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DERNIERS MOMENTS DU ROI LOUIS XVIII

D'après une gravure du temps. — (Musée Carnavalet.) La scène, telle qu'elle est représentée, est-elle conforme k la vérité? On ne saurait raftirmer. Suivant d'autres versions, basées $ur des témoignages du temps, Louis XVIIi voulut mourir assis dans son fauteuil, et lorsqu'il expira, le comte d'Artois son frère était agenouillé auprès de lui.

E 30 novembre i823, une comète paraissait sur le ciel de Paris. Si l'astrologie avait encore été à la mode, les esprits auraient pu voir dans ce phénomène le présage d'étranges événements. Et de fait, Tannée i824 est grosse de menaces. Paris, cependant, ne sort pas de son insouciance. Il a accepté sans trop de protestations la dissolution de la Chambre des députés, il envisage sans trop de crainte le prochain renouvellement d'une Chambre qui doit voter la loi de septennalité et la conversion des rentes. La Charte seraitelle menacée sous un roi qui pousse lindifTérence politique jusqu'à admettre, le !•' janvier à midi, avant toutes réceptions officielles, l'érudit Amédée Jaubert à lui présenter les Éléme n ta d'une gr a mma \ re t u rq ue f

Le retrait de son brevet d'imprimeur à Constant Chantpie, la destitution de Lefebvre de Gineau, administrateur et professeur au

Collège de France et ancien député libéral, ne soulèvent que de timides protestations. L'ingéniosité frauduleuse de l'administration à réduire à un minimun sûr le nombre des électeurs passe presque inaperçue, malgré les accusations des gazettes libérales : Le Courrier français, le ConMiiutionnel. Le gouvernement peut poursuivre son plan occulte, Paris a pour l'intéresser d'autres spectacles que la politique. Tout au plus secouera-t-il sa torpeur lorsque, dans le but inavoué d'indemniser les émigrés, M. de Villèle fera voter à la Chambre retrouvéelsi conversion des rentes de 5 pouriOO en 3 pouriOO. Alors lesintérêts menacés feront li siège de la Chambre des pairs, la plupart propriétaires fonciers dans la capitale, et, après l'intervention de Mgr de Quélen, archevôcjuc de Paris, le projet du ministre sera repoussé à la grande joie de ses diocésains. Paris se transforme, s'accroît et s'embel-

lit. Un canal dérivé de la Seine à son entrée dans la ville pour joindre celui qui, du bassin de la Villette, descend à Saint-Denis, se construit avec célérité. La population se porte faubourgs Saint-Martin et Poissonnière, auparavant terrains nus où s'élèvent à ce moment de confortables immeubles. La haute société et les oisifs, délaissant les boulevards et le Palais-Royal, qui perd de sa réputation,

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