FAÇADE 1)E LA MAHEI-EINE
D'après une gravure du temps. — (Musée Carnavalet.)
Commencée on 17lii, sur les plans de C<)^>^rA^T d'Ivnv auxquels CouTi UK substitua ensuite les siens, la Madeleine ne fut construite que très lentement. Les travaux, suspendus s(»us la Révolution, ne furent repris qu'en 180G. Napoléon décida que le nouvel édifice serait un Temple de la gloire, où sur des tables d'or, d'argent et de bron/e s'inscrivaient les noms de? militaires signalés par leur courage. La Restauration rendit le monument au culte catholique. On y travailla dès 18IG, mais l'architecte Vir.No.N qui en était chargé, ne se pressa point. Kn 1830. on était loin de l'achèvement, IIlvk remplai^a Vi(.>o:«. La construction ne fui terminée qu'en 18il et l'inaui^'uralion n'eut lieu qu'en 184Î.
Départ de la chaîne des forçats.
(4 octobre.)
DKpris plusieui-s jours, on avait aiinonrô à Hicùlre le départ iirocliain ilo la cliaîiio. Lundi, à onze lionnes, la nouvelle fut ollicielle. Ceux qui devaient la composer furent convoqués; ils descendirent de leurs cluimhre'iy dans une cour située au fond de l'étahlissement. Selon les règlements, on doit leur couper les cheveux ras, afin qu'il soit plus facile de les reconnaître en cas d'évasion. Tous avaient ])ris ce soin par avance. On m'a assuré qu'ils auraient cru subir la plus honteuse humiliation si une main étrangère avait passé sur leur tête.
Bientôt, et lorsqu'en présence de Vidoc et de ses agents, on eut fait la visite^ les forçats quittèrent leurs rangs et s'avancèrent vers le milieu de la cour, où se trouvait à côté d'une enclume une grande caisse en bois. C'est là que sont déposés les fers qui, de temps immémorial, servent successivement à ceux que la justice envoie aux travaux forcés.
Arrivés deux par deux au pied de l'enclume, on les marte; ils se mettent à genoux; dans cette po-
sition, on choisit selon leur taille la cravate qui leur convient. (Ils appellent ainsi par dérision des espèces de triangles en fer avec lesquels on les attache par le cou.) Jusqu'au moment où on referme ce triangle, les patients rient avec leurs camarades, qui leur lancent des quolibets en termes d'aryot... Mais bientôt succèdent le silence et une sorte de terreur, lorsque, placés pour ainsi dire sous les coups redoublés du marteau qui rive leur fers sur l'enclume, le moindre mouvement leur ferait briser le crâne !
On attache ainsi chaque couple à une chaîne de vingt à trente hommes, et dès lors les condamnés ne peuvent plus se déplacer qu'en masse.
Cette opération a duré prés de deux heures. Soixante -treize condamnés furent apprêtés le lundi. Ils avaient été divisés en trois bandes : la [iremiére et la seconde se composaient des plus turbulents : on avait réuni les plus paisibles pour former la troisième. Cha(iue bande alla se placer sur les bancs qui environnent la cour; les agents se retirèrent Quand ces malheureux se virent libres de toute gène et de toute retenue, je fus témoin du plus triste spe('tacle. On croirait qu'au sein d'une si affreuse ca[)tivité, et en présence d'un avenir si menaçant , il ne reste plus à l'homme qu'à succomber sous le poids de sa douleur. Hélas! le dirai-je? Ces hommes, dont la vie ne sera désormais partagée qu'entre l'esclavage et l'infamie semblaient s'être réunis pour un jour de fête.
Tout-à-coup, la première bande, sur l'invitation de Boucher, ancien cocher de fiacre, condamné à
LB VIEUX PARIS
Quartier de la Chaussée d'Antin. — Pavillons de la rue Caumartin n«* 1 et 2. — (Collection C. Simond.)
Ces pavillons en rotonde furent construits par l'architecte Aubkrt en 1779; le premier a été passagèrement habité par Mirabeau ; le second, maintenant surélevé, était l'hôtel du duc d'Aomoat (Edm. Beaurepairb.
PARIS SOUS LA RESTAURATION
Toques russes en. velours épingle ornées de ganses de soie. Robes de tulle garnies de volants
bordés de satin. Kcharpes en ruban.
(D'après le Costume parisien de 18 2 6.)
perpétuité, se prépare à une promenade; au signal donné par ce chef, tous soulèvent péniblement leur chaîne. Le poids que chacun doit supporter est de douze livres, à l'excoplion de Houcher et (iirard, son compairnon, qui tous deux sont chargés de vingt-quatre livres au moins On a pris envers eux cette précaution parre qu'ils se sont plusieurs fois évadés de leurs prisons Un vieillard étant lent ù se lever: « Allons, en avant, marche! s'écrie un jeune homme de dix-huit ans environ, placé à ses cotés : tu dors déjà, mon vieux, tu n'es pas au bout. > La première colonne se met en marche et fait le tour de la cour: elle est bientôt suivie de la seconde, puis de la troisième, qui obéit à regret aux invitations des deux autres.
€ Asseyons-nous, dit lioucher, » et aussitôt tous s'asseyent en rond autour du coffre placé au milieu de la cour. Là, il était question de jouer à la savate, lorsqu'un vieux militaire arrive à la hâte, et, agitant sa corne, fait lever la troupe. Étonné de cette mesure, je lui en demande la ciiuse ; le capitaine me répondit : « Il y a trente-deux ans que je surveille cette canaille, j'en ai conduit au bagne plus de trente mille, et on n'attrape pas un vieux lapin comme moi. Ils s'étaient groupés là, voyez-vous bien, pour enlever les durs qui sont dans cette caisse. Avec cela, ils auraient, cette
nuit, travaillé leurs fers... Mais voilà mon juge de paix (en montrant le bâton): si on bouge, il y mettra l)on ordre. »
Les forçats se mirent alors à chanter. Un d'eux improvisa une ('om(iiaintc.
Owand ils furent las de crier et de se promener, ils vinrent se rasseoir sur leurs bancs, et plusieurs s'endormirent. Vers cinq heures, je vis arriver un prêtre âgé, accompîigné de deux jeunes gens : ils venaient ai)porter quelques secours à ceux que leur famille a abandonnés. Tous écoutèrent atlenlivement les avis pleins d'onction du vieillard. Les formats passèrent la nuit sur la paille dans de vastes corridors.
Le lendemain, à cinq heures et demie du matin je les retrouvai comme je les avais laissés, seulement ils [tarais.saient moins gais, lorsque tout-àeoup ils apprirent une nouvelle (jui parut leur causer une grande joie : c'est qu'on avait fait «lescendre de l'inlirmerie i)lusieurs condamnés ]>our les joindre à la cliaîne.
Sej)t heures sonnent : on fait le contre-appel. Les for<;ats se rangent sur trois colonnes; on visite leurs fers en commentant par la première chaîne. Puis, à l'aide d'une large échelle, ils montent en rangs serrés et deux de front sur de longues charrettes, où ils se [)lacent dos à dos, les jambes pendantes à l'extérieur. Ils ont à faire une route
Toque do velours plain. Redingote de velours plain. Pointe de dentelle. Bracelets d'or ainsi que la
ceinture et l'agrafe de toque.
(D'après le Costume parisien ^^ k'^'^'^ >^
Capotes de jîros de Naples ou de moire oinéos d'une ruche découpée. Robe de batiste. Canezous d'organdi bordés de ruches de tulle. (îuètres fermées par des boulons de nacre.
(I)'aprè> le Costume parisien de !nj6.)
de cent-vinfrt lieues, ()assant les îiuits sur la paille, dans des granges ou des étahlissenienls publics.
Dés cinq heures du matin, une foule ininicnso s'était portée à la barrière de Fontainebleau e.rtm muros, et le long de la grand'route pour attendre leur passage: car un jour de départ d'une rhiùnc date pour le faubourg Saint-Marceau.
Des bouchers, des boulangers étaient là sur leurs voitures, et réservaient des places à leurs amis.
Ce n'était pas pour tout le monde une vaine curiosité. J'ai vu des mères qui tiraient parti de l'a propos pour prêcher morale à leurs enfants.
(Gazette des tribunaux.)
La Courtille en 1826 <i»
• EST un spectacle vraiment curieux que celui de la Courtille dans la soirée d'un beau dimanche du printemps ou de l'été Tout est confondu dans la rue, depuis la barrière jusqu'à l'entrée du bourg. Ouvriers, bourgeois, militaires, hommes décorés, femmes en
(1) Partie de a commune de Bellcvillc (Seine) où se trouvaient des cabarets très fréquentés par les Parisiens, les jours do fétcs et les dimanches.
bonnet, femmes en chapeau, marchandes de fruits, de petits pains, tout circule, tout monte ou descend confusément, sans se presser, sans se heurter, et chacun cherche, sansètre troublé, l'enseigne de la guinguette où l'on vend du bon petit vin à dix ou douze sous le litre ou quinze sous la bouteille: du bon veau, de l'excellente gibelotte de lapin, de l'oie, soit en daube, soit rAtie, etc.
Kn entrant dans les grandes guinguettes on est d'abord frappe de la grande quantité de ragoûts e(i de rntis(|ui garnissent un long et large comptoir et de l'activité prodigieuse de plusieurs femmes de service et de deux ou trois cuisiniers: sous une vaste cheminée, trois ou (juatre broches les unes sur les autres, chargées de dindons, de poulets, de hmges de veau, de gigots de mouton, tournent incessamment devant un grand feu dont la chaleur se fait sentir au loin. A quelque distance de là. le vin coule à grands Ilots des brocs dans les bouteilles, dont une n'est pas plutAt remplie qu'elle est remplacée par une aulre.
« C'est à la Courtille que se donnent presque tous les repas «le noces de la petite bourgeoisie, des petits marchands et des ouvriers des quartiers de la capitale avoisinant cette barrière ou s'étendant j]isqu'à la rive droite de la Seine. •
(]'ie puhlitjue et privée des Français).
Chapeaux de satin ornés de marabouts de ganses
et de boutons d'or, dits à la Léonidas.
Robes de velours garnies de feuilles de satin.
(D après le Costume parisien de 1826.)
l'iihlirisle
Janvier.
20. — Ordonnance autorisant la publication de la bulle ponlilicale sur lt> Jubilé.
24. — jléunion, sous la présidence du «lue d'Angoul<Hne, de la Société pour l'amélioration des prisons d.- France. Happort du ministre df l'Intérieur.
26. — Procès de Mlle de .Mille, qui se donnait le litre de marquise de Campestre. Accusée d'avoir abusé do ses hautes relations pour ronimeltre de nombreuses escroi|uerie8, elle est tond;tnin«^e à 2 ans de prison. n.i (17;)l-lS-'t).)
31. — Les deux C.hanibres s»> réuniss.nt au Louvre pour l'ouverture de la session.
Février.
8. — Héccption du duc Mathieu de Montmorency à l'Acadéniie française.
15. — Ouverture solennelle du Jubilé à Notre-Dame, en proscn< e de la duchesse d'AuL'Oulf'Mnf et de la duchesse de Herry.
24. — Lu repêchant pris du iV.nt Royal une saco. lie, contenant y, UOU franc s, <iu'un garrou de b.m.jue «\ail laissé ti.mber. des plongeurs dérouvrent une < .isselte qui contenait l-'.OoO fran» s environ eu louis dor, au millésime de ITSi.
Vlara.
4. Publication du « Mémoire à consulter » (ccmtre les Jésuites) de M. de Montlosier.
15. — Dans la nuit du 15 au 10, à la suite dune représentation de VInceudie de Salins, incendie du Cirque Olympique, fondé eu 1780 par l'Anglais Asley, auquel avait succédé Franconi.
17, — l'« procession du Jubilé. Le roi et la famille royale y assistent ainsi que des députations de tous les corps civils et militaires.
Avril.
8. — La loi rétablissant le droit d'aînesse est rejetée par la Chambre des Pairs.
10. — Présentation au roi de la déclaration des prélats de France, pour adhérer aux libertés de l'l%glise gallicane.
12. — Le duc de Rivière est nommé gouverneur du duc de Bordeaux à la place du duc Mathieu de Montmorency, mort le :iA mars.
20. — La Chambre repousse la proposition du député Duhamel, réclamant l'interdiction des discours écrits, dans d'autres cas que la prt'sentation des lois, les rapports des commissaires, les propositions spécîales, etc.
22. — Condamnation de l'abbé de Lamennais (défendu par Berrycr) par le tribunal correctionnel à 30 francs d'amende, pour son livre. « De la Religion dans ses rapports avec Tordre politique et civil > dans lequel il portait « atteinte aux lois du rovaume et à la dignité royale. »
24. — Séance des quatre Académies. Cuvier lit son rapport sur les progrés de la chimie.
28. — Concert donné par les dames de Paris au profit des Grecs dans la salle du WauxhalL Evécu-
tion d'un chœur grec, dont les paroles sont de Phila- Peintre {Ml 'f\>^r.i.) réte et la musique de Cellars. La recette s'élève à 30,000 francs.
Mai.
3. — 4»' procession du Jubilé. — Le roi pose la première pierre du monument expiatoire qui devra être élevé à Louis XVI sur l'ancienne place de la Concorde, devenue place Louis XVI.