure des journaux, l'autre suspendant la liberté individuelle. Mais Clausel de Coussergues demande la mise en accusation du premier ministre comme complice de Louvel. La mort dans l'àme et supplié à genoux par la famille royale qui veut quitter les Tuileries, Louis XVIII consent au départ

PARIS SOUS LA RESTAURATlOiN.

de Decazes que remplacera Richelieu; Paris mondain sort difficilement de la torpeur où Ta plongé l'assassinat du duc de Berry! Les réceptions sont suspendues, les promenades désertes. C'est à peine si Longchamps retrouve sa clientèle des grands jours. Les voilures y défilent dans Tordre accoutumé, phaétons, berlines, diligences et landaulets. Les hommes sont en redingote fumée de Londres et gros bleu.

Les femmes ont adopté pour leurs robes des étoffes de gaze couleur acajou , tabac d'Espagne ou chocolat.

Les théâtres ne sont guère plus animés. Aux Variétés, la verve bouffonne de VOurs et le Pacha a cependant raison de l'indifférence publique. A Feydeau,les Voitures versées, le spirituel opéracomique de Boïeldieu, ajoutent encore à la gloire du chanteur Martin.

La littérature, elle aussi, est dans le marasme; les livres étrangers, les œuvres de Byron et de Walter Scott, obtiennent, seuls, la faveur du public; et les classiques, dont l'impuissance est notoire, ne savent produire que d'injustes satires contre le romantisme naissant. En effet, on signale au firmament poétique deux constellations nouvelles : Victor Hugo, « l'enfant sublime » à qui son ode de Moïse sur le Nil a valu le titre de t Maître es Jeux floraux »; et M. Alphonse de Lamartine, que ses Méditations^ tirées à sept mille exemplaires en moins de

six mois, ont sacré « le poète des femmes », d'autant qu'il se meurt, dit-on, de la poitrine, sous le ciel de Naples.

Mais Paris s'enfièvre au spectacle des assemblées politiques dont le tumulte va déborder dans la rue. La Chambre des députés et la Chambre des pairs ont voté la loi de censure et la loi de suspension de la liberté individuelle. Celle des élections passionne bien

autrement rx-iT"^:'*- -" wiii ijii ' . ^. I les masses.

Les libéraux s'efforcent de paralyser par une série d'amendements , successivement rejetés , les dispositions fatales qui vont remettre les destinées de la France entre les mains d'une oligarchie réactionnaire.

Pour combattre par son vote cette funeste influence, le marquis de Chauvelin, gravement malade , se fait transporter en chaise à porteur jusqu'au palais Bourbon.

Des jeunes gens l'acclament; mais accourent des gardes du corps qui les dispersent à coups de bâton. Le lendemain et les jours suivants, ces manifestations deviennent des émeutes. Les uns crient : Vive le roi f les autres : Vive la Charte ! Ceux-ci, considérés comme des séditieux, sont repoussés par la troupe. Chassés des abords des Tuileries et du Palais-Royal, ils se rassemblent sur les boulevards et se dirigent vers le faubourg Saint-Antoine. Mais, à la hauteur de « la maison Beaumarchais », un escadron de dragons fond sur la foule et la

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