LES EAUX DE PARIS (EMPLACEMENT DES FONTAINES
Dressé d'après les documents du temps, par A. Meunier. — (Collection Charles Simood.)
un globe et l'autre en l'air, mettait d'une main une couronne de laurier sur la tète du héros, et tenait de l'autre un faisceau de palmes et de branches d'oliviers ; le groupe monumental était de plomb doré et fondu d'un seul jet, ainsi que le globe, la massue d'Hercule, la peau du lion, le casque et le bouclier, qui en formaient les ornements et les accessoires. Aux angles du piédestal étaient quatre figures en bronze de douze pieds chargées de chaînes, allégorie aux victoires remportées sous ce glorieux règne, et qui ornent maintenant la façade de l'Hôtel des Invalides.
La statue nouvelle diffère essentiellement de l'ancienne. Louis XIV est à cheval, son coursier se cabre, mais la figure du prince reste impassible. Le roi est vêtu à la romaine; sa physionomie
cette inscription : Ludovico Mayno (à Louis Le Grand) : sur le côté opposé on lit ces mots : Ludocicus XVlll atavo imo (Louis XVIII & son aïeul.)
{Annuaire historique de Lesur.)
Les acteurs anglais & Paris.
(31 juUlet.)
EN annonçant des comédiens anglais à Paris, on s'attendait bien à quelque oppositioDy suite de l'effervescence qui s'est emparée aujourd'hui de tous les esprits, mais on ne poundt soupçonner la réception brutale qui leur ^t faite' par une assemblée composée en grande partie de» Français. J'ai assisté à la répétition à'Otello, la.
t^ARlS DE 1800 A 1900.
LA MODE EN i822.
Turban de crêpe, orné de chufs d'or.
Pelisse de satin glacù. Pèlerine de velours
garnie en blonde. Robe de velours simulé.
(D'après le (.'oo/um»' puvisi'H de isjjj
veille de la rcpréseri talion. Alors on pouN.nt juger du talent des adeurs qui romposaient la troupe anglaise, et écries, quelques-uns méritaient d'être entendus. Je ritcrai, entre autres, lîarton, rbargé du rôle d'Otellu, les acteurs qui jouèrent lago et Urabantio. miss et mistress Peuley, cbargces des rôles de Desdcmona et d'Kmilia. Le jour de la représentation, toutes les loges étaient louées d'avance. Malgré la pluie qui tombait par inlervalle.«<, justement à l'ouvertrue des bureaux, des milliers de curieux entouraient le tbéatre, et, compagnons ordinaires de tous nos plaisirs, une centaine de gendarmes à pied et à cheval faisaient faire la queue au milieu de la boue. Kn peu d'instants, toutes les places furent envahies, et, dés lors, des marques d'improbation retentirent dans la salle, malgré lavis des gens sages qui, formant la majorité des spectateurs, désiraient jouir d'un spectacle nouvenu et curieux, et demandaient que l'on entendit les acteurs pour les juger. La plupart de ces remontrances furent inutiles. A peine le rideau fut-il levé et les premiers vers de la pièce eurent-ils été entendus que des vociférations et des huées retentirent de toutes parts.
Les premières srènes furent jouées au milieu du brouhaha. On esjiéra que la présence des actrices calmerait cette effervescence ;- les acteurs anglais y comptaient, ils crovaient à la galanterie et à
l'urbanité française! Ce fut inutilement : le vacarme continua jusqu'au milieu du troisième acte, et un incident vint encore augmenter la confusion. Quelques individus se prirent de querelle dans le i)arterre : une terreur panique s'empara, sans aucun motif, de ceux qui entouraient les combattants. Les spectateurs du parterre se précipitèrent sur les spectateurs de l'orchestre; ceux-ci, épouvantés, escaladèrent la scène pardessus la rampe, dont plusieurs quinquets furent brisés; se()t à huit personnes furent blessées, des femmes se trouvèrent mal, et le tumulte était à son comble. Les comédiens se retirèrent, les gendarmes accoururent, on baissa le rideau, et le calme se rétablit un peu. On lit sortir les gendarmes (jui i^arnissaiciit ravant-sccne, et un acteur avant demandé si l'on voulait laisser continurr le s|»c(tacle, un oui général se fit entendre : mais, par ordr(\ on passa le Jiuatrième acte (\'(H('Ui) Le commencement du cinquième et les dernières scènes lurent attentivement écoulées, et même on ajiplaudit fréquemment l'acteur Barton.
La petite jMèce était intitulée le Hemlez-vous, c'est l'opéra-comique des Hendez-vous bounjHois. traduit en anglais. La première scène fut écoutée, mais l'arrivée des actrices causa de nouveaux
Ohapeau de gaze orné d'une plume inoitié
autruche, moitié marabout. Robe en gris d'été
garnie de volants horizontaux.
(D'aiirès le Costume parisien de ^622
PARIS SOUS LA RESTAURATION
Coiiïure ornée de ileurs de chrysantème de l'ioveniioa de M. Guillaume. Robe de gaze oroée do remplis au corsage et aux manches. Le bas garni de draperies agrafées.
(D'après U Cùgtum9 parisien de 18i2.)
cris, la comparaison que Ton a?ait pu faire des acteurs tragiques anglais avec nos acteurs ne fut pas désavantageuse aux premiers; leurs gestes, leur diction, n'ont rien de ridicule ni d'exagéré, comme on avait paru le faire entendre. Dans la comédie, au contraire, en voulant se rapprocher le plus possible de la nature, ils deviennent bas, et c'est surtout ce qui^ a frappé dans le jeu des femmes. De plus, l'actrice qui jouait la soubrette a^'ant été applaudie pour un morceau qu'elle chanta assez bien, elle salua les spectateurs, sans doute suivant l'usage de son pa^s. Cette nouveauté augmenta encore les mauvaises plaisanteries : enGn, à la sixième scène, il fut impossible de rien entendre; quelques jeunes gens jetèrent sur la scène diiTërenls objets, entre autres un morceau de sucre qui blessa une actrice à la tète. La toile tomba sur ce beau chef-d'œuvre.
Après un pareil scandale, généralement désapprouvé, on aimait à croire que la police s'opposerait k ce qu'il pût se renouveler. On se trompa ; le lendemain, on eifûchù.V Ecole de laMédisance, deShéridan, et Vlntrigue ou la Rouie de Bathy petite comédie en un acte. On était persuadé que le tumulte de la première représentation n'avait été causé que pardesgensdu peuple etdes malveillants. Pour les empêcher 4e venir ou les i^alntep jr, on dou))la le
prix des places, on posta des gendarmes dans les corridors, des réserves étaient placées dans différents lieux voisins.' Malgré ces précautions, la foule assiégeait les- portes du théâtre, et comme un jour de spectacle gratis, toutes les places furent promptement envahies. Des cris, des sifflets, (les huées retentirent aussitôt dans la salle et firent présager l'orage qui allait éclater. Le rideau se leva, les acteurs anglais se furent k peine présentés que les vociférations commencèrent de nouveau ; on jeta sur le théâtre des gros sous, des pierres, des œufs pourris, des odeurs qui infectèrent la salle ; une des actrices anglaises s'évanouit et l'on baissa le rideau ; un instant après, le régisseur du théâtre se présenta, et après avoir essuj é un œuf qu'on lui jeta sur la poitrine, deiriandsi si l'on voulait laisser continuer le spectacle : un non général fut la réponse de presque toua les spectateurs. On proposa un spectacle français, il fut accepté avec enthousiasme. Le silence se rétablit ;lesA'w.<{o?rr'/p5 furent éroutôs avec le plus grand calme et les acteurs français vivement applautjis. La seconde pièce promise était KahH. On entendit frapper les trois coups, l'orchestre joua l'ouverture, la recommença, la joua une troisième fois : cette singularité étonna, mais Tétonnement redoubla quand on vit les musiciens quitter précipitamment l'orchestre avec leurs instrumenta. Le
Chapeau de gros de Naples recouvert d'une pointe
de denteUe. Robe de percale ornée d'épis brodés.
Ceinture de cuir de Russie. Boucle et boutoo d'aeler.
{PufrH îê Cptmm fvriiie* àti^n.) - -
bruit recommença, mais, pendant ce temps, une autre scène se passait sur le théâtre. Au moment où l'on frappait les trois coups, un officier de gendarmerie voulut empêcher la représentation de la seconde pièce annoncée, sous prétexte qu'il fallait attendre la réponse du préfet de police, près duquel s'était rendu M. Merle. Un pareil ordre mit dans le plus grand embarras toute l'administration. Le tumulte recommençait dans la salle, on lançait contre la toile des sous, des pierres, des tabourets, des chaises ; enfin arriva l'ordre du préfet : il avait répondu que, puiscpje les comédiens anglais avaient été aflichés, il fallait qu'ils jouassent, ou que la gendarmerie fit évacuer la salle îîî Cet ordre connu, on leva la toile et l'on aperçut sur la scène une haie do gendarmes. A cette vue, l'indignation fut générale : dos banquettes, dos tabourets furent jetés sur la sréno ; les spectateurs placés au paradis jetèrent aussi leurs bancs ; enfin les gendarmes se i»récii)itérent dans la salle et renversèrent i\ cou|)s de cros.^o de fusil tous ceux qui ne fuyaient pas assez vite. Le théâtre évacué, la guerre continua au dehors : les gendarmes chargèrent les passants, les boutiques furent fermées et le tumulte ne cessa guère que sur le minuit.
A. -P. Chaakons d'Argé. (Histoire tritiqueet littéraire du Théâtre à Paris )
Le Cirque Olympique en 1822.
LE Cirque Olympique mérite de fixer tout particulièrement les méditations de l'observateur. Depuis plus de trente ans, ce spectacle des yeux, d'abord administré par M. Asthj, ensuite par Franconi père, puis par Franconi fils, est en possession d'attirer la foule de toutes los classes de la société. Le roturier, l'artisan, le magistrat, rhomme d'État, la grisette et la comtesse, le fat au lorgnon, le philosophe au maintien simple, vont au Cirque Olympique et lui payent le digne tribut d'admiration que méritent vraiment ses petites merveilles.
A présent, c'est le petit éléphant Baba, âgé de deux ans, qui fait courir tout Paris. Ce joli petit animal, à peine gros comme un bœuf (ce qui ne laisse pas d'être une charmante miniature), fait les tours les jdus curieux qu'on puisse voir : d'abord il débouche une bouteille de Champagne, ensuite, il joue aux boules aussi bien qu'un vieux rentier du Marais, prend un mouchoir dans la poche de son cornac, au moyen de sa trompe avec autant d'adresse qu'un liloudu Palais-lloyal ; ses talents ne se bornent pas là : Baba est mélomane et joue de l'octave assez bien pour conduire une contredanse : il rapporte comme un chien caniche, et malgré sa structure informe, il est capable d'atteindre un coxireur très exercé. Que ne doit-on pas attendre de Baba, qui. encore au berceaUf déploie déjà une intelligence si précoce !.. Baba fera accourir une foule de curieux des quatre points cardinaux de la France ; il laissera bien loin derrière lui, malgré toute sa vélocité, le cerf Coco et, malgré toute sa sagacité, le cheval Génie.
Ce théfitre donne des mélodrames militaires où la vérité surprenante des tableaux transporte les spectateurs sur les lieux mêmes; ainsi V Attaque du Convoi vous fait connaître parfaitement les horreurs de nos guerres en Espagne ; c'est la peinture, mais vivante, du superbe tableau du général Lejeune : la danse mêle encore ses jeux et son art au luxe des costumes et des décors, et contribue à faire de ce théâtre un des plus agréables de Paris.
CuisiN (Ij* Peintre des Coulisses).
L'Exécution des quatre sergents de la Rochelle.
(21 septembre.)
LKs quatre coiidanmés à mort furent transférés à Bicètre: les sept condamnés à la détention furent dirigés sur la maison de Poissy.
Avant l'ouverture des débats, une tentative d'évasion avait été combinée à la Force; il s'agis-